Dans un droit de réponse direct à un article publié par L’Œil du Sahel, Issa Tchiroma parle de « démenti clair, solennel et définitif ». Pour lui, il est inconcevable que le FSNC s’engage dans un processus électoral qu’il qualifie de « normalisation institutionnelle » dans un contexte qu’il décrit comme un deuil national doublé d’une crise post-électorale majeure.
« Nous sortons d’un processus électoral marqué par des fraudes massives, une confiscation du verdict populaire, et une répression sanglante ayant coûté la vie à plusieurs de nos compatriotes », accuse-t-il.
Selon lui, participer aux régionales reviendrait à légitimer un ordre qu’il juge illégitime, alors que « des familles sont endeuillées » et que « des jeunes sont encore emprisonnés ». Une posture radicale qui inscrit le FSNC dans une ligne de rupture totale avec les institutions actuelles, réaffirmant un combat fondé sur la « légitimité populaire » et la « reconstruction morale du Cameroun ».
Guibai Gatama : entre journalisme, loyautés politiques et malaise militant
Le démenti de Tchiroma est renforcé — et en même temps mis en perspective — par la réaction du journaliste Guibai Gatama, directeur de L’Œil du Sahel, qui raconte une scène révélatrice des confusions et tensions qui traversent aujourd’hui la classe politique camerounaise.
Réveillé tôt le matin par un ami militant du MRC, Gatama est accusé d’avoir « cassé une dynamique » en publiant une interview de Souleymane Karamoko, conseiller spécial de Tchiroma et candidat dans l’Adamaoua, laissant entendre une possible participation du FSNC aux régionales.
Face à cette interpellation, le journaliste revendique sa posture professionnelle :
« C’est à peine s’il ne me traite de ‘vendu’ pour avoir donné la parole à un responsable politique », déplore-t-il.
Puis vient le débat central : la reconnaissance — ou non — de la prétendue victoire d’Issa Tchiroma. Gatama pointe alors une série de silences troublants :
- Aucun communiqué officiel du MRC
- Aucune réaction publique de Maurice Kamto
- Aucune reconnaissance formelle émise par les instances du parti
Une réalité qui contraste avec les injonctions militantes adressées au journalisme.
Le boycott, jusqu’au bout ?
Dans un échange tendu mais lucide, Guibai Gatama pose une question essentielle :
Si la crise persiste, le FSNC boycottera-t-il aussi les législatives et municipales ? Et que deviendront ces milliers de jeunes du Grand-Nord engagés politiquement pour transformer leurs communes ?
La réponse de son interlocuteur — « La lutte, c’est aussi le sacrifice » — illustre la radicalité d’une partie de l’opposition. Mais Gatama va plus loin en dénonçant un possible calcul politique :
« Beaucoup aiment le FSNC par cynisme politique, pour éparpiller ses “mandawas” au sol, puis se courber et les ramasser tranquillement », lâche-t-il.
Une phrase lourde de sens, qui traduit les suspicions d’instrumentalisation et de récupération, dans un jeu politique où les alliances sont fragiles et les ambitions parfois masquées.
Une déclaration qui replonge le Cameroun dans l’incertitude
En proclamant : « Vive la République. Vive le Cameroun », tout en s’autoproclamant une nouvelle fois « Président-élu de la République », Issa Tchiroma entretient une pression politique et symbolique constante sur le pouvoir en place.
Son refus des régionales n’est pas simplement un choix tactique : c’est un acte de défi direct, qui questionne la légitimité même de l’ordre institutionnel actuel.
Dans un pays déjà fragile politiquement, cette position contribue à installer une équation explosive :
entre boycott, contestation, ambitions locales et quête de justice, le Cameroun avance sur une ligne de crête.
Post-Election Crisis in Cameroon: Tchiroma Rejects Regional Elections and Shakes the Political Scene
As Cameroon struggles to regain a sense of normalcy following the highly disputed October 12, 2025 presidential election, Issa Tchiroma Bakary has once again taken center stage with a strong and unequivocal statement. The national president of the National Salvation Front of Cameroon (FSNC), who continues to claim victory in the election, firmly denies any participation of his party in the upcoming regional elections.
Responding to an article published by L’Œil du Sahel, Tchiroma issued what he described as a “clear, solemn, and definitive denial.” According to him, the FSNC cannot, under the current circumstances, take part in a process he views as an attempt to restore the legitimacy of contested institutions.
“We are coming out of an electoral process marred by massive fraud, confiscation of the people’s will, and bloody repression that cost the lives of several of our compatriots,” he stated.
In his view, participating in the regional elections would amount to validating a discredited system, at a time when families are mourning and political prisoners remain behind bars. The FSNC, he insists, remains committed to a path of popular legitimacy, historical justice, and moral reconstruction of the country.
Guibai Gatama reacts: Journalism caught in political turbulence
Journalist Guibai Gatama, director of L’Œil du Sahel, shared a revealing account of the backlash he faced after publishing an interview with Souleymane Karamoko, Tchiroma’s special adviser and a regional candidate.
Accused by a close friend and MRC activist of “breaking the momentum,” Gatama stood by his journalistic duty to give voice to political actors.
He then highlighted a revealing silence: neither the MRC, nor Maurice Kamto, nor the party’s interim leadership has officially recognized Tchiroma’s so-called victory.
The boycott question
Gatama raises the crucial issue: if the crisis continues, will the FSNC also boycott the upcoming legislative and municipal elections? And what about the thousands of young people in northern Cameroon who have invested their hopes in political participation?
His final warning hints at political maneuvering:
“Many support the FSNC out of political cynicism — to scatter its ‘mandawas’ and quietly pick them up later.”
Tchiroma’s declaration, while framed as a defense of democracy, deepens uncertainty and tension in an already fragile political climate.
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