Guinée-Bissau : une présidentielle sous haute tension
En Guinée-Bissau, les électeurs ont commencé à voter ce jour pour élire leur nouveau président et renouveler leur parlement. Selon l’agence Associated Press (AP), environ 860 000 électeurs sont appelés aux urnes pour choisir parmi douze candidats, dont le président sortant Umaro Sissoco Embalo, en quête d’un second mandat.
Les bureaux de vote sont ouverts de 07h00 à 17h00 (heure locale), et les résultats sont attendus dès le 27 novembre. Un éventuel second tour serait organisé le 30 novembre si aucun candidat ne dépasse la barre de la majorité absolue.
Mais ce scrutin est déjà controversé. Le chef de l’opposition, Domingos Simoes Pereira, a été écarté de la course présidentielle par la Cour suprême pour dépôt tardif de son dossier. Une décision qu’il qualifie de « coup d’État institutionnel ».
Parmi les principaux challengers figure également l’ancien président José Mario Vaz (2014-2020), considéré comme un adversaire de poids pour Embalo. En parallèle, treize partis politiques et une coalition s’affrontent pour les 102 sièges du parlement monocaméral. Une recomposition politique majeure est ainsi en jeu en Afrique de l’Ouest.
République Centrafricaine : la sécurité confiée aux Russes
En Centrafrique, l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025 se prépare dans un climat hyper-sécurisé. Des spécialistes russes seront chargés d’assurer la sécurité du scrutin, a confirmé Alexandre Ivanov, directeur de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale, à l’agence TASS.
Cette décision vise à empêcher le retour au chaos observé en décembre 2020, lorsque la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) avait tenté un coup d’État à l’approche des élections. À l’époque, l’intervention des instructeurs russes aux côtés des forces armées centrafricaines avait permis de repousser les attaques armées.
Le président Faustin-Archange Touadéra, déjà élu en 2016 et 2020, est désormais autorisé à briguer un nouveau mandat suite à la nouvelle Constitution adoptée par référendum à l’été 2023. Le mandat présidentiel en Centrafrique est fixé à sept ans, renforçant ainsi les enjeux du scrutin à venir.
Soudan : l’enfer sur terre pour les civils
Pendant que certains pays votent, d'autres sombrent dans l’horreur. Au Soudan, la situation humanitaire atteint un niveau catastrophique. Dans les villes de Bara et Babnusa, situées dans la région du Kordofan, les violences ont fait plus de 567 morts civils, selon le Sudan Tribune et le Syndicat des médecins soudanais.
À Bara, reprise par les Forces de soutien rapide (FSR) le 26 octobre, 420 civils ont été tués. À Babnusa, 147 victimes, principalement des femmes et des enfants, ont été recensées. L’organisation Médecins sans frontières rapporte également que 57 femmes ont été violées par des combattants des FSR.
Dans la ville stratégique d’El Fasher, capitale du Darfour du Nord, plus de 100 000 personnes ont fui depuis sa chute fin octobre. Les déplacés vivent désormais dans des conditions extrêmes, marquées par la malnutrition sévère, notamment chez les enfants.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 40 000 personnes ont été déplacées au Kordofan Nord depuis le 26 octobre, tandis que des villes entières comme Kadugli sont assiégées au Kordofan Sud, provoquant des pénuries alarmantes en nourriture et en médicaments.
Depuis avril 2023, le conflit qui oppose le général Abdel Fattah al-Burhan à Mohamed Hamdan Dagalo, chef des FSR, a déjà fait au moins 40 000 morts et contraint près de 12 millions de Soudanais à l’exil, plongeant le pays au bord de la famine.
Face à cette tragédie, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (BCAH) lance un appel urgent aux donateurs et exige un accès humanitaire sûr et sans entrave aux régions du Darfour et du Kordofan.
Africa on edge: From ballot boxes in Guinea-Bissau to battlefields in Sudan
Africa is going through a critical period marked by political uncertainty and humanitarian disaster. While citizens in Guinea-Bissau head to the polls in a tense presidential and parliamentary election, insecurity is rising in the Central African Republic and Sudan is sinking deeper into chaos.
In Guinea-Bissau, around 860,000 voters are choosing between 12 presidential candidates, including incumbent Umaro Sissoco Embalo, who is seeking a second term. Former president José Mario Vaz is seen as one of his main contenders. The main opposition leader, Domingos Simoes Pereira, was disqualified, denouncing an “institutional coup”. Results are expected on November 27, with a possible second round on November 30.
In the Central African Republic, Russian security specialists will be in charge of securing the upcoming December 28 presidential election. President Faustin-Archange Touadéra, already elected in 2016 and 2020, is now eligible for another term following the 2023 constitutional reform.
Meanwhile in Sudan, violence has spiraled out of control. In Bara and Babnusa, more than 567 civilians have been killed, many of them women and children. In El Fasher, over 100,000 people have fled their homes since the city fell to the RSF. The UN warns that millions are facing famine, displacement and extreme suffering, calling on the international community to urgently increase humanitarian aid.
Africa today stands at a crossroads, torn between democratic aspirations and deepening instability.
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Moussa Nassourou
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