Cessez-le-feu Iran-USA : 60 jours de répit ou simple pause avant la tempête ?
Les États-Unis et l’Iran viennent de se mettre d’accord pour prolonger de 60 jours le cessez-le-feu, selon des informations rapportées par la chaîne saoudienne Al Arabiya. Le mémorandum d’entente signé en juin expire ce jour, et les deux camps ont choisi de gagner du temps. Mais derrière cette prolongation, la tension reste explosive.
Le président américain Donald Trump n’a pas tardé à remettre les pendules à l’heure. Sur Truth Social, il a martelé : « L’objectif numéro un est, et sera toujours, de faire en sorte que l’Iran ne puisse en aucun cas, sous quelque forme que ce soit, se doter d’armes nucléaires. » Clair, net, et sans ambiguïté.
De l’autre côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, n’y va pas de main morte. Il accuse directement les États-Unis et « le régime sioniste » de retarder les négociations avec Oman sur la sécurité dans le détroit d’Ormuz. Selon lui, Téhéran et Mascate travaillent à un mécanisme qui garantisse les droits des États riverains et le passage sûr des navires marchands. Mais les « actions des États-Unis et d’Israël », le nombre d’acteurs et les « forces destructrices » freinent tout.
Le détroit d’Ormuz, artère vitale du pétrole mondial, est en train de s’étrangler. Le 12 août, Trump a affirmé que les forces américaines le contrôlaient « totalement » et continueraient de le faire. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le Wall Street Journal, le trafic de juillet était cinq fois inférieur à la normale. Ce week-end, après les attaques contre trois navires de la compagnie nationale pétrolière d’Abou Dhabi (ADNOC) les 13 et 14 août, le passage a chuté à des niveaux historiquement bas : cinq navires le 15 août, zéro le 16 août, d’après les données de Kpler relayées par Reuters. Quelques jours plus tôt, les 8 et 9 août, 31 navires passaient encore.
Bloomberg révèle que des pays exportateurs (Émirats, Qatar, Koweït) font passer leur pétrole en mode furtif, en coupant les transpondeurs. Ces volumes clandestins, probablement supérieurs aux 4 millions de barils estimés par le marché, freinent la flambée des prix. Mais le risque est réel : 23 navires d’ADNOC ont déjà été touchés depuis le début du conflit, avec un mort et 20 blessés. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, parlait encore récemment de 8 à 9 millions de barils quotidiens. Les données satellitaires du Wall Street Journal racontent une autre histoire.
Baghaei ne mâche pas ses mots sur la politique américaine : cinquante ans de sanctions et de pressions n’ont abouti qu’à « l’exacerbation de l’hostilité mutuelle ». Les États-Unis se sont, selon lui, enfermés dans « un guet-apens et un cycle vicieux de guerres et de menaces ». Téhéran, de son côté, assure avoir pris toutes les mesures pour contrer d’éventuels nouveaux projets de Washington et de Tel Aviv.
Dans ce climat déjà explosif, l’ancienne représentante républicaine Marjorie Taylor Greene a jeté un pavé dans la mare. Sur X, elle affirme que l’administration américaine discute de l’utilisation de l’arme nucléaire contre l’Iran lors de réunions de sécurité. « Oui, vous avez bien lu. C’est vrai. Je ne fais pas de spéculation, je le sais », a-t-elle écrit. Elle critique l’opération lancée malgré les renseignements indiquant que l’Iran est loin de posséder l’arme nucléaire, et appelle les Américains à empêcher « l’holocauste nucléaire » vers lequel, selon elle, la Maison-Blanche pousse le monde.
Le Wall Street Journal, citant des responsables anonymes et des données de renseignement, dresse un tableau encore plus sombre. Selon le journal, Téhéran voit dans les efforts de cessez-le-feu des États-Unis et d’Israël une simple manœuvre pour soulager les marchés et gagner du temps avant une nouvelle phase de combats. Le mémorandum de juin n’aurait été qu’une « interlude avant le conflit ». La méfiance est trop profonde pour un accord durable rapide.
En résumé : 60 jours de trêve officielle, un détroit d’Ormuz quasi paralysé, du pétrole qui passe en douce, des accusations croisées, et même des discussions sur l’arme nucléaire évoquées à Washington. Le Moyen-Orient reste sur un volcan. Le monde entier, et particulièrement les économies dépendantes du pétrole, regarde avec inquiétude. La question n’est plus seulement de savoir si la trêve tiendra, mais ce qui se passera le 61e jour.
Iran-US Ceasefire Extended by 60 Days: Temporary Relief or Just a Pause Before the Storm?
The United States and Iran have agreed to extend the ceasefire by 60 days, according to reports from the Saudi channel Al Arabiya. The memorandum of understanding signed in June expires today, and both sides have chosen to buy more time. Behind this extension, however, tensions remain dangerously high.
US President Donald Trump quickly restated his red line. On Truth Social he wrote: “The number one goal is, and always will be, to make sure that Iran cannot, under any circumstances or in any form, obtain nuclear weapons.”
On the Iranian side, Foreign Ministry spokesman Esmail Baghaei was equally blunt. He accused the United States and “the Zionist regime” of delaying talks with Oman on security arrangements in the Strait of Hormuz. Tehran and Muscat are working on a mechanism to protect the rights of the two littoral states and ensure safe passage for merchant ships, he said. But American and Israeli actions, the number of players involved, and “destructive forces” are holding everything up.
The Strait of Hormuz, the world’s most critical oil artery, is choking. On 12 August Trump claimed US forces were in total control of the waterway and would remain so. Yet the numbers tell a different story. The Wall Street Journal reported that daily ship traffic in July was five times lower than before the conflict. After attacks on three ADNOC vessels on 13 and 14 August, traffic collapsed over the weekend: only five commercial ships crossed on 15 August and none on 16 August, according to Kpler data cited by Reuters. Just a week earlier, on 8 and 9 August, 31 ships had still been transiting.
Bloomberg reports that exporters from the UAE, Qatar and Kuwait have been moving oil through the strait with their transponders switched off for months. These secret volumes are likely higher than the market’s estimate of 4 million barrels a day and are helping to limit price spikes. The risk is real: 23 ADNOC ships have been hit since the conflict began, leaving one dead and 20 injured. US Energy Secretary Chris Wright recently spoke of 8–9 million barrels a day still moving through Hormuz. Satellite data cited by the Wall Street Journal paint a far bleaker picture.
Baghaei also attacked long-standing US policy, saying five decades of economic pressure and sanctions have produced only “mutual hostility.” America, he argued, has trapped itself in “an ambush and a vicious cycle of wars and threats.” Tehran, he added, has taken every necessary measure to undermine any new plans by Washington and Tel Aviv.
In this already explosive climate, former Republican congresswoman Marjorie Taylor Greene dropped a bombshell. On X she claimed that the use of nuclear weapons against Iran is being discussed in US security meetings. “Yes, you read that right. It’s true. I’m not speculating, I know,” she wrote. She criticised the administration for launching operations against Iran despite intelligence assessments that the country is far from having a nuclear weapon, and called on Americans to stop the “nuclear holocaust” she believes the White House is dragging the world toward.
The Wall Street Journal, citing anonymous officials and intelligence, paints an even darker picture. Tehran, the paper reports, views current US and Israeli ceasefire efforts as nothing more than an attempt to ease pressure on global markets and buy time before a new round of fighting. The June memorandum was probably just “an interlude before the conflict.” Deep mutual distrust makes a lasting agreement unlikely in the short term.
In short: an official 60-day truce, a nearly paralysed Strait of Hormuz, oil moving in the shadows, mutual accusations, and even talk of nuclear options in Washington. The Middle East remains a powder keg. The whole world, especially oil-dependent economies, is watching with growing concern. The real question is no longer whether the truce will hold, but what happens on day 61.
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Moussa Nassourou