Le Cameroun passe à la vitesse supérieure : la CAA s’attaque aux barrières du Fonds Vert pour rapatrier les milliards du climat

Le Cameroun passe à la vitesse supérieure : la CAA s’attaque aux barrières du Fonds Vert pour rapatrier les milliards du climat

La CAA se lance dans une course contre la montre pour décrocher l'accréditation du Fonds vert pour le climat. Recrutement de consultants, mise à niveau institutionnelle et gouvernance renforcée : le Cameroun veut désormais gérer directement ses financements verts. Découvrez les coulisses de cette révolution économique et environnementale.

Publicité

La CAA en ordre de bataille pour verrouiller l’accréditation du Fonds vert : Le Cameroun veut ses milliards climats sans intermédiaire


C’est un tournant stratégique majeur pour la gestion des financements climatiques au Cameroun. La Caisse autonome d’amortissement (CAA), le bras armé financier de l’État dans la gestion de la dette, a officiellement enclenché la machine pour obtenir le saint graal : l’accréditation directe auprès du Fonds vert pour le climat (FVC). Objectif affiché : capter et gérer directement les milliards destinés aux projets écologiques, sans passer systématiquement par la case intermédiaires internationaux.


L’information est tombée le 16 juin 2026, avec le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour recruter des consultants de haut niveau. La mission, financée sur le budget 2026 de la CAA, est claire : transformer l’institution pour qu’elle épouse les standards draconiens du Fonds vert. Il ne s’agit pas d’une simple mise à jour de manuels internes, mais d’une véritable greffe de conformité sur les plans financier, environnemental et social.


Un chantier de conformité en quatre actes


Pour espérer devenir une entité nationale accréditée, la CAA doit démontrer sa capacité à incarner la rigueur. Les prestations attendues des futurs consultants ont été découpées en quatre blocs stratégiques, formant le squelette de la nouvelle gouvernance verte camerounaise.


    L’écologie au cœur du système : Le premier lot exige l’élaboration d’une politique environnementale et sociale solide, couplée à une stratégie climat claire. Il faudra aussi un programme de renforcement des capacités et une attention particulière aux peuples autochtones.


    L’impératif du genre : Le deuxième volet vise à intégrer la dimension genre dans l’ADN de la CAA. Cela passe par un audit des pratiques actuelles, un code de conduite strict et des outils pour prévenir l’exploitation et les abus sexuels, des critères clés pour les bailleurs internationaux.


    La transparence et l’intégrité : Le troisième lot est un pilier de confiance. Il prévoit la création d’un mécanisme de gestion des griefs, d’un dispositif de protection des lanceurs d’alerte et de procédures pour traiter les plaintes sensibles, y compris les violences basées sur le genre.


    Le feu vert juridique : Enfin, un avis juridique externe devra certifier la capacité de la CAA à assumer ses responsabilités. L’expert devra confirmer la personnalité juridique, l’autonomie administrative et l’aptitude de l’établissement à ester en justice, des prérequis juridiques essentiels pour recevoir des fonds internationaux directement.


L’autonomie financière au service de la souveraineté climatique


Pour le Cameroun, l’enjeu dépasse la simple technique bancaire. En décrochant cette accréditation, la CAA ne se contenterait plus de gérer la dette publique ou les marchés de capitaux. Elle deviendrait un opérateur national de premier plan dans la structuration et la mobilisation des financements climatiques.


L’avantage est immense : limiter le recours aux intermédiaires internationaux. Concrètement, cela signifie que les projets camerounais – qu’il s’agisse d’agriculture résiliente, d’énergie solaire ou de gestion des eaux – pourraient être identifiés, préparés et exécutés localement, sous le contrôle d’une institution nationale. Une forme de souveraineté financière dans la lutte contre le réchauffement climatique.


Mais la route est étroite. L’accréditation n’est pas un dû. La CAA devra convaincre de la robustesse de ses mécanismes de contrôle, de sa transparence et de sa capacité à gérer les risques.


Calendrier serré et exigences pointues


La pression est réelle. Les consultants en politiques environnementales, genre et intégrité n’ont que 90 jours calendaires pour livrer leurs travaux. Pour le volet juridique, le délai est encore plus serré : 14 jours seulement.


Les profils recherchés sont pointus. Il faut une connaissance intime des exigences du Fonds vert, de la Banque mondiale ou de la Société financière internationale. Pour le lot juridique, l’expert principal doit être un avocat inscrit au barreau du Cameroun, justifiant d’au moins dix ans d’expérience.


Initialement prévue le 8 juillet, la date limite de dépôt des candidatures a été repoussée au 21 juillet 2026 à 14h, donnant un répit de dernière minute aux cabinets d’études et consultants internationaux intéressés.


La CAA joue gros. Une fois le recrutement des experts bouclé et les politiques élaborées, l’établissement soumettra son dossier à l’évaluation sévère du Fonds vert. En cas de succès, le Cameroun disposera d’un instrument financier direct, capable de porter ses ambitions vertes sans dépendre éternellement des tuteurs internationaux.


Rendez-vous dans les prochains mois pour savoir si le Cameroun franchit ce cap historique.




Cameroon's CAA Gears Up for Green Climate Fund Accreditation to Directly Access Climate Finance


 The Caisse Autonome d’Amortissement (CAA), Cameroon’s public debt and finance management body, has initiated a strategic process to secure direct accreditation from the Green Climate Fund (GCF). This move aims to transform the institution into a national entity capable of mobilizing and managing international resources for climate projects without systematic reliance on international intermediaries.


Launched on June 16, 2026, a call for expressions of interest seeks top-tier consultants to overhaul the CAA's institutional framework. Funded by the CAA's 2026 budget, the mission goes far beyond updating internal manuals. It requires the CAA to align with the GCF's stringent requirements regarding financial management, governance, transparency, procurement, environmental and social safeguards, and stakeholder protection.


A Four-Pillar Compliance Overhaul


The consultancy services are divided into four critical lots:


    Environmental & Social Policies: This involves developing a comprehensive environmental and social management system, a climate strategy, and a commitment plan for indigenous peoples.


    Gender & Safeguarding: A deep dive into institutional gender policies, including an audit of current practices and the creation of tools to prevent sexual exploitation and abuse.


    Institutional Integrity: The establishment of a robust grievance mechanism, whistleblower protection, and procedures for handling sensitive complaints related to gender-based violence.


    Legal Vetting: A crucial external legal opinion confirming the CAA's legal capacity to enter into agreements, manage international funds, and litigate.


Strategic Autonomy and Sourcing


Direct accreditation would be a game-changer for Cameroon. It would allow the CAA to lead project identification, preparation, and implementation in vital sectors such as climate-resilient agriculture, energy, and water management. This autonomy aims to reduce the country's dependency on international accredited entities to present and supervise local projects.


However, this path demands excellence. The CAA must demonstrate robust control mechanisms, risk management, and flawless transparency. Consultants have 90 days for the policy lots and just 14 days for the legal opinion.


Deadline for applications has been extended to July 21, 2026. The accreditation is not automatic; it will be subject to a final evaluation by the Green Climate Fund. Success would mark a historic milestone, equipping Cameroon with a powerful national instrument to drive its climate agenda.


Cameroun, CAA, Fonds vert pour le climat, accréditation, financements climatiques, transition énergétique, gouvernance, environnement, genre, développement durable, économie verte, Yaoundé, Green Climate Fund, GCF, gestion de la dette, projets climatiques, protection environnementale, actualité Cameroun.


Didier Cebas K.

Publicité

Le calendrier complet de la Can Féminine 2026

Suivez certains matchs en direct grâce à nos partenaires