Selon la responsable, 102 écoles éloignées des zones de combat ont été transformées en centres d’évacuation temporaires. Elles accueillent déjà des familles contraintes d’abandonner leurs villages sous la menace directe des bombardements et des incursions. La ministre a également confirmé la mobilisation d’étudiants des filières professionnelles pour appuyer les opérations logistiques : transport de matériel militaire, distribution de nourriture, soins de première nécessité aux déplacés.
Une ligne de front qui s’enflamme depuis le 7 décembre
Les affrontements ont éclaté le 7 décembre et n’ont cessé de s’amplifier. Bangkok accuse Phnom Penh d’avoir ouvert les hostilités en bombardant ses positions dès l’aube lundi. En retour, l’armée de l’air thaïlandaise a frappé des infrastructures militaires cambodgiennes. Les forces terrestres signalent l’usage répété par le Cambodge de lance-roquettes multiples BM-21 et de drones kamikazes. La riposte thaïlandaise vise, selon les autorités, à reprendre le contrôle de zones stratégiques et à infliger des pertes à l’adversaire.
Le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Au moins sept soldats cambodgiens et cinq militaires thaïlandais ont été tués dans les premiers jours. Les dernières données publiées par la deuxième région militaire thaïlandaise font état de cinq morts et 68 blessés côté thaïlandais, tandis que les pertes cambodgiennes atteindraient désormais 61 soldats.
Alerte d’évacuation au Cambodge : un pont ciblé
La tension a franchi un seuil critique lorsque la Marine thaïlandaise a ordonné aux habitants de la province cambodgienne de Pouthisat d’évacuer sous trois heures. Bangkok prévoit de détruire un pont considéré comme un axe essentiel d’acheminement de matériel militaire par les forces cambodgiennes. L’armée thaïlandaise affirme vouloir limiter les pertes civiles en exigeant un périmètre de sécurité de 1,5 kilomètre autour de l’infrastructure.
Les Jeux d’Asie du Sud-Est rattrapés par la guerre
La flambée de violence rejaillit désormais sur le terrain sportif. Le Comité national olympique du Cambodge a décidé de rapatrier toute sa délégation engagée aux Jeux d’Asie du Sud-Est organisés en Thaïlande. Pressée par les familles et inquiète de la tournure des événements, la direction explique n’avoir eu « aucun autre choix », tout en saluant l’accueil chaleureux réservé par les organisateurs thaïlandais.
Plus de 13.600 athlètes issus de 11 pays participent à ces jeux multisports, programmés du 9 au 20 décembre. Une compétition aujourd’hui parasitée par l’ombre de la confrontation armée.
Le Cambodge reste silencieux, Washington tente de peser
Le premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a affirmé que Phnom Penh n’a initié aucun contact ni démarche pour engager des négociations. Il invite les populations frontalières à suivre uniquement les informations officielles, assurant que la situation « reste sous contrôle ».
Les États-Unis, eux, haussent le ton. Le secrétaire d’État Marco Rubio appelle les deux pays à cesser immédiatement les hostilités et à revenir aux engagements de désescalade prévus dans l’accord de paix de Kuala Lumpur du 26 octobre, signé en présence du président Donald Trump. Ce dernier s’est d’ailleurs déclaré prêt à intervenir directement. « Je vais passer cet appel et arrêter la guerre », a-t-il lancé, visiblement irrité par cette escalade inattendue en Asie du Sud-Est.
Bangkok promet de poursuivre ses opérations
La Thaïlande, par la voix du Centre d’opérations spéciales, affirme qu’elle poursuivra ses actions militaires tant que le Cambodge ne reviendra pas à la voie diplomatique. Bangkok accuse son voisin d’incursions répétées, de déploiement de mines terrestres et de violations des accords de cessez-le-feu. « La Thaïlande protégera sa souveraineté et sa population », assure le représentant Surasan Kongsiri.
Alors que les frappes se poursuivent, les civils fuient, les écoles ferment, et les deux capitales semblent s’éloigner de toute perspective de dialogue. La crise thaïlando-cambodgienne s’installe désormais comme l’un des foyers de tension les plus préoccupants de la région.
Thai-Cambodian border crisis: school closures, escalating clashes and athlete withdrawal as tensions rise
Thailand has shuttered nearly 1,200 schools in provinces bordering Cambodia as fighting intensifies between the two countries. Education Minister Narumon Pinyosinwat confirmed that 1,168 institutions were closed for security reasons, while 102 others were converted into temporary evacuation centers.
Light-weapon clashes have continued since December 7, with Thailand accusing Cambodia of initiating bombardments at dawn earlier this week. Both sides have since exchanged fire using multiple-rocket launchers, drones and air strikes. The death toll is rising, with at least five Thai soldiers and more than 60 Cambodian troops reported killed.
The Thai Navy has warned residents of Cambodia’s Pouthisat province to evacuate within three hours, as Bangkok prepares to destroy a strategic bridge allegedly used by Cambodian forces for military supplies.
The conflict has also disrupted the Southeast Asian Games, prompting Cambodia to withdraw its entire delegation due to growing security concerns.
Despite Washington’s calls for de-escalation, Cambodia has made no move to initiate negotiations, according to Thai Prime Minister Anutin Charnvirakul. Thailand says military operations will continue until Phnom Penh “returns to the path of peace.”
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Mouahna Divine
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