Canyon met 4,4 milliards FCFA dans le rail de Minim-Martap : ce que révèlent aussi les comptes de Sonamines

Canyon met 4,4 milliards FCFA dans le rail de Minim-Martap : ce que révèlent aussi les comptes de Sonamines

Canyon Resources a déjà versé 4,4 milliards FCFA pour le rail de Minim-Martap. Les comptes de Sonamines révèlent aussi les dessous de son premier bénéfice.

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Mines : Canyon met 4,4 milliards FCFA dans le rail de Minim-Martap, Sonamines révèle les dessous de son premier bénéfice


La filière minière camerounaise affiche deux signaux financiers qui méritent attention. Canyon Resources a déjà avancé 11,12 millions de dollars australiens, soit environ 4,4 milliards de FCFA, pour contribuer à la remise à niveau du réseau ferroviaire destiné à évacuer la bauxite de Minim-Martap. Dans le même temps, Sonamines a enregistré son premier bénéfice en 2025, mais près de 99 % de ses produits proviennent de prélèvements miniers plutôt que de son activité commerciale.


Canyon Resources préfinance déjà le rail de Minim-Martap


Le projet de bauxite de Minim-Martap entre progressivement dans une phase où les engagements financiers deviennent plus concrets. Dans ses comptes consolidés arrêtés au 30 juin 2026, la compagnie minière australienne Canyon Resources indique avoir versé au gouvernement camerounais une avance de 11,116 millions de dollars australiens, soit environ 4,4 milliards de FCFA, destinée à l’amélioration du réseau ferroviaire devant permettre d’acheminer la production de l’Adamaoua vers le port de Douala.


L’information figure à la page 47 du rapport annuel publié le 30 septembre 2026. Un an auparavant, aucune somme n’était enregistrée à ce titre. Canyon comptabilise désormais cette enveloppe comme une avance à long terme, avec un principe de récupération par compensation sur les futurs tarifs ferroviaires qu’elle devra acquitter pour transporter sa bauxite.


Autrement dit, le groupe préfinance une partie des travaux d’infrastructure et prévoit de récupérer progressivement cette dépense à travers les coûts futurs de transport ferroviaire.


Cette opération donne une matérialité financière à un engagement déjà annoncé en 2025. Dans son étude de faisabilité publiée en septembre de cette année-là, Canyon, via sa filiale camerounaise Camalco, avait prévu environ 4,5 milliards de FCFA pour la réhabilitation du chemin de fer existant.


Le groupe envisageait également une enveloppe beaucoup plus importante, d’environ 54 milliards de FCFA, pour accroître les capacités du réseau, notamment avec de nouvelles voies de croisement et l’allongement de certaines voies existantes. Le montant comptabilisé en 2026 se rapproche donc fortement de l’enveloppe initialement consacrée à la réhabilitation. Les comptes ne précisent toutefois ni la nature exacte des travaux déjà financés ni leur niveau d’avancement.


Un mécanisme de récupération qui change de formulation


Le dispositif de compensation apparaît légèrement différemment selon les documents de Canyon.


Dans l’étude de faisabilité de septembre 2025, la société évoquait une récupération des dépenses ferroviaires par déduction sur les redevances minières ou d’autres charges dues par Camalco.


Les comptes arrêtés en juin 2026 parlent désormais d’une compensation sur les futurs tarifs de transport ferroviaire.


Les documents disponibles ne détaillent cependant pas les modalités contractuelles précises de cette compensation entre l’État camerounais, Camalco et Camrail, concessionnaire du réseau ferroviaire.


Cette évolution intervient alors que les deux entreprises préparent concrètement l’évacuation de la future production de bauxite.


Le 6 octobre 2025, Camalco et Camrail avaient annoncé un premier investissement de 7 millions de dollars destiné à remettre en état certaines sections du réseau entre Makor, dans l’Adamaoua, et Douala. En janvier 2026, elles avaient ensuite annoncé un accord définissant les conditions du transport ferroviaire du minerai et permettant d’engager le processus de renforcement des infrastructures.


Canyon renforce aussi son poids dans Camrail


L’engagement ferroviaire de Canyon ne se limite pas à cette avance.


Au cours de l’exercice clos en juin 2026, Camalco a acquis 17,8 % supplémentaires du capital de Camrail pour 9,852 milliards de FCFA.


Cette opération porte la participation de Canyon dans le concessionnaire ferroviaire de 9,1 % à 26,9 %.


Il faut toutefois distinguer les deux opérations : l’acquisition d’actions de Camrail est indépendante de l’avance de 4,4 milliards de FCFA versée au gouvernement. Elle traduit néanmoins un intérêt stratégique évident pour le groupe minier, dont le futur modèle économique dépendra en partie de la capacité du réseau ferroviaire à transporter la bauxite de Minim-Martap vers la façade littorale.


Le calendrier de Minim-Martap reste sous pression


Cette accélération des engagements financiers intervient paradoxalement dans un contexte de forte incertitude sur le calendrier du projet.


En août 2026, Canyon Resources a abandonné son objectif d’effectuer une première expédition de bauxite au quatrième trimestre 2026, invoquant une visibilité insuffisante sur les financements et les infrastructures de transbordement portuaire.


Le 24 août 2026, le groupe a également annoncé la suspension de nouveaux tirages sur sa ligne de crédit de 82 milliards de FCFA auprès d’AFG Bank Cameroon, dans l’attente d’un réexamen du calendrier de développement et du modèle financier du projet.


Le rail apparaît donc comme l’une des pièces maîtresses de l’équation économique de Minim-Martap. Mais son renforcement ne suffit pas, à lui seul, à lever les autres contraintes financières et logistiques qui entourent encore le projet.


Sonamines : un premier bénéfice de 724,7 millions FCFA, mais une activité commerciale encore faible


Pendant que Canyon engage des milliards pour préparer la future chaîne logistique de la bauxite, les comptes de la Société nationale des mines (Sonamines) révèlent une autre réalité du secteur minier camerounais.


L’entreprise publique a réalisé en 2025 son premier bénéfice, avec un résultat net positif de 724,7 millions de FCFA, contre une perte de 1,86 milliard de FCFA en 2024.


Mais derrière ce retour dans le vert se cache une structure de revenus particulièrement atypique : Sonamines n’a réalisé que 30,55 millions de FCFA de chiffre d’affaires, alors que ses « autres produits » ont atteint 2,945 milliards de FCFA.


Ces 2,945 milliards de FCFA représentent près de 99 % de l’ensemble constitué du chiffre d’affaires et des autres produits. Ils sont surtout plus de 96 fois supérieurs aux ventes de l’entreprise.


Sans cette ligne de produits, toutes choses égales par ailleurs, le bénéfice publié aurait laissé place à un déficit théorique d'environ 2,22 milliards de FCFA.


Une ressource directement liée aux prélèvements miniers


La note 21 des états financiers apporte une explication essentielle.


Les 2,945 milliards de FCFA correspondent à un acompte sur la quote-part revenant à Sonamines au titre de l’Impôt synthétique minier libératoire (ISML) et du droit de sortie, dans le cadre du dispositif instauré par le Code minier de décembre 2023.


L’ISML concerne notamment les exploitations artisanales semi-mécanisées. Il représente 25 % de la production brute, avec une répartition comprenant la part de l’État dans la production, la taxe ad valorem et un acompte sur l’impôt sur les sociétés.


Une décision du ministre des Finances signée le 7 avril 2025 précise la répartition de ces prélèvements. Son article 3 attribue 35 % à Sonamines, contre 50 % au Trésor public, le solde revenant notamment aux fonds sectoriels, aux collectivités territoriales et aux populations riveraines.


Cette architecture explique en grande partie comment Sonamines peut afficher un bénéfice significatif alors que son activité commerciale reste encore très limitée.


Les comptes ne permettent toutefois pas de déterminer précisément les volumes de production ayant servi au calcul des 2,945 milliards de FCFA, ni de ventiler cette somme entre l’ISML et le droit de sortie.


Une correspondance comptable troublante avec le Trésor


Autre élément notable : les disponibilités de Sonamines atteignaient 4,287 milliards de FCFA à fin 2025, en hausse de 32 % sur un an.


Dans ce montant, les états financiers font apparaître 1,341 milliard de FCFA dans les banques commerciales et 2,945 milliards de FCFA sous l'intitulé « TRESOR ».


Or, le montant inscrit au Trésor, soit 2 945 426 069 FCFA, correspond quasiment exactement — à un franc près — aux 2 945 426 070 FCFA comptabilisés comme « autres produits ».


Cette concordance suggère un lien entre les revenus provenant des prélèvements miniers et la position comptable de Sonamines auprès du Trésor.


Mais elle ne permet pas, à elle seule, de conclure sur les modalités d'encaissement ou sur la disponibilité effective de ces fonds. Les états financiers ne fournissent pas les éléments nécessaires pour reconstituer formellement les écritures entre ces deux postes.


C’est une nuance importante : un produit comptabilisé ne signifie pas nécessairement qu’une somme équivalente est immédiatement disponible en trésorerie opérationnelle.


Les ventes de minerais restent marginales


Le contraste est particulièrement visible dans l’activité commerciale.


Sur les 30,55 millions de FCFA de chiffre d’affaires réalisé en 2025, les ventes de marchandises ne représentent que 3,43 millions de FCFA. Les prestations de services génèrent, elles, 27,12 millions de FCFA.


Les ventes de marchandises étaient même en recul par rapport aux 10,47 millions de FCFA enregistrés en 2024. La hausse du chiffre d’affaires global, passé de 11,2 millions à 30,55 millions de FCFA, provient donc essentiellement des prestations de services.


Cette situation contraste avec les ambitions de commercialisation des substances minérales confiées à Sonamines.


À fin décembre 2025, l’entreprise détenait notamment un stock d’or acheté évalué à 132,7 millions de FCFA. Les comptes ne permettent toutefois pas de rapprocher directement ce stock des seules ventes de marchandises pour calculer un taux de commercialisation.


Dans le même temps, les charges de personnel atteignent 825,3 millions de FCFA, contre 744,7 millions en 2024. Elles représentent environ 27 fois le chiffre d’affaires. Les services extérieurs atteignent également 501 millions de FCFA, auxquels s'ajoutent 379,5 millions de FCFA d'impôts et taxes.


Ces chiffres doivent être interprétés en tenant compte des missions particulières de Sonamines, qui dépassent la simple activité d’achat-revente de minerais. L’entreprise intervient notamment dans le suivi de la production, la collecte des prélèvements et la gestion des intérêts miniers de l’État.


Des capitaux propres toujours sous pression


Le bénéfice de 2025 constitue une étape importante, mais il ne règle pas encore la situation financière structurelle de Sonamines.


Créée en décembre 2020, l’entreprise conserve des pertes accumulées qui ont maintenu ses capitaux propres à un niveau inférieur à la moitié de son capital social.


Le commissaire aux comptes AXYS évalue les capitaux propres à 4,953 milliards de FCFA, pour un capital social de 10 milliards de FCFA. Cette situation était déjà observée à la clôture de l’exercice 2024.


Dans son rapport, l’auditeur estime que cette situation « compromet la continuité d’exploitation » et renvoie aux articles 664 et 665 de l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés commerciales, qui encadrent notamment les conséquences d'une perte de plus de la moitié du capital social. Les comptes 2025 ont néanmoins été certifiés sans réserve.


Une différence de 30 millions de FCFA apparaît par ailleurs entre les documents financiers : AXYS retient 4,953 milliards de FCFA de capitaux propres, tandis qu’un commentaire de gestion mentionne 4,983 milliards. Dans les deux cas, le niveau reste inférieur à la moitié du capital social.


Deux réalités qui résument les défis du secteur minier camerounais


Les deux dossiers racontent finalement deux histoires complémentaires.


Chez Canyon Resources, plusieurs milliards de FCFA sont déjà mobilisés pour préparer les infrastructures nécessaires à la future production industrielle de bauxite de Minim-Martap. Mais le projet reste confronté à des incertitudes sur son financement, son calendrier et ses infrastructures portuaires.


Chez Sonamines, le premier bénéfice constitue un signal positif, mais sa structure révèle encore une forte dépendance aux prélèvements miniers et une activité commerciale embryonnaire.


Le véritable enjeu pour le Cameroun sera donc de transformer ces flux financiers et ces investissements en production minière effective, infrastructures opérationnelles, recettes durables et création de valeur locale.


Pour Minim-Martap comme pour Sonamines, les prochains exercices seront ainsi déterminants : le premier devra démontrer sa capacité à passer du financement des infrastructures à l’exportation effective de la bauxite ; le second devra convertir ses nouvelles ressources minières en une assise financière plus solide et en une activité commerciale à la hauteur de ses ambitions.




Cameroon Mining: Canyon Puts CFAF 4.4 Billion Into the Minim-Martap Rail Link as Sonamines Reveals the Structure of Its First Profit


Cameroon’s mining sector is showing two major financial signals. Australian mining company Canyon Resources has already advanced A$11.12 million, or about CFAF 4.4 billion, to support railway infrastructure improvements needed to transport bauxite from Minim-Martap in the Adamawa region to the port of Douala. At the same time, state-owned Sonamines posted its first profit in 2025, but nearly 99% of its combined revenue and other income came from mining-related levies rather than commercial sales.


Canyon Resources is already pre-financing the Minim-Martap railway


The Minim-Martap bauxite project is gradually entering a phase where financial commitments are becoming more tangible.


In its consolidated accounts for the year ended June 30, 2026, Australian mining company Canyon Resources reported an advance of A$11.116 million, equivalent to approximately CFAF 4.4 billion, paid to the Cameroonian government to support improvements to the railway network that will eventually transport bauxite from Adamawa to the port of Douala.


The amount is reported on page 47 of Canyon’s annual report, published on September 30, 2026. No amount had been recorded under this item a year earlier.


Canyon classifies the payment as a long-term advance and expects to recover it through offsets against future railway transportation charges. In practical terms, the mining company is pre-financing infrastructure improvements and intends to recover the expenditure through future rail freight costs.


The accounting entry gives financial substance to an investment announced in 2025. In its feasibility study released in September that year, Canyon, through its Cameroonian subsidiary Camalco, had planned to spend about CFAF 4.5 billion rehabilitating the existing railway.


The company had also envisaged an additional CFAF 54 billion to increase network capacity, including new passing loops and extensions of existing ones.


The amount now recorded in Canyon’s accounts is therefore close to the original rehabilitation budget. However, the annual report does not specify which works have been financed or their implementation status.


A recoverable advance linked to future rail tariffs


The compensation mechanism is presented differently in the company’s documents.


The September 2025 feasibility study referred to recovering railway-related expenditures through deductions from mining royalties or other amounts owed by Camalco.


The June 2026 accounts now refer to future rail transportation tariffs.


The available documents do not specify the contractual arrangements governing the compensation mechanism between the Cameroonian state, Camalco and Camrail, the railway concessionaire.


The financing is part of commitments made by Camalco and Camrail to prepare the evacuation of future bauxite production.


On October 6, 2025, the two companies announced an initial US$7 million investment to rehabilitate sections of the railway between Makor in Adamawa and Douala. In January 2026, they announced an agreement setting the terms for rail transportation of the mineral and allowing the network reinforcement process to move forward.


Canyon also increases its stake in Camrail


Canyon’s railway strategy extends beyond the advance paid to the government.


During the financial year ended June 2026, Camalco acquired an additional 17.8% stake in Camrail for CFAF 9.852 billion.


The transaction increased Canyon’s stake in the railway concessionaire from 9.1% to 26.9%.


The two transactions remain separate: the acquisition of Camrail shares is distinct from the CFAF 4.4 billion advance. Nevertheless, the increased stake gives Canyon greater exposure to the company that will be responsible for transporting its future production.


Minim-Martap's export timetable remains under pressure


These commitments come against a backdrop of uncertainty surrounding the project's timetable.


In August 2026, Canyon abandoned its target of making its first bauxite shipment in the fourth quarter of 2026, citing insufficient visibility on financing and port transshipment facilities.


On August 24, the company also announced the suspension of further drawdowns under its CFAF 82 billion credit facility with AFG Bank Cameroon, pending a review of the development schedule and financial model.


The railway is therefore one of the key pieces of the Minim-Martap economic equation. But rail rehabilitation alone will not resolve the project's remaining financing and port infrastructure challenges.


Sonamines: CFAF 724.7 million first profit exposes heavy reliance on mining levies


While Canyon is committing billions of CFA francs to prepare the logistics chain for bauxite production, the financial statements of the Cameroon National Mining Corporation (Sonamines) reveal another side of the country's mining sector.


The state-owned company recorded its first profit in 2025, posting net income of CFAF 724.7 million, compared with a CFAF 1.86 billion loss in 2024.


However, the structure of that profit is striking.


Sonamines generated only CFAF 30.55 million in revenue, while its “other income” reached CFAF 2.945 billion.


That amount represented nearly 99% of the combined total of revenue and other income. It was also more than 96 times the company's sales.


Without this income line, all other things being equal, Sonamines would have reported a theoretical deficit of approximately CFAF 2.22 billion.


A revenue stream directly linked to mining levies


The financial statements explain the source of the amount.


The CFAF 2.945 billion represents an advance on Sonamines’ share of the Mining Synthetic Flat Tax (ISML) and the export duty under the framework established by Cameroon’s December 2023 Mining Code.


The ISML applies notably to semi-mechanized artisanal mining operations and represents 25% of gross production, distributed among the state’s production share, the ad valorem tax and an advance on corporate income tax.


A Finance Ministry decision dated April 7, 2025 set out the distribution of these levies. Article 3 allocates 35% to Sonamines, compared with 50% for the Treasury, with the balance going notably to sectoral funds, local authorities and neighboring communities.


This framework helps explain how Sonamines could record a significant profit while generating very little commercial revenue.


However, the financial statements do not disclose the production volumes used to calculate the CFAF 2.945 billion, nor do they break down the amount between the ISML and export duty.


An almost identical amount appears under Treasury holdings


Another accounting detail stands out.


At the end of 2025, Sonamines reported CFAF 4.287 billion in cash and cash equivalents, up 32% year-on-year.


The financial statements show CFAF 1.341 billion held in commercial banks and CFAF 2.945 billion recorded under “TREASURY”.


That Treasury amount — CFAF 2,945,426,069 — corresponds to within one CFA franc of the CFAF 2,945,426,070 recorded as other income.


The matching figures suggest a link between mining-related revenues and Sonamines’ accounting position with the Treasury.


However, the available documents do not provide enough information to formally reconcile the two entries or determine the conditions under which the company can mobilize those funds.


That distinction matters: recognizing income in financial statements does not, by itself, establish that an equivalent amount is immediately available as operational cash.


Commercial sales remain marginal


Sonamines’ commercial activity remains modest.


Of the CFAF 30.55 million in revenue generated in 2025, merchandise sales accounted for only CFAF 3.43 million, while services generated CFAF 27.12 million.


Merchandise sales actually declined from CFAF 10.47 million in 2024. The increase in overall revenue from CFAF 11.2 million to CFAF 30.55 million therefore came mainly from services.


This contrasts with Sonamines’ broader mandate to commercialize mineral substances.


By December 2025, the company reported a gold stock purchased worth CFAF 132.7 million. However, the financial statements do not provide enough detail to directly compare that stock with merchandise sales and calculate a commercialization rate.


Meanwhile, personnel expenses reached CFAF 825.3 million, up from CFAF 744.7 million in 2024. That is roughly 27 times annual revenue. External services amounted to CFAF 501 million, while taxes and duties reached CFAF 379.5 million.


These figures must be considered in light of Sonamines’ broader institutional role, which extends beyond buying and selling minerals. The company also monitors production, collects mining-related levies and manages the state's mining interests.


Equity remains below the legal threshold


The 2025 profit is an important milestone, but it has not yet resolved Sonamines’ structural financial position.


The company was created in December 2020 and continues to carry accumulated losses.


Auditor AXYS puts shareholders’ equity at CFAF 4.953 billion, against a share capital of CFAF 10 billion. The same situation was already present at the end of 2024.


The auditor stated that the position “compromises going concern” and referred to Articles 664 and 665 of the OHADA Uniform Act on commercial companies, which govern the consequences when a company’s equity falls below half of its share capital. AXYS nevertheless issued an unqualified opinion on the 2025 accounts.


A CFAF 30 million discrepancy also appears between the financial documents: AXYS reports equity of CFAF 4.953 billion, while a management commentary gives CFAF 4.983 billion. Both figures remain below half of the company’s share capital.


Two financial realities, one major challenge for Cameroon’s mining sector


The Canyon and Sonamines cases ultimately highlight two complementary realities.


For Canyon Resources, billions of CFA francs are already being committed to the infrastructure required to turn Minim-Martap’s bauxite reserves into an industrial export operation. Yet financing, scheduling and port infrastructure remain significant challenges.


For Sonamines, the first profit is a positive milestone, but its structure reveals a strong dependence on mining-related levies and a still embryonic commercial business.


For Cameroon, the real challenge will be to transform these financial flows and infrastructure investments into actual mineral production, operational logistics, sustainable public revenues and greater local value creation.


For Minim-Martap and Sonamines alike, the coming financial years will therefore be decisive: Canyon must demonstrate that infrastructure financing can eventually lead to actual bauxite exports, while Sonamines must turn its growing mining-related resources into a stronger financial base and a commercial activity commensurate with its mandate.


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Mouahna Divine

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