Ebola : Africa CDC clash avec Washington et dénonce un "deux poids, deux mesures" honteux

Ebola : Africa CDC clash avec Washington et dénonce un

Africa CDC accuse les USA de partialité : restrictions de voyage maintenues contre l’Ouganda, mais pas contre la France. "La science ou la politique ?" Le cri du cœur de Jean Kaseya qui secoue la communauté internationale.

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Ebola : Quand Washington punit l’Afrique et épargne l’Europe, le tollé du CDC-Afrique


La tension monte entre le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et les autorités sanitaires américaines. Au cœur du clash : le maintien par les États-Unis de restrictions de voyage visant l’Ouganda, malgré la déclaration officielle de la fin de l’épidémie d’Ebola dans ce pays d’Afrique de l’Est. Une décision que le patron du CDC africain, le Dr Jean Kaseya, qualifie sans détour de "deux poids, deux mesures" inacceptable.


Alors que l’Ouganda a officiellement sonné le glas de l’épidémie le 28 juillet dernier – avec un bilan de 20 cas et 2 décès, dont 15 cas importés de la RDC voisine –, l’administration américaine s’entête. Les restrictions, imposées initialement en mai et prolongées en juillet, frappent également la RDC et le Soudan du Sud. Un comble, selon Jean Kaseya, pour ce dernier pays : "Le Soudan du Sud n’a enregistré aucun cas. Pourquoi le punir ?" s’est-il indigné dans une déclaration relayée par le Daily Monitor.


Mais l’argument qui fâche, celui qui a mis le feu aux poudres, c’est le traitement de faveur réservé à la France. Paris a en effet signalé un cas importé d’Ebola en provenance de la RDC, pourtant, aucune restriction américaine n’a été brandie sur le sol hexagonal. "Nous avons écrit aux États-Unis. Cette lettre est publique. Nous ne voulons pas de deux poids deux mesures. S’il n’y a pas de restrictions pour la France, il ne doit pas y en avoir pour l’Ouganda", a martelé le Dr Kaseya, dans une sortie qui résonne comme un signal fort adressé à l’Occident.


La science bafouée au profit de la politique ?


Au-delà du sentiment d’injustice, c’est la crédibilité scientifique des mesures qui est pointée du doigt. Le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Mohamed Yakub Janabi, a apporté son poids dans la balance en rappelant une vérité qui dérange : l’efficacité des fermetures de frontières et des restrictions de voyage pour endiguer les flambées épidémiques n’est pas confirmée par les données scientifiques. Pire, le Règlement sanitaire international ne les prévoit même pas comme moyen de lutte privilégié.


"On ne lutte pas contre un virus avec des barrières géopolitiques, mais avec des systèmes de surveillance robustes et de la transparence", glisse un expert de la santé publique basé à Kinshasa, qui salue la prise de position courageuse du CDC-Afrique.


En clair, l’Ouganda paie aujourd’hui le prix d’avoir été transparent. En informant rapidement la communauté internationale, Kampala espérait une reconnaissance, mais se heurte à une défiance persistante. "Les pays qui informent ouvertement ne doivent pas être punis", a plaidé Jean Kaseya, appelant à une approche équitable et non discriminatoire.


Un précédent dangereux pour l’Afrique


Cette affaire met en lumière le fossé qui se creuse entre les discours de solidarité internationale et les actes. Pour de nombreux observateurs à Nairobi et à Pretoria, cette décision américaine envoie un signal contre-productif : elle risque d’inciter les pays africains, à l’avenir, à cacher les épidémies par crainte de sanctions économiques et diplomatiques.


Alors que le monde entier a les yeux tournés vers les prochaines échéances sanitaires, le CDC-Afrique hausse le ton. Face à l’intransigeance de Washington, Jean Kaseya ne compte pas en rester là. L’Afrique, dit-il, ne veut plus être le parent pauvre des règles sanitaires internationales.


Pendant ce temps, en RDC et en Ouganda, les équipes locales continuent le travail de terrain. Mais une question demeure : si la transparence n’est pas récompensée, qui osera encore alerter ?




Ebola: Africa CDC Clashes with Washington Over "Double Standards" Travel Ban


Africa CDC accuses the US of bias for maintaining travel restrictions against Uganda while sparing France. Dr. Jean Kaseya denounces "double standards" amid scientific doubts over border closures.


Ebola: When Washington Punishes Africa and Spares Europe, the Africa CDC Fights Back


Tensions are escalating between the Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC) and US health authorities over Washington's decision to maintain travel restrictions on Uganda, despite the official declaration of the end of the Ebola outbreak in the East African country.


Africa CDC Director General, Dr. Jean Kaseya, has condemned the move as blatant "double standards." Uganda officially ended the epidemic on July 28, reporting 20 cases and 2 deaths, with 15 cases imported from neighboring DRC.


However, the US administration, which initially imposed restrictions in May and extended them in July, is also penalizing the DRC and South Sudan. "South Sudan has not recorded a single case. Why punish them?" Kaseya asked in a statement relayed by the Daily Monitor.


The argument causing the most outrage is the preferential treatment given to France. Paris reported an imported case of Ebola from the DRC, yet the US imposed no restrictions on French territory.


"We sent a letter to the United States. This letter is public. We do not want double standards. If there are no restrictions for France, there should not be any for Uganda," Kaseya said.


Science Ignored for Politics?


Beyond the injustice, the scientific validity of these measures is under scrutiny. WHO Regional Director for Africa, Mohamed Yakub Janabi, emphasized that the effectiveness of travel bans and border closures in curbing outbreaks is not backed by scientific evidence. Furthermore, the International Health Regulations do not recommend them as a primary control measure.


"An African country is being punished for its transparency," noted a public health expert in Kinshasa. By informing the international community promptly, Uganda expected cooperation but instead faces persistent stigma.


A Dangerous Precedent


This incident threatens to undermine future cooperation. African nations might now be reluctant to report outbreaks for fear of economic and diplomatic sanctions.


As Africa CDC pushes back, the message is clear: Africa no longer accepts being the scapegoat of international health regulations. If transparency is not rewarded, who will dare to sound the alarm next time?


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Didier Cebas K.

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