Carburant, sang et colère : Ruto baisse le prix du diesel après la mort de 4 Kényans – Et l’Afrique du Sud brûle (xénophobie, inondations, Al-Shabab)

Carburant, sang et colère : Ruto baisse le prix du diesel après la mort de 4 Kényans – Et l’Afrique du Sud brûle (xénophobie, inondations, Al-Shabab)

Kenya : baisse du diesel après des émeutes mortelles. Afrique du Sud : état de catastrophe, viols anti-migrants. Somali : 26 terroristes tués. L’Afrique sous tension.

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Diesel au Kenya : la goutte qui a fait déborder le vase… et coûté 4 vies


Face à la rue qui gronde et aux corps tombés sous les balles, le président kényan William Ruto a plié. Mais était-ce vraiment un choix ? Après des manifestations d’une rare violence contre la hausse du carburant – quatre morts, 30 blessés et 348 interpellations –, le chef de l’État a finalement ordonné, la mort dans l’âme, une baisse symbolique de 10 shillings par litre de diesel (environ 0,07 euro). Une goutte d’eau dans l’océan de la colère kényane.


Sur son compte X (ex-Twitter), Ruto a justifié sa décision pour la période « juin à juillet ». Il a rappelé que son gouvernement avait déjà débloqué près de 188 millions d’euros pour calmer la pompe à essence, notamment via une baisse de la TVA de 8 %. Résultat selon lui : le diesel passerait de 1,85 euro à 1,55 euro le litre. Mais les Kényans, eux, retiennent surtout les chiffres qui tuent : depuis le 15 mai, l’essence a grimpé de 11 centimes d’euro et le diesel de 31 centimes.


    « Opportunistes politiques irresponsables », a taclé Ruto, appelant à la patience. Mais sur les artères de Nairobi, la patience a une limite : la tombe. Les transporteurs, eux, ont suspendu leur grève pour une semaine. Le temps de voir si les promesses ne sont pas juste de la fumée de pot d’échappement.


Afrique du Sud : quand la haine de l’étranger flambe à Durban


Changement de décor, même fièvre. À Durban, ce n’est pas le carburant qui enflamme la poudre, mais le rejet de l’autre. 500 migrants, selon la radio SABC, ont installé leurs tentes en plein centre-ville, devant un commissariat. Leur cri ? « L’ONU, au secours ! » Ils réclament des garanties écrites des autorités provinciales pour leur sécurité et celle de leurs commerces, et une enquête sur les violences policières.


Mercredi, une manifestation anti-migrants de grande ampleur a paralysé la ville. Commerces fermés, milices en faction… Le mouvement Operation Dudula (« chasser » en xhosa) – né il y a cinq ans à Johannesburg – n’a jamais été aussi bruyant. Résultat : le Ghana a évacué d’urgence 300 de ses ressortissants, le Nigeria prépare un rapatriement volontaire, et la RDC exige des comptes à Pretoria.


Le gouvernement sud-africain jure qu’il n’y a pas de xénophobie institutionnelle. Mais avec plus de 3 millions de migrants africains (dont beaucoup sans papiers) et des violences régulières, la poudre est loin d’être éteinte.


Inondations : l’état de catastrophe naturelle décrété dans quatre provinces


Les éléments non plus ne font pas de cadeaux. Le ministre Velenkosini Hlabisa a décrété l’état de catastrophe naturelle au Cap oriental, Cap occidental, Mpumalanga et KwaZulu-Natal. Dix jours après six provinces déjà sinistrées, le bilan est lourd : 11 morts, 150 000 sinistrés, 11 000 bâtiments endommagés, 26 ponts détruits, et 100 localités isolées comme dans un film d’apocalypse.


L’automne australe a été dévastateur. Mais les météorologues annoncent une accalmie dans 48 heures. Trop tard pour ceux qui ont tout perdu.


Somalie : 26 terroristes d’Al-Shabab envoyés en enfer


Pendant que certains pleurent leurs morts, Mogadiscio compte les siens… côté terroriste. Les forces de sécurité somaliennes, épaulées par des partenaires internationaux, ont mené trois opérations chirurgicales dans la région de Hiiraan. Bilan : 26 combattants d’Al-Shabab neutralisés, des tentes, des dépôts d’armes et des véhicules réduits en cendres.


L’Agence nationale de renseignement et de sécurité (NISA) l’a annoncé sur X. Al-Shabab, qui a officiellement rallié Al-Qaïda en 2012, continue de semer la terreur avec quelque 18 000 hommes sous la main. Mais cette fois, ce sont eux qui ont encaissé.


Pendant que l’Afrique souffre, le pouvoir recule ou frappe. Une seule certitude : la rue, elle, n’a pas dit son dernier mot.




Kenya lowers diesel price after deadly protests, South Africa burns with xenophobia, floods & terror


Kenyan President William Ruto has bowed to pressure, ordering a 10-shilling cut in diesel prices after violent protests left four dead. But is it enough? The move follows clashes that injured 30 and saw 348 arrests. Ruto blamed "irresponsible political opportunists" but also claimed his government already spent €188 million to curb fuel hikes.


Meanwhile, in Durban, 500 migrants are camping outside a police station, demanding UN intervention and written safety guarantees. A major anti-migrant protest shut down the city, forcing Ghana to evacuate 300 citizens and Nigeria to prepare voluntary repatriations. South Africa denies institutional xenophobia, but over 3 million African migrants face daily violence.


Natural disaster status has been declared in four South African provinces after floods killed 11, displaced 150,000, and destroyed 11,000 buildings. And in Somalia, security forces killed 26 Al-Shabab terrorists in the Hiiraan region.


Africa holds its breath.



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Mouahna Divine

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