Croissance française : le gouvernement divise ses prévisions par deux pour 2026

Croissance française : le gouvernement divise ses prévisions par deux pour 2026

Alors que Bercy tablait encore sur 1 % de croissance en début d'année, Roland Lescure annonce désormais 0,5 % pour 2026. Canicules, détroit d'Ormuz, instabilité politique : l'économie française encaisse les coups. Et l'Insee, plus pessimiste encore, évoque un décrochage face aux voisins européens.

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C'est un aveu qui pèse lourd dans le climat économique français. Le ministère de l'Économie et des Finances a revu à la baisse sa prévision de croissance du PIB pour 2026, la faisant passer de 0,7 % à 0,5 %. Une annonce faite par le ministre Roland Lescure lui-même, lors d'une conférence de presse qui avait des airs de mise au point.


« En moyenne, cette année, nous estimons la croissance française à 0,5 % », a déclaré le ministre. Avant d'asséner : « En début d'année, nous tablions, dans le cadre de la Loi des finances, sur une prévision de croissance de 1 %. On a donc divisé par deux les estimations de croissance pour cette année. »


Un rétropédalage spectaculaire, qui en dit long sur les turbulences qui secouent la deuxième économie de la zone euro.


Trois coups de frein majeurs


Comment expliquer ce décrochage ? Roland Lescure avance trois facteurs principaux. D'abord, les canicules : les « seules périodes prolongées de chaleur anormale » ont amputé la croissance de 0,1 point de pourcentage. Ensuite, le blocage du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, qui a coûté 0,2 point à l'économie française. Enfin, dernier coup de rabot : 0,2 point perdu à cause de « l'incertitude politique » liée aux élections municipales et aux difficultés d'adoption du budget 2026, auxquelles s'ajoute « un hiver plus clément », qui a réduit la consommation d'énergie des ménages.


Le ministre se veut toutefois rassurant sur un point : sa prévision reste « proche » de celle de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui table sur 0,4 %, et « le consensus des économistes est aujourd'hui à 0,6 % ».


L'Insee sonne l'alarme : « l'économie française a décroché »


Justement, l'Insee n'a pas tardé à confirmer la mauvaise nouvelle. L'institut a lui aussi revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2026, à 0,4 % contre 0,7 % précédemment, selon l'Agence France-Presse.


« À rebours de ses voisins, l'économie française a décroché. Contrairement au reste de l'Europe, l'activité a fléchi cet hiver et est restée étale au printemps », explique Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture de l'Insee.


Les causes ? Les canicules, la chute de l'activité dans les travaux publics, un marché du travail dégradé et « une situation budgétaire difficile ». L'institut prévoit une progression du PIB de seulement 0,1 % au troisième trimestre et de 0,2 % au quatrième — soit trois fois moins que celle des pays voisins de la zone euro ou du Royaume-Uni.


Pire : le pouvoir d'achat des ménages devrait reculer de 0,4 % sur l'ensemble de l'année, « sous l'effet de la baisse de l'emploi salarié et de l'atonie des salaires réels ». Un cocktail douloureux pour les foyers français.


2027 : l'espoir d'un rebond à 1 %


Malgré ce tableau morose, Roland Lescure veut croire à des jours meilleurs. « Pour 2027, nous tablions sur un rebond de la croissance qui amènerait la croissance française à 1 % », a-t-il annoncé, misant sur une baisse des tensions géopolitiques et un retour à une navigation quasi normale dans le détroit d'Ormuz « dans les mois qui viennent ».


Côté inflation, le ministre prévoit une moyenne de 2,1 % en 2026, « avec un pic d'ici la fin de l'année autour de 3 % ». La hausse des prix devrait ensuite ralentir progressivement pour passer sous la barre des 2 % et atteindre 1,8 % en moyenne en 2027.


Mais il tempère lui-même son optimisme : « Ces prévisions sont entourées de fortes incertitudes sur l'évolution des tensions géopolitiques, sur l'évolution des taux d'intérêt, sur l'évolution des aléas climatiques. »


Dissolution : le scénario qui inquiète


Comme si l'incertitude économique ne suffisait pas, le spectre politique plane. Selon Europe 1, Emmanuel Macron pourrait dissoudre l'Assemblée nationale « si le gouvernement de Sébastien Lecornu venait à tomber sur le budget ».


Officiellement, l'Élysée dément. Mais au sein du gouvernement, l'hypothèse d'une nouvelle dissolution est « désormais ouvertement évoquée ». Juridiquement, le président en a le pouvoir : le délai constitutionnel d'un an depuis les dernières législatives est largement écoulé.


Sauf qu'une telle décision pourrait non seulement déboucher sur une « Assemblée toujours aussi ingouvernable », mais aussi bouleverser la présidentielle de 2027. Les candidats devraient négocier à l'avance de futures alliances, et le vainqueur ne pourrait pas dissoudre la chambre basse pendant un an après son élection.


« Autrement dit, Emmanuel Macron pourrait imposer à son successeur à l'Élysée le parlement avec lequel il commencerait son quinquennat. Un dernier coup de dés, très macronien, qui ferait presque des législatives le premier tour de la présidentielle », relève Europe 1. Dès juin, Le Figaro évoquait déjà ce scénario dans l'entourage du président.


Macron mise sur l'espace pour relancer la machine


En parallèle de ces turbulences budgétaires, Emmanuel Macron tente d'ouvrir de nouveaux horizons. Lors du premier Sommet international sur l'espace, qui se tient les 9 et 10 septembre 2026 à Paris, le chef de l'État a affiché ses ambitions.


« Dans dix ans, [je veux voir] la première capsule européenne habitée décoller de Kourou avec à son bord des astronautes européens et d'autres nations », a-t-il déclaré, appelant de ses vœux une coopération à l'image de celle de la Station spatiale internationale.


Il espère aussi voir « dans deux ans, la première capsule cargo européenne Nyx s'amarrer à la Station spatiale internationale. Dans cinq ans, le premier atterrisseur lunaire européen Argonaut se poser à la surface de la Lune ». Un défi de taille : l'Agence spatiale européenne (ESA) ne dispose toujours pas de sa propre fusée pour les missions habitées.


Macron a également appelé à la création d'une « alliance européenne du direct-to-device » pour un système de connectivité mobile par satellite d'ici 2030, avec une qualité équivalente à la 5G. « Si cette technologie devient maîtrisée, accessible à un coût raisonnable, ce marché sera immense et l'Europe doit figurer dans cette course pour des raisons de souveraineté et d'opportunités économiques », a-t-il plaidé.


Outre-mer : Paris hausse le ton face aux « extravagances » de Trump


Sur la scène diplomatique, la France affiche aussi sa fermeté. Le ministère des Affaires étrangères a refusé de réagir à chaque publication de Donald Trump, après que la Maison-Blanche a diffusé une carte incluant des territoires d'outre-mer français sous pavillon américain.


« Si nous devions commenter chaque tweet de la Maison-Blanche ou chaque extravagance de Donald Trump, nous ne ferions plus que cela », a tranché Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe, sur Sud Radio. « Nous sommes profondément attachés à nos territoires d'Outre-mer et à leur rôle pour la France. »


Le 7 septembre, Donald Trump avait publié sur Truth Social une carte représentant le Canada, le Mexique, Cuba, le Groenland et plusieurs territoires français d'outre-mer sous les couleurs américaines — sans le moindre commentaire. Une provocation de plus, alors que le président américain a déjà évoqué à plusieurs reprises l'annexion du Canada et du Groenland.




French Growth: Government Halves 2026 Forecast


While Bercy was still banking on 1% growth at the start of the year, Roland Lescure now announces 0.5% for 2026. Heatwaves, the Strait of Hormuz, political instability: the French economy is taking hit after hit. And Insee, even more pessimistic, speaks of a decoupling from European neighbours.


It is a admission that weighs heavily on the French economic climate. The Ministry of Economy and Finance has revised down its GDP growth forecast for 2026, from 0.7% to 0.5%. The announcement was made by Minister Roland Lescure himself, at a press conference that felt like a clarification.


"On average, this year, we estimate French growth at 0.5%," the minister declared. Before delivering the punchline: "At the start of the year, under the Finance Act, we were forecasting 1% growth. So we have halved our growth estimates for this year."


A spectacular backtrack that says a lot about the turbulence shaking the eurozone's second-largest economy.


Three major brakes


How to explain this stall? Roland Lescure points to three main factors. First, heatwaves: "prolonged periods of abnormal heat" alone cut growth by 0.1 percentage point. Then, the blockage of maritime traffic in the Strait of Hormuz, which cost the French economy 0.2 points. Finally, another 0.2 points lost due to "political uncertainty" linked to municipal elections and difficulties in passing the 2026 budget, combined with "a milder winter" that reduced household energy consumption.


The minister nevertheless wants to be reassuring on one point: his forecast remains "close" to that of the National Institute of Statistics and Economic Studies (Insee), which expects 0.4%, and "the consensus of economists is currently at 0.6%."


Insee raises the alarm: "The French economy has decoupled"


Indeed, Insee was quick to confirm the bad news. The institute also revised down its growth forecast for 2026, to 0.4% from 0.7% previously, according to Agence France-Presse.


"Contrary to its neighbours, the French economy has decoupled. Unlike the rest of Europe, activity declined this winter and remained flat in spring," explains Dorian Roucher, head of Insee's economic outlook department.


The causes? Heatwaves, the collapse of activity in public works, a degraded labour market and "a difficult budgetary situation." Insee forecasts GDP growth of just 0.1% in the third quarter and 0.2% in the fourth — three times lower than that of neighbouring eurozone countries or the United Kingdom.


Worse: household purchasing power is expected to fall by 0.4% over the year, "under the effect of declining salaried employment and stagnant real wages." A painful cocktail for French households.


2027: Hope for a 1% rebound


Despite this gloomy picture, Roland Lescure wants to believe in better days. "For 2027, we are banking on a rebound that would bring French growth to 1%," he announced, betting on a reduction in geopolitical tensions and a return to near-normal navigation in the Strait of Hormuz "in the coming months."


On inflation, the minister forecasts an average of 2.1% in 2026, "with a peak of around 3% by the end of the year." Price increases should then gradually slow to below 2% and reach an average of 1.8% in 2027.


But he himself tempers his optimism: "These forecasts are surrounded by strong uncertainties regarding geopolitical tensions, interest rate developments, and climate hazards."


Dissolution: The worrying scenario


As if economic uncertainty were not enough, the political spectre looms. According to Europe 1, Emmanuel Macron could dissolve the National Assembly "if Sébastien Lecornu's government were to fall over the budget."


Officially, the Élysée denies it. But within the government, the hypothesis of a new dissolution is "now openly mentioned." Legally, the president has the power: the constitutional one-year delay since the last legislative elections has long expired.


Except that such a decision could not only lead to an "equally ungovernable Assembly," but also disrupt the 2027 presidential election. Candidates would have to negotiate future political alliances in advance, and the winner could not dissolve the lower house for a year after the election.


"In other words, Emmanuel Macron could impose on his successor at the Élysée the parliament with which he would begin his five-year term. A final roll of the dice, very Macron-style, that would almost make the legislative elections the first round of the presidential election," notes Europe 1. As early as June, Le Figaro reported that this scenario was being considered in the president's entourage.


Macron bets on space to restart the machine


Alongside these budgetary turbulences, Emmanuel Macron is trying to open new horizons. At the first International Space Summit, held on 9-10 September 2026 in Paris, the head of state set out his ambitions.


"In ten years, [I want to see] the first European crewed capsule lift off from Kourou with European astronauts and astronauts from other nations on board," he declared, calling for cooperation modelled on the International Space Station.


He also hopes to see "in two years, the first European cargo capsule Nyx dock with the International Space Station. In five years, the first European lunar lander Argonaut land on the Moon's surface." A tall order: the European Space Agency (ESA) still does not have its own rocket for crewed missions.


Macron also called for the creation of a "European direct-to-device alliance" for a satellite mobile connectivity system by 2030, with quality equivalent to 5G. "If this technology becomes mastered, accessible at a reasonable cost, this market will be immense and Europe must be in this race for reasons of sovereignty and economic opportunity," he argued.


Overseas territories: Paris toughens stance against Trump's "extravagances"


On the diplomatic front, France is also showing firmness. The Ministry of Foreign Affairs refused to react to every Donald Trump post, after the White House released a map including French overseas territories under the American flag.


"If we had to comment on every tweet from the White House or every extravagance of Donald Trump, we would do nothing else," said Benjamin Haddad, Minister Delegate for Europe, on Sud Radio. "We are deeply attached to our overseas territories and their role for France."


On 7 September, Donald Trump published on Truth Social a map showing Canada, Mexico, Cuba, Greenland and several French overseas territories in American colours — without any comment. Another provocation, as the American president has already repeatedly mentioned the annexation of Canada and Greenland.


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Ekanga Ekanga Fernand

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