L’Europe tourne le dos à Palantir : la France, l’Allemagne et plusieurs pays de l’UE accélèrent leur révolution de l’IA souveraine

L’Europe tourne le dos à Palantir : la France, l’Allemagne et plusieurs pays de l’UE accélèrent leur révolution de l’IA souveraine

L'Union européenne multiplie les initiatives pour réduire sa dépendance à Palantir. France, Allemagne, Espagne et plusieurs États misent désormais sur des solutions européennes d'intelligence artificielle afin de renforcer leur souveraineté numérique.

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L'Europe veut reprendre le contrôle de son intelligence artificielle : Palantir dans le viseur de plusieurs capitales européennes


L'Union européenne semble engagée dans une nouvelle bataille stratégique qui dépasse largement le simple domaine technologique. Après les débats sur les semi-conducteurs, le cloud et les réseaux de télécommunications, Bruxelles et plusieurs grandes capitales européennes veulent désormais réduire leur dépendance aux solutions d'intelligence artificielle développées par l'entreprise américaine Palantir.


Selon plusieurs médias européens, notamment Politico Europe, Financial Times et Euractiv, la France, l'Allemagne, l'Espagne ainsi que d'autres États membres multiplient les initiatives pour remplacer progressivement les logiciels de Palantir par des alternatives européennes. Derrière cette décision se cache un objectif majeur : préserver la souveraineté numérique du continent.


La France et l'Allemagne amorcent une rupture stratégique


D'après Politico, les services de renseignement français et allemands ont déjà commencé à abandonner certaines solutions développées par Palantir.


Les autorités se tournent progressivement vers ChapsVision, une entreprise française spécialisée dans l'analyse de données et l'intelligence artificielle. Son système Artemis AI suscite également l'intérêt de plusieurs pays européens, notamment :



  • l'Allemagne ;

  • la Belgique ;

  • les Pays-Bas ;

  • le Luxembourg ;

  • la Roumanie.


L'Espagne, de son côté, aurait demandé aux administrations publiques de privilégier des technologies européennes lors des appels d'offres, limitant ainsi l'accès des produits Palantir aux marchés publics.


Cette dynamique traduit une volonté de renforcer l'autonomie stratégique européenne dans des secteurs considérés comme critiques.


Une présence devenue massive dans les secteurs sensibles


Depuis plus d'une décennie, Palantir s'est imposée comme un partenaire incontournable dans plusieurs domaines stratégiques européens.


Politico rappelle que l'entreprise américaine a profité de plusieurs crises majeures pour étendre son influence.


Après les attentats de Paris en 2015, ses outils ont été intégrés dans certains services de renseignement français afin de renforcer les capacités d'analyse des données.


Quelques années plus tard, la pandémie de Covid-19 a favorisé l'adoption de ses solutions dans plusieurs systèmes de santé européens pour accompagner les campagnes de vaccination et la gestion sanitaire.


Aujourd'hui, Palantir est également présente dans :



  • la défense ;

  • la finance ;

  • les banques ;

  • l'industrie ;

  • plusieurs administrations publiques.


Le groupe recrute par ailleurs régulièrement d'anciens responsables gouvernementaux et militaires, une stratégie qui facilite son implantation au sein des institutions européennes.


L'Otan continue de faire confiance à Palantir


Si plusieurs gouvernements européens cherchent à diversifier leurs fournisseurs, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan) conserve une position différente.


Selon Politico, les systèmes de Palantir restent aujourd'hui l'outil principal utilisé pour la gestion des opérations militaires de l'Alliance.


Le commandant suprême allié chargé de la transformation, l'amiral français Pierre Vandier, estime qu'il n'existe actuellement aucune alternative crédible aux capacités d'intelligence artificielle proposées par Palantir pour les opérations de combat.


Cette divergence illustre le dilemme auquel sont confrontés les Européens : réduire leur dépendance technologique tout en maintenant des capacités opérationnelles élevées.


Un manifeste qui alimente les inquiétudes politiques


Les réserves européennes ne concernent pas uniquement la technologie.


Politico souligne que le manifeste publié en avril dernier par le cofondateur de Palantir Peter Thiel et son directeur général Alex Karp a suscité de vives réactions dans plusieurs capitales européennes.


Selon le journal, certains responsables politiques et experts y voient une vision où les avancées technologiques et la liberté d'innovation prendraient le pas sur les mécanismes démocratiques.


Plusieurs observateurs européens considèrent ce texte comme une orientation idéologique préoccupante, même si ces interprétations font l'objet de débats. Cette controverse a contribué à fragiliser davantage la confiance de certains décideurs envers l'entreprise américaine.


Des accusations d'optimisation fiscale relancent la polémique


La pression sur Palantir s'est encore intensifiée après la publication d'un éditorial d'Euractiv.


Le média bruxellois s'appuie sur un rapport du Centre for International Corporate Tax Accountability and Research (CICTAR), qui affirme que l'entreprise utiliserait des mécanismes de minimisation fiscale pour transférer une partie de ses revenus européens vers les États-Unis.


Selon le rapport cité, Palantir sous-déclarerait une partie de ses revenus réalisés en Europe en les faisant transiter par ses filiales américaines, où la fiscalité des entreprises est plus avantageuse.


Euractiv précise toutefois que ces pratiques ne sont pas nécessairement illégales, mais souligne qu'elles concernent des revenus issus de contrats publics financés par les contribuables européens.


Une alternative européenne qui gagne du terrain


Au fil des semaines, le nom de ChapsVision revient avec insistance dans les médias européens.


L'entreprise française apparaît désormais comme l'une des principales candidates pour remplacer progressivement Palantir dans plusieurs administrations et services de renseignement européens.


Si cette transition se confirme, elle pourrait marquer un tournant majeur dans la politique industrielle européenne en matière d'intelligence artificielle.


L'Europe joue une partie décisive pour sa souveraineté numérique


Au-delà du cas Palantir, cette évolution traduit une ambition plus large de l'Union européenne : reprendre le contrôle de ses infrastructures numériques critiques.


Entre impératifs de sécurité nationale, protection des données, autonomie stratégique et compétitivité industrielle, l'IA est devenue un enjeu géopolitique majeur.


Le succès de cette stratégie dépendra désormais de la capacité des entreprises européennes à proposer des solutions suffisamment performantes pour rivaliser avec les géants technologiques américains, tout en répondant aux exigences de sécurité et de souveraineté des États membres.




Europe Moves Away from Palantir as EU Countries Push for AI Sovereignty


The European Union is taking significant steps to reduce its dependence on U.S. technology company Palantir, with France, Germany, Spain and several other member states increasingly turning to European artificial intelligence solutions.


According to reports by Politico Europe, the Financial Times, and Euractiv, intelligence agencies in France and Germany have already begun replacing some Palantir systems with products developed by French technology company ChapsVision. Spain has also instructed public authorities to prioritize European alternatives in public procurement.


The French-developed Artemis AI platform is attracting growing interest from Germany, Belgium, the Netherlands, Luxembourg and Romania.


Palantir has built a strong presence across Europe over the past decade, expanding into intelligence services after the 2015 Paris attacks and later into healthcare during the COVID-19 pandemic. The company is also widely involved in defense, banking, finance and industrial sectors.


However, NATO continues to rely heavily on Palantir's battlefield AI systems. Admiral Pierre Vandier, NATO's Supreme Allied Commander Transformation, recently stated that the alliance currently has no viable alternative to Palantir's military AI capabilities.


Political concerns have also emerged following a manifesto published by Palantir co-founder Peter Thiel and CEO Alex Karp, which some European observers interpret as prioritizing technological progress over democratic governance. These interpretations remain subject to debate but have fueled concerns among European policymakers.


Meanwhile, Euractiv cited a report by the Centre for International Corporate Tax Accountability and Research (CICTAR) alleging that Palantir uses tax minimization strategies by routing European revenues through U.S. subsidiaries. Euractiv notes that such practices are not necessarily illegal, although they involve revenue generated from public-sector contracts.


The growing interest in European alternatives such as ChapsVision reflects the EU's broader ambition to strengthen its digital sovereignty and reduce dependence on foreign technology providers in critical sectors.


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Ekanga Ekanga Fernand

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