Cacao en chute libre, banane en résistance : le choc agricole qui frappe la Cemac au premier trimestre 2026

Cacao en chute libre, banane en résistance : le choc agricole qui frappe la Cemac au premier trimestre 2026

Les cours des produits agricoles exportés par la Cemac s'effondrent de 21,8% sous l'effet du cacao. Pourtant, la banane camerounaise explose de près de 20%. Découvrez l'état des forces et faiblesses de l'économie agricole de la zone Franc CFA.

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Cameroun – Agriculture : Quand le cacao plonge, la banane camerounaise tient le cap


Douala, Cameroun – La douleur est sur toutes les tablées des ministères des Finances de la sous-région. Entre octobre 2025 et mars 2026, les cours mondiaux des produits agricoles exportés par les six pays de la Cemac ont dégringolé de 21,8 %. C’est l’indice composite des cours des produits de base (ICCPB) de la BEAC qui le dit, et ce chiffre fait froid dans le dos. Pire : cette chute prolonge une tendance déjà amorcée au trimestre précédent (-14,5 %). Autrement dit, l’agriculture d’exportation de la zone Franc CFA vacille.


Le cacao, tombeur du trimestre


Au cœur de cette purge : le cacao. La fève, trésor national du Cameroun et du Gabon, a vu son prix international reculer de 24,6 % en seulement trois mois. À côté, le café s’en sort bien avec un repli de 4,5 %. Les analystes de la BEAC restent discrets sur les causes, mais les spécialistes des marchés des matières premières sont formels : l’offre mondiale repart à la hausse.


L’Organisation internationale du cacao (ICCO) annonce un retour à l’excédent sur la campagne 2025-2026, après trois ans de vaches maigres. Et le bourreau s’appelle Équateur. Ce pays latino-américain est sur le point de chiper au Ghana sa place de deuxième producteur mondial. Résultat : les places de Londres et New York voient arriver plus de fèves, et les prix s’écroulent. Une mauvaise nouvelle pour les planteurs camerounais, tchadiens ou centrafricains déjà fragilisés.


Heureusement, la banane camerounaise joue la contre-attaque


Pendant que le cacao souffre, la banane, elle, affiche des muscles. Entre janvier et mai 2026, le Cameroun a exporté 106 447 tonnes, soit une hausse de 19,9 % sur un an. Une performance en pleine saison sèche, période où la production a tendance à fondre. Qui dit mieux ? Le groupe français Compagnie fruitière de Marseille, via ses filiales PHP et CDBM, porte cette embellie à bout de bras.


PHP, leader historique, passe de 61 227 à 76 093 tonnes (+19,5%). Mais c’est la CDBM qui crée la surprise : +39,9 % de ventes en un an, passant de 7409 à 12 326 tonnes. Même la CDC, l’entreprise publique, résiste avec une hausse timide mais réelle de 7,2 %. Au total, ces exportations ont rapporté 67,7 milliards de FCFA au Cameroun en 2025, soit une envolée de 84,7 % par rapport à l’année précédente.


Un baromètre qui ne trompe pas


Rappelons que l’ICCPB de la BEAC suit 20 produits représentant 90 % des valeurs d’exportation de la Cemac. Un outil fiable, presque chirurgical. Et il nous dit une vérité crue : l’économie agricole de la sous-région reste dépendante d’un cacao volatil, mais peut compter sur une banane qui apprend à dompter la sécheresse grâce à l’irrigation.


Leçons pour les États


Alors que le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad et la RCA subissent de plein fouet la baisse des cours agricoles, la résilience de la filière banane montre une voie : investir dans l’irrigation, diversifier les marchés, et ne pas mettre tous les œufs dans le panier cacao. Les pays producteurs doivent désormais anticiper un bouleversement de la hiérarchie mondiale. Sinon, la prochaine chute pourrait être sans filet.




Cacao in free fall, bananas holding firm: the agricultural shock hitting the Cemac region in Q1 2026


Between October 2025 and March 2026, international prices for agricultural commodities exported by the six Cemac countries (Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad, and CAR) fell by 21.8% , according to the BEAC’s composite commodity price index (ICCPB). This extends a downward trend already seen in the previous quarter (-14.5%).


The main culprit is cocoa, whose global price dropped by 24.6% quarter-on-quarter. Coffee saw a milder decline of 4.5%. While BEAC analysts remain cautious, market experts point to a global supply rebound. The International Cocoa Organization (ICCO) forecasts a return to surplus in the 2025-2026 season after three deficit years. Driving this shift: Ecuador, which is poised to overtake Ghana as the world’s second-largest producer, weighing on prices worldwide.


Meanwhile, Cameroon’s banana sector is fighting back. Between January and May 2026, banana exports rose to 106,447 tonnes – a 19.9% year-on-year increase. This despite the dry season, which usually hurts production. French group Compagnie fruitière de Marseille, through its local subsidiaries PHP and CDBM, led the charge with growth of +19.5% and +39.9% respectively. Even state-owned CDC posted a modest +7.2% gain.


In 2025, banana exports generated 67.7 billion FCFA for Cameroon, up 84.7% from the previous year. The ICCPB tracks 20 commodities representing 90% of Cemac’s export value. The message is clear: cocoa remains volatile, but bananas – backed by better irrigation – offer a path to resilience.


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Mouahna Divine

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