Affaire Martinez Zogo : le colonel Otoulou fait de nouvelles révélations au procès, Amougou Belinga, Danwé et Eko Eko au cœur des débats

Affaire Martinez Zogo : le colonel Otoulou fait de nouvelles révélations au procès, Amougou Belinga, Danwé et Eko Eko au cœur des débats

Le procès de l'affaire Martinez Zogo a connu un nouveau tournant au Tribunal militaire de Yaoundé. Le colonel Otoulou a livré un témoignage détaillé sur l'enquête, évoquant Justin Danwé, Jean-Pierre Amougou Belinga, Maxime Eko Eko, les expertises numériques et plusieurs éléments débattus devant la justice.

Publicité

Affaire Martinez Zogo : un témoin-clé relance le procès, Justin Danwé, Amougou Belinga, Eko Eko… des révélations explosives devant le Tribunal militaire


Le procès de l'affaire Martinez Zogo a connu un nouveau tournant lors de l'audience criminelle spéciale des 3 et 4 août 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé. Pendant plusieurs heures, le colonel Otoulou, co-directeur de l'enquête initiale, a livré un témoignage particulièrement attendu. Entre aveux attribués au lieutenant-colonel Justin Danwé, rôle présumé de Jean-Pierre Amougou Belinga, déclarations sur Maxime Eko Eko et interrogations sur des téléphones disparus, cette audience a ravivé les débats autour de l'une des affaires judiciaires les plus sensibles de l'histoire récente du Cameroun.


Affaire Martinez Zogo : une audience sous haute tension au Tribunal militaire


Dès 11 h 42, l'audience s'est ouverte dans une atmosphère particulièrement tendue.


Avant même l'audition du témoin principal, le président du Tribunal militaire de Yaoundé a rejeté une requête déposée par Me Claude Assira. L'avocat souhaitait modifier l'ordre des interrogatoires afin que la défense poursuive son contre-interrogatoire avant les questions du ministère public.


Le tribunal a considéré cette demande comme dilatoire, rappelant qu'un renvoi avait déjà été accordé à la défense lors de la précédente audience.


Une décision qui a immédiatement donné le ton d'une journée riche en échanges musclés entre les différentes parties.


Le colonel Otoulou affirme disposer de nouveaux éléments


Interrogé par Me Ashu, le colonel Otoulou a déclaré que son intervention précédente reposait principalement sur des indices.


Cette fois, il affirme être venu avec des éléments supplémentaires.


« J'ai des éléments à produire cette fois-ci. »


Cette déclaration a immédiatement suscité une vive réaction de plusieurs avocats de la défense, certains contestant la recevabilité des vidéos et documents que le témoin souhaitait évoquer.


Les échanges ont rapidement donné lieu à une série d'objections portant notamment sur les procès-verbaux de l'enquête préliminaire.


Le témoignage revient sur les aveux attribués à Justin Danwé


L'un des moments les plus suivis de l'audience concerne les déclarations du lieutenant-colonel Justin Danwé.


Selon le colonel Otoulou, celui-ci aurait progressivement modifié sa version des faits au fil des auditions.


Le témoin explique qu'au départ, Danwé aurait affirmé avoir agi dans le cadre d'une mission de service.


Mais lors d'auditions ultérieures, il aurait livré une version beaucoup plus détaillée.


Selon le récit présenté devant le tribunal, Justin Danwé aurait indiqué avoir rencontré Jean-Pierre Amougou Belinga à sa résidence.


Toujours d'après ce témoignage, Amougou Belinga lui aurait demandé de « faire taire » Martinez Zogo.


Le colonel Otoulou affirme également que Danwé aurait déclaré avoir reçu :



  • 2 millions de FCFA pour préparer l'opération ;

  • 500 000 FCFA remis la veille de son exécution.


Ces déclarations ont immédiatement suscité de nouvelles contestations de la défense, qui continue de remettre en cause leur valeur probante.


Pourquoi Danwé aurait-il changé de version ?


Interrogé par plusieurs avocats, le témoin a expliqué que les confrontations organisées pendant l'enquête auraient joué un rôle décisif.


Selon lui, la confrontation entre Jean-Pierre Amougou Belinga et Justin Danwé aurait profondément marqué ce dernier.


Le colonel Otoulou affirme que Danwé se serait senti « humilié » après que Jean-Pierre Amougou Belinga eut reconnu publiquement leur relation d'amitié, alors que Danwé niait jusque-là connaître l'homme d'affaires.


Le témoin soutient que c'est après cet épisode que Danwé aurait décidé de révéler davantage d'informations aux enquêteurs.


Les mystérieux téléphones au cœur des débats


L'un des passages les plus marquants de cette audience concerne les nombreux téléphones portables examinés par les enquêteurs.


Le colonel Otoulou affirme notamment que :



  • Jean-Pierre Amougou Belinga possédait plusieurs téléphones ;

  • certains appareils recherchés par les enquêteurs n'auraient jamais été retrouvés ;

  • un téléphone aurait transité par Mélissa Amougou Belinga avant d'être remis à une employée de maison ;

  • les enquêteurs auraient tenté de récupérer cet appareil sans succès.


Le témoin précise toutefois que ce téléphone n'était pas, selon lui, l'élément déterminant de l'enquête.


En revanche, il évoque un rapport d'expertise faisant état de onze téléphones attribués à Jean-Pierre Amougou Belinga, alimentant de nouvelles interrogations sur l'exploitation des données numériques.


Sept téléphones auraient disparu chez Maxime Eko Eko


Autre déclaration qui a retenu l'attention du tribunal.


Selon le colonel Otoulou, Maxime Léopold Eko Eko aurait présenté seulement trois téléphones aux enquêteurs alors que dix appareils lui étaient attribués.


Le témoin affirme ainsi que sept téléphones auraient disparu, soit près de 70 % du matériel numérique disponible.


Pour le colonel Otoulou, cette situation soulève nécessairement des interrogations.


Il souligne toutefois qu'il appartient désormais au Tribunal militaire d'apprécier la portée de ces éléments.


Le SMS de Bruno Bidjang évoqué devant le tribunal


Au cours de son témoignage, le colonel Otoulou est également revenu sur un SMS attribué au journaliste Bruno Bidjang.


Selon ses déclarations, un message adressé à Paul Daisy contenait notamment la phrase :


« Le moment venu, on sera sans pitié. »


Le témoin considère que ce SMS faisait partie des éléments analysés durant l'enquête.


La défense, de son côté, continue de contester plusieurs aspects de cette interprétation devant le Tribunal militaire.


Des échanges nourris entre les avocats et le témoin


Tout au long de cette audience, les avocats des différentes parties ont multiplié les questions sur la méthodologie d'enquête.


Les débats ont notamment porté sur :



  • les auditions successives des principaux accusés ;

  • les confrontations organisées durant l'enquête ;

  • la récupération des téléphones et des données numériques ;

  • les vidéos exploitées par les enquêteurs ;

  • les procès-verbaux produits par la commission d'enquête ;

  • le rôle respectif de la gendarmerie, de la police et du commissaire du gouvernement.


À plusieurs reprises, le président du tribunal a dû intervenir afin de trancher les nombreuses objections formulées par les conseils des différentes parties.


Une audience qui relance les interrogations


Cette nouvelle audience n'a pas permis de clore les nombreuses zones d'ombre qui entourent l'assassinat de Martinez Zogo. En revanche, elle a mis en lumière les divergences persistantes entre l'accusation et les avocats de la défense sur l'interprétation des procès-verbaux, des témoignages et des éléments numériques.


Les déclarations du colonel Otoulou constituent des affirmations présentées devant le Tribunal militaire dans le cadre des débats judiciaires. Elles sont contestées par plusieurs avocats de la défense, et il appartient au tribunal d'en apprécier la valeur probante avant toute décision sur le fond.


Les débats se concentrent également sur les moyens techniques de l'enquête


L'un des axes majeurs du contre-interrogatoire a porté sur les moyens matériels mis à la disposition des enquêteurs.


Interrogé par les avocats, le colonel Otoulou a reconnu que toutes les ressources techniques souhaitées n'avaient pas été disponibles au moment de l'enquête.


« Pas vraiment. Mais j'ai eu la chance d'avoir ce qui était disponible. »


Cette déclaration alimente le débat sur les limites opérationnelles de l'enquête initiale, notamment concernant l'exploitation des données téléphoniques et numériques.


Les avocats de la défense ont également insisté sur l'absence de géolocalisation de certains protagonistes ainsi que sur le fait que les opérateurs téléphoniques n'auraient pas été directement sollicités dans certains actes d'investigation.


Le témoin a expliqué que ces initiatives relevaient principalement du directeur de l'enquête, le Commissaire du Gouvernement.


Les objets saisis et les vidéos au cœur des discussions


Au cours de son audition, le colonel Otoulou est revenu sur plusieurs éléments matériels récupérés lors des investigations.


Il a notamment évoqué :



  • une cagoule ;

  • une ficelle ;

  • des vidéos amateurs exploitées pendant l'enquête ;

  • plusieurs téléphones portables ;

  • des rapports d'expertise numérique.


Selon lui, les vidéos consultées ont permis aux enquêteurs de suivre certains déplacements, notamment celui d'un véhicule Prado noir présenté comme un élément important dans la reconstitution des faits.


Le témoin a toutefois reconnu que certaines zones d'ombre demeurent, notamment sur le fonctionnement de la vidéosurveillance de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE).


Des échanges sur la crédibilité de certains documents


Plusieurs heures de débats ont également porté sur une fiche technique et une supposée note de service de la DGRE.


Questionné par Me Claude Assira, le colonel Otoulou a estimé que la fiche technique produite ne lui paraissait pas crédible.


Selon lui, il s'agissait davantage d'une fiche interne que d'une véritable note de service officielle.


Ces échanges illustrent les divergences persistantes entre les parties sur l'interprétation de nombreuses pièces du dossier.


Le rôle présumé des différents protagonistes de nouveau discuté


Au fil des questions, le témoin est revenu sur les liens présumés entre plusieurs accusés.


Il a notamment expliqué que, selon les éléments recueillis durant son enquête, Justin Danwé aurait reconnu avoir rencontré Jean-Pierre Amougou Belinga à plusieurs reprises à l'immeuble Ekang.


Toujours selon son témoignage, Danwé aurait indiqué que cette opération relevait davantage d'une initiative destinée à « faire plaisir à son chef » que d'une mission officielle.


Le colonel Otoulou a toutefois rappelé que la qualification juridique définitive des faits appartient exclusivement au Tribunal militaire.


Une audience marquée par des centaines de questions


Durant cette journée d'audience, les avocats de la défense, des parties civiles et du ministère public ont multiplié les interrogations.


Les débats ont porté notamment sur :



  • les procès-verbaux d'audition ;

  • les confrontations entre les accusés ;

  • les expertises numériques ;

  • les téléphones exploités par les enquêteurs ;

  • les communications téléphoniques ;

  • les vidéos de surveillance ;

  • les objets retrouvés lors des perquisitions ;

  • la chronologie des événements de janvier 2023.


À plusieurs reprises, le président du Tribunal militaire est intervenu afin de rappeler le cadre procédural et d'autoriser ou non la lecture de certaines pièces.


Un procès toujours au cœur de l'attention nationale


Plus de trois ans après la disparition tragique de Martinez Zogo, le procès continue de captiver l'opinion publique camerounaise.


Cette affaire dépasse largement le cadre d'un simple dossier criminel.


Elle soulève des interrogations sur :



  • le fonctionnement des institutions ;

  • les méthodes d'enquête ;

  • les responsabilités individuelles ;

  • la protection des journalistes ;

  • ainsi que le respect des procédures judiciaires.


L'audience des 3 et 4 août 2026 illustre une nouvelle fois la complexité de ce dossier, marqué par des témoignages contradictoires, des débats procéduraux nourris et des éléments techniques qui restent au centre des discussions.


Analyse : un témoignage qui pourrait peser sur la suite du procès


Le témoignage du colonel Otoulou constitue l'un des temps forts de cette session criminelle spéciale.


Pendant près de huit heures, l'ancien co-directeur de l'enquête a répondu aux nombreuses questions des avocats, revenant sur la conduite des investigations, les auditions successives des principaux accusés et plusieurs éléments matériels examinés durant l'enquête.


Toutefois, dans le cadre du procès, ces déclarations demeurent des éléments de débat judiciaire. Plusieurs avocats de la défense ont contesté leur interprétation, leur portée et parfois leur recevabilité.


Comme le rappelle le principe de la présomption d'innocence, les personnes poursuivies demeurent présumées innocentes tant qu'une décision de justice définitive n'a pas établi leur culpabilité.


La prochaine audience devrait permettre à la défense de poursuivre son contre-interrogatoire du témoin, avant que le Tribunal militaire ne poursuive l'examen des autres éléments du dossier.




The trial over the murder of Cameroonian journalist Martinez Zogo took a significant turn during the special criminal hearings held on August 3–4, 2026, before the Military Tribunal in Yaoundé.


A key witness, Colonel Otoulou, who co-led the initial investigation, testified for several hours and presented what he described as new investigative elements. During cross-examination, he stated that Lieutenant-Colonel Justin Danwé had gradually changed his statements during the investigation and allegedly admitted receiving money to organize an operation aimed at "silencing" Martinez Zogo. According to the witness, Danwé implicated businessman Jean-Pierre Amougou Belinga, claiming he had requested the operation and provided financial support. These allegations were strongly challenged by the defense lawyers during the hearing.


The testimony also focused on digital evidence, including mobile phones, surveillance footage, and forensic reports. Colonel Otoulou said investigators examined multiple phones linked to several defendants and raised concerns about missing devices and deleted communications. He also referred to a text message allegedly involving journalist Bruno Bidjang, which prosecutors consider part of the evidence discussed during the investigation.


Throughout the hearing, defense attorneys questioned the methods used during the investigation, the handling of evidence, and the credibility of certain documents and witness statements. Numerous objections were raised regarding the admissibility of investigation records and procedural issues.


The hearing highlighted the continuing disagreements between the prosecution and the defense over the interpretation of the evidence. The Military Tribunal is expected to continue examining the testimony and other evidence in the coming sessions.


Note: The statements reported above are allegations and testimony presented in court. They remain contested by the defense, and all defendants are presumed innocent unless and until proven guilty by a final court decision.


Martinez Zogo, Affaire Martinez Zogo, Procès Martinez Zogo, Tribunal militaire de Yaoundé, Jean-Pierre Amougou Belinga, Justin Danwé, Maxime Eko Eko, Bruno Bidjang, DGRE, Colonel Otoulou, Procès Cameroun, Justice Cameroun, Audience Tribunal militaire, Martinez Zogo 2026, Actualité Cameroun, Polycarpe Xavier Atangana, Enquête Martinez Zogo, News Cameroun, Journaliste Martinez Zogo, Affaire judiciaire Cameroun, Yaoundé, Crime Cameroun, Procès Amougou Belinga.


Ange NGO

Publicité

Le calendrier complet de la Can Féminine 2026

Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires