Gabon : un Camerounais au cœur d’un incident polémique, le malaise profond de La Poste éclate au grand jour

Gabon : un Camerounais au cœur d’un incident polémique, le malaise profond de La Poste éclate au grand jour

Au Gabon, la crise de La Poste S.A. prend une tournure explosive après un incident impliquant un Camerounais lors d’un point de presse du Synaposte. Salaires impayés, tensions sociales et colère des agents plongent l’entreprise publique dans le chaos.

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La tension est montée d’un cran au Gabon autour de la crise qui secoue La Poste S.A. Le point de presse organisé le 20 mai par le Syndicat national des postiers (Synaposte) a viré à une scène de forte agitation après une altercation impliquant un ressortissant camerounais.


Présent sur les lieux pour tenter de calmer les esprits, le ministre gabonais de la Communication, Germain Biahodjow, s’est emporté dans une séquence largement commentée. Des propos jugés particulièrement durs ont été prononcés devant plusieurs témoins :


« Monsieur, vous ne partirez pas d’ici… Est-ce qu’un Gabonais peut faire ça au Cameroun ? Vous avez fait mordre un Gabonais. Vous relâchez les chiens ? On en a marre de ça au Gabon. »


Selon les responsables syndicaux, des agents de sécurité accompagnés de chiens auraient été mobilisés pour perturber leur action syndicale. Une accusation qui, pour l’heure, n’a pas pu être formellement confirmée.


Une entreprise publique paralysée


Derrière cet incident spectaculaire se cache une crise sociale profonde qui mine La Poste S.A. depuis plusieurs mois. Les employés dénoncent notamment :



  • Quatre mois de salaires impayés ;

  • Le retard dans l’installation de la nouvelle direction générale ;

  • Des actes assimilés à de l’intimidation contre les travailleurs et les responsables syndicaux.


Le secrétaire général du Synaposte, Davy Mamboundou, accuse certains responsables de maintenir l’entreprise dans une situation de blocage total. Il évoque même une « prise en otage » de la société publique et critique des décisions financières prises en dehors du cadre normal de gestion.


Le gouvernement sous pression


Face à la colère grandissante des postiers, le ministre Germain Biahodjow a reconnu la gravité du climat social, tout en rappelant que le paiement des salaires dépend de plusieurs administrations de l’État.


Mais le membre du gouvernement a également exigé que toute lumière soit faite sur les violences présumées dénoncées par les syndicalistes.


« Quelle que soit la faute des agents, vous répondrez de vos responsabilités. Vous faites couler le sang des Gabonais », a-t-il déclaré.


Cette sortie musclée illustre le niveau de tension atteint dans ce dossier devenu hautement sensible à Libreville.


Les travailleurs durcissent le ton


Les agents de La Poste conditionnent désormais toute reprise normale des activités à deux exigences immédiates :



  • Le paiement intégral des arriérés de salaires ;

  • L’installation effective de la nouvelle direction générale.


En attendant, La Poste S.A. demeure plongée dans un climat explosif, symbole d’une gouvernance fragilisée et d’un personnel épuisé par des mois d’incertitudes sociales et financières.




Gabon: Cameroonian National at the Center of Explosive Incident as Postal Crisis Deepens


Tensions escalated sharply in Gabon during a press conference organized on May 20 by the National Postal Workers Union (Synaposte) to denounce the deep crisis affecting La Poste S.A.


The situation reportedly spiraled after an altercation involving a Cameroonian national. Gabon’s Minister of Communication, Germain Biahodjow, who was present to calm tensions, reacted angrily with remarks that quickly drew attention:


“Sir, you will not leave here… Can a Gabonese do this in Cameroon? You made a Gabonese get bitten. Are you unleashing dogs? We are tired of this in Gabon.”


According to union representatives, security agents accompanied by dogs were allegedly sent to disrupt the union gathering. However, these claims have not yet been independently confirmed.


Four Months Without Salaries


At the heart of the crisis are several major grievances raised by workers:



  • Four months of unpaid salaries;

  • Delays in installing the new management team;

  • Alleged intimidation against employees and union leaders.


Synaposte Secretary General Davy Mamboundou denounced what he described as a “hostage-taking” of the public company and criticized financial decisions allegedly taken outside standard management procedures.


Government Under Pressure


Facing growing anger among postal workers, Minister Biahodjow acknowledged the seriousness of the social climate while insisting that salary payments involve several state administrations.


He also demanded that alleged acts of violence be fully investigated.


“Whatever the agents’ faults may be, you will answer for your responsibilities. You are causing Gabonese blood to flow,” he declared.


Postal workers are now demanding two immediate actions before returning fully to work:



  • Payment of salary arrears;

  • Effective installation of the new management team.


For now, La Poste S.A. remains trapped in an explosive social crisis, reflecting deeper governance and financial challenges within the public company.


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Ange NGO

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