Énergie : Le Cameroun brûle 274 milliards FCFA en carburants importés pendant que ses recettes pétrolières fondent comme neige au soleil
Le Cameroun vit un paradoxe énergétique qui a des allures de tragédie économique. Au premier trimestre 2026, le pays a consacré la coquette somme de 274,3 milliards de FCFA à l’importation d’hydrocarbures. Une facture salée, en hausse de 2,5 % par rapport à la même période en 2025, qui place les produits pétroliers en tête des achats du Cameroun à l’étranger, devant les machines et les véhicules.
Pendant ce temps, les revenus tirés de l’or noir s’écroulent. Les exportations de pétrole brut n’ont rapporté que 152,4 milliards de FCFA entre janvier et mars 2026, soit une chute vertigineuse de 14,4 % par rapport à l’année précédente. Un manque à gagner de 25,6 milliards qui interpelle, surtout quand on sait que le baril de Brent s’échangeait à plus de 103 dollars sur la même période.
La douloureuse équation du raffinage local
Comment expliquer que le pays paie plus cher ses carburants quand les prix mondiaux grimpent, mais encaisse moins quand ils baissent ? La réponse est simple et amère : le Cameroun exporte du brut et importe du fini. Depuis l’incendie qui a ravagé une partie des installations de la Sonara, la production locale de raffinage est au point mort.
« Le Cameroun est un producteur qui achète ses propres besoins à l’étranger. C’est une hémorragie de devises et une épée de Damoclès sur la balance commerciale », analyse Dr Davarice un expert du secteur. Sur un an, la facture d’importation des hydrocarbures a grimpé de 6,6 milliards, s’installant durablement autour des 900 milliards FCFA annuels.
La BEAC sonne l’alarme et met la pression sur Yaoundé
Face à cette situation intenable, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) sort de sa réserve. Dans son dernier rapport sur l’inflation, l’institution tire la sonnette d’alarme et exhorte le gouvernement camerounais à accélérer la reconstruction de la Sonara, mais aussi le projet de raffinerie C-Star à Kribi.
Pour la banque centrale, ces infrastructures ne sont pas optionnelles. Elles sont vitales pour briser la dépendance aux cours mondiaux et protéger le pouvoir d’achat des Camerounais. Car aujourd’hui, le pays est pris en étau : il subit la volatilité des prix du brut à l’importation, mais ne profite pas pleinement de la hausse pour ses propres ressources.
Un projet à 700 milliards FCFA pour sauver l’industrie nationale
Le gouvernement a entendu le message. Exit la simple réhabilitation des installations brûlées. Place à une reconstruction complète et modernisée de la Sonara, estimée à environ 700 milliards de FCFA. Ce méga-projet prévoit l’intégration d’un hydrocraqueur, une technologie de pointe qui permettra de transformer plus efficacement le brut local pour produire plus de gasoil et d’essence, adaptés aux besoins du marché national.
Mais en attendant la fin des travaux, le Cameroun continue de payer le prix fort. Chaque jour, le pays s’appauvrit un peu plus en important ce qu’il pourrait produire, mettant à mal ses réserves de change et sa souveraineté énergétique. Le compte à rebours est lancé.
Energy: Cameroon Spends 274 Billion FCFA on Imported Fuel as Oil Revenues Plunge
Cameroon is caught in a glaring energy paradox that is bleeding its economy dry. In the first quarter of 2026, the country spent a staggering 274.3 billion FCFA on hydrocarbon imports—a 2.5% year-on-year increase that solidifies petroleum products as the nation's top import expense.
Simultaneously, revenue from crude oil exports took a nosedive, falling by 14.4% to 152.4 billion FCFA compared to the same period in 2025. This represents a shortfall of 25.6 billion FCFA, a puzzling decline given that the global Brent crude price stood at a robust $103.7 per barrel in March 2026.
The Refining Bottleneck
The explanation lies in Cameroon's broken refining capacity. Since the fire that crippled the Sonara refinery, the country has been exporting raw crude and importing refined products like gasoline and diesel.
According to the National Economic and Financial Committee (CNEF), this structural imbalance creates a "double whammy": high import bills and erratic export revenues. While imports hover near the annual threshold of 900 billion FCFA, the nation remains highly vulnerable to shipping costs and exchange rate fluctuations.
BEAC Pushes for Urgent Action
The Bank of Central African States (BEAC) is now applying pressure on the government. In its latest inflation report, the central bank urged Yaoundé to fast-track the reconstruction of Sonara and the development of the C-Star refinery in Kribi. The BEAC warns that without these projects, Cameroon will remain a hostage to volatile international oil markets.
A 700 Billion FCFA Rescue Plan
The government is pivoting from a simple repair plan to a full-scale modernization project worth approximately 700 billion FCFA. The new facility will include a hydrocracker, enabling the refinery to process more local crude and produce higher-quality fuels for domestic consumption.
However, until this industrial rebirth becomes a reality, Cameroon will continue to finance the prosperity of foreign refiners at the expense of its own economy. The clock is ticking.
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Ange NGO