Au-delà des autres propositions faites pour améliorer la transparence électorale au Cameroun, presque toutes les délégations qui ont défilé devant le premier ministre, Yang Philémon et le président du conseil électoral de Elections Cameroon (Elecam), Samuel Fonkam Azu ‘u, il y a quelques semaines, ont insisté sur un aspect particulier que l’opinion publique tend à minimiser : un nouvel découpage électoral qui fixe désormais le nombre de députés en fonction de la population, les citoyens étant par ailleurs tous égaux devant la loi.
L’article 3 de la loi fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée nationale indique que « le département constitue la circonscription électorale. Toutefois, compte tenu de leur situation particulière, certaines circonscriptions pourront faire l’objet d’un découpage spécial par voie réglementaire ». L’article 4 précise quant à lui qu’ « un décret fixe le nombre de députés représentant chaque circonscription en fonction du chiffre et de la répartition sur l’ensemble du territoire national ». Si par exemple le gouvernement respecte le principe de l’égalité de tous les citoyens devant la loi, alors, le nombre de députés à la prochaine
législature, devait être réparti en fonction de la nouvelle carte de la population camerounaise. La Nouvelle Expression est partie sur la simple base que si 180 députés (le nombre actuel) représentent les 19 400 000 habitants que comptent le Cameroun, selon le chiffre du dernier recensement, un député pèse 107 778 habitants. Considérant cette base, la carte de la députation au Cameroun s’en trouve totalement reconfigurée. (Cf tableau et carte du Cameroun en annexe).
Ainsi, pour les « gagnants » de ce recensement, si la représentation nationale est répartie équitablement en fonction de la population, la région de l’Extrême nord passera de 26 députés à 32 ; le Centre de 25 à 32 ; le Littoral de 19 à 26 ; le Nord de 12 à 19 députés. Ces quatre régions peuvent donc se frotter les mains. Par contre ailleurs, il faudra s’attendre à des grincements de dents, parce qu’il y a des perdants. Notamment dans le Sud où l’on passe de 11 à 6 députés.
Le nord Ouest de 20 à 16 ; le Sud Ouest de 15 à 12 ; l’Ouest de 25 à 16 ; l’Est de 11 à 7… Plusieurs cas de figure peuvent donc se présenter : Paul Biya peut décider de refaire une nouvelle carte des législatives au vu des nouveaux chiffres des circonscriptions. Mais il peut aussi décider de ne point tenir compte des résultats du dernier recensement, et maintenir le même nombre de députés dans leur répartition actuelle. L’autre option est d’augmenter le nombre de députés. Ce qui, sur le plan politique, a pour effet de contenter tout le monde, surtout les plus lésés, mais dont la conséquence est aussi d’alourdir le budget de l’Assemblée nationale. Ce qui est loin d’être une bonne option pour un pays qui connaît les difficultés économiques du Cameroun.
La Nouvelle Expression vous livre aussi en annexe, les chiffres de la population que chacun doit connaître et que la plupart ignore, par région, département et arrondissement. Dans nos prochaines éditions, d’autres révélations sur les communes.
Législatives: le casse-tête prévisible du découpage électoral
L?équité et la transparence électorale aux prochains scrutins ne vont pas se réduire seulement à la refonte des listes électorales, à la biométrie et au code électoral unique. Il faut y ajouter le découpage électoral qui va provoquer bien de grincements de dents.