Sonara: 75 % des ?quipements r?cup?rables, 300 milliards en jeu pour relancer la raffinerie stratégique du Cameroun

Sonara: 75 % des ?quipements r?cup?rables, 300 milliards en jeu pour relancer la raffinerie stratégique du Cameroun

Cinq ans après l'incendie d?vastateur de mai 2019, la Soci?t? nationale de raffinage entrevoit enfin une sortie de crise. Devant la commission des finances de l?Assembl?e nationale, fin novembre 2025, le ministre de l?Eau et de l??nergie, Gaston Eloundou Essomba, a r?v?l? que près de 75 % des ?quipements endommag?s lors du sinistre sont r?cup?rables. Une annonce qui redessine les contours financiers et industriels de la r?habilitation de l?unique raffinerie du Cameroun.

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Selon le ministre, cette évaluation découle de deux études techniques lancées cette année. La première, une étude de faisabilité détaillée pilotée par l’entreprise française Axens, vise à définir la configuration finale de la future raffinerie et à chiffrer le Capex. La seconde, menée par Ekiun Ltd en juillet 2025, conclut que la majorité des installations sinistrées peuvent être réutilisées. Un signal fort pour un projet qui s’étire depuis plus de cinq ans.


Un coût de réhabilitation revu à la hausse


La perspective de réutiliser les trois quarts des équipements laisse penser que la réhabilitation coûterait moins cher qu’une reconstruction totale. Pourtant, les projections ont été révisées à la hausse par le gouvernement. Annoncé initialement à 250 milliards de FCFA, l’investissement global nécessaire pour remettre la Sonara sur pied atteint désormais 300 milliards de FCFA, soit une hausse de près de 20 %, selon le Premier ministre Joseph Dion Nguté.


Ce montant inclut non seulement la remise en état des installations industrielles mais aussi la restructuration profonde de l’entreprise. Le ministre Eloundou Essomba a détaillé un triptyque stratégique: recapitalisation de la Sonara et recherche d’un partenaire financier, réhabilitation de l’outil de production à son niveau d’avant sinistre, et modernisation de l’organisation interne avec un volet formation. L’ensemble constitue le Parras 24, un plan d’accélération visant une reprise effective du raffinage d’ici à 2027.


Une raffinerie sous forte pression financière


La relance de la Sonara se déroule cependant dans un champ de mines financières. Malgré la reprise par l’État de 145,5 milliards de FCFA de dette fiscale, la société reste lestée par 261 milliards de FCFA d’emprunts bancaires, rééchelonnés sur dix ans à un taux de 5,5 %. S’y ajoutent 312 milliards de FCFA dus aux traders internationaux, eux aussi rééchelonnés depuis 2023.


Pour sécuriser le remboursement, un mécanisme de prélèvement automatique de 47,8 FCFA sur chaque litre de carburant vendu à la pompe a été instauré. Logés dans un compte séquestre à la BEAC, ces fonds ont permis d’amasser 479 milliards de FCFA au 31 octobre 2025. Le ministre indique que ces ressources serviront aussi de garantie au financement du Parras 24.


Les partenaires financiers reviennent dans le jeu


Ce mécanisme de garantie a ravivé l’intérêt des investisseurs. En juin 2025, une délégation regroupant l’Union de Banques Arabes et Françaises (UBAF), la néerlandaise ING et la Mauritius Commercial Bank (MCB) a effectué une visite de travail à Limbé. L’objectif affiché: accompagner la renaissance de la raffinerie.


Plus encore, la BEAC a pris les devants en proposant l’utilisation de son guichet B, destiné au refinancement des investissements productifs. Le gouverneur, Yvon Sana Bangui, a confirmé que la Sonara figure parmi les projets éligibles.


Un enjeu stratégique pour le Cameroun et la Cemac


Au-delà du destin industriel de la Sonara, les enjeux sont régionaux. La raffinerie est un actif stratégique pour toute la Cemac. Son arrêt a provoqué une flambée des importations de produits pétroliers finis, qui ont atteint 1,8 million de tonnes métriques entre janvier et octobre 2025. Ces achats massifs exercent une forte pression sur les réserves de change de la sous-région, logées dans le compte d’opérations commun avec la France.


Cette pression accrue fait planer la menace d’un ajustement monétaire, voire d’une dévaluation si le niveau des réserves approche un seuil critique. Le retour en service de la Sonara apparaît donc comme un impératif macroéconomique majeur pour éviter un choc monétaire qui toucherait l’ensemble de la Cemac.


La réhabilitation de la Sonara ne relève plus seulement de la politique énergétique du Cameroun. Elle constitue désormais un test décisif pour la souveraineté économique et la stabilité financière de toute une région en quête de résilience.




Sonara: 75 percent of damaged equipment recoverable as Cameroon pushes a 300-billion FCFA plan to revive its strategic refinery


More than five years after the May 2019 fire that devastated a significant portion of the Cameroon National Refining Company (Sonara), the refinery’s recovery is finally taking shape. Speaking before the Finance Committee of the National Assembly in late November 2025, Minister of Water and Energy Gaston Eloundou Essomba revealed that nearly 75 percent of the damaged equipment can be recovered and reused.


Two critical studies underpin this cautious optimism. Axens is conducting a detailed feasibility assessment to determine the refinery’s future configuration and investment requirements, while Ekiun Ltd’s preliminary inspection concluded that the majority of the destroyed infrastructure remains salvageable.


Rehabilitation costs revised upward


Despite the recoverability of most equipment, the overall cost of Sonara’s revival has risen. Initially estimated at 250 billion FCFA, the investment required has now reached 300 billion FCFA, according to Prime Minister Joseph Dion Nguté. This revised figure incorporates both industrial repairs and a full restructuring of the state-owned company.


The government’s plan, known as Parras 24, targets a full return to refining operations by 2027 and focuses on three pillars: recapitalization and partner mobilization, restoration of pre-disaster production capacity, and organizational and skills upgrades.


A refinery burdened by debt


Sonara’s financial environment remains complex. Even after the government assumed 145.5 billion FCFA of tax debt, the refinery still owes 261 billion FCFA to banks and 312 billion FCFA to international traders. These debts have been restructured over long-term repayment schedules.


To secure repayments, the government introduced a levy of 47.8 FCFA per liter of fuel sold. Held in a dedicated escrow account at the BEAC, this mechanism has generated 479 billion FCFA as of October 2025 and will also serve as collateral for the Parras 24 plan.


Renewed confidence among financiers


This guarantee framework has renewed investor appetite. In June 2025, representatives from UBAF, ING and the Mauritius Commercial Bank visited Sonara’s headquarters to explore financing options. The BEAC has also expressed readiness to use its refinancing mechanisms to support the project.


A strategic challenge for Cameroon and the Cemac region


Sonara’s revival extends far beyond national industrial policy. Without an operational refinery, Cameroon imported nearly 1.8 million metric tons of petroleum products from January to October 2025, significantly eroding the region’s foreign reserves. This dynamic fuels macroeconomic risks, including potential monetary adjustments if reserve levels fall too low.


Rehabilitating Sonara is therefore not only an economic necessity but a regional imperative, pivotal to preserving monetary stability across the Cemac zone.


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Mouahna Divine

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