Afrique du Sud : des milliers de migrants RDC et Burundais en détresse à Durban, Kinshasa et Bujumbura montent au créneau

Afrique du Sud : des milliers de migrants RDC et Burundais en détresse à Durban, Kinshasa et Bujumbura montent au créneau

Migrants et réfugiés RDC et Burundais pris pour cible à Durban : expulsion forcée, violences xénophobes, appel à l’ONU. La tension monte avant le sommet de l’UA. Lisez l’exclusivité.

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Exode et détresse : à Durban, des centaines de réfugiés RDC et Burundais crient à l’aide face à la haine anti-étrangers


 Ils ont fui la guerre, les couteaux, la peur au ventre. Mais ce mardi, dans les rues surchauffées de Durban, des centaines de migrants et réfugiés venus de RDC et du Burundi ont de nouveau senti le souffle de la haine. Devant un commissariat du centre-ville, ils se sont massés, femmes, enfants, hommes brisés, pour exiger ce qui devrait être un droit : la protection.


Selon la radio nationale sud-africaine SABC, ces ressortissants – pour beaucoup en règle avec le statut de réfugié – réclament des hébergements sécurisés d’urgence. La veille, des activistes anti-migrants les ont chassés manu militari d’un centre d’hébergement à North Beach, près du stade municipal. Émeutes, expulsions, visages fermés : l’Afrique du Sud des townships semble renouer avec ses démons xénophobes.


    “Nous ne demandons pas l’aumône, juste la vie sauve”, souffle un ressortissant congolais joint par téléphone, la voix étranglée.


Des contrôles arbitraires, des violences et un silence qui tue


Outre un toit sûr, les migrants exigent une protection physique réelle, la fin des contrôles d’identité arbitraires menés dans la rue par des groupes d’activistes, et l’intervention de l’ONU. Des mineurs se trouveraient parmi la foule. Certains sont sans papiers, mais la majorité possède un titre de séjour légal.


Le mouvement Operation Dudula – “chasser” en xhosa –, apparu il y a cinq ans à Johannesburg, et le groupe March and March (deux ans d’existence) mènent la danse. Leur refrain : “Les étrangers volent nos emplois et nos aides sociales”. Sauf qu’en face, il y a des vies.


Ghana, Nigeria, RDC : l’Afrique s’indigne


La semaine dernière, le Ghana a ordonné l’évacuation d’urgence de 300 de ses ressortissants, affirmant qu’ils craignaient pour leur vie. Accra va saisir le prochain sommet de l’Union africaine en juin. Le Nigeria prépare un programme de rapatriement volontaire. Et la RDC a exigé de Pretoria qu’elle protège ses enfants.


Pretoria, elle, se défend : “Pas de xénophobie institutionnelle”, répète le gouvernement, pointant des “actes isolés”. Pourtant, plus de trois millions de migrants africains vivent sous pression permanente en Afrique du Sud. Et les violences contre eux ne faiblissent pas.


Autres brûlantes de l’Afrique


Cap-Vert : le PAICV, principal parti d’opposition, remporte les législatives avec 46% des voix et 33 sièges sur 72. Le Premier ministre sortant concède sa défaite. Francisco Carvalho pressenti pour lui succéder.


Djibouti : Ismaïl Omar Guelleh dévoile un gouvernement largement reconduit (Abdoulkader Kamil Mohamed reste PM). Huit femmes entrent au gouvernement de 26 membres.


Soudan du Sud : un système chinois de gestion du trafic aérien entre en service. “Nous avons enfin le contrôle total de notre espace aérien”, clame le président Salva Kiir. Adieu l’accord de 2016 avec Khartoum.


Kenya : après des grèves et des manifestations ayant fait 4 morts et 348 arrestations, le gouvernement débloque 107 millions $ pour réguler les prix du carburant. Les transporteurs suspendent la grève une semaine.


Ouganda : Yoweri Museveni promulgue une loi interdisant “l’ingérence étrangère”. Peine maximale : 10 ans de prison. L’opposition craint un outil contre les libertés.


Libye : gouvernements rivaux de Tripoli et de l’Est s’accordent – avec médiation ONU/États-Unis – sur la sécurité frontalière. Centres conjoints à Benghazi et Tripoli. Un budget unifié pour attirer les investissements pétroliers.


Au final, l’Afrique du Sud à l’heure du choix


Durban, ce mardi, c’est le signal d’alarme. Si Pretoria ne passe pas des paroles aux actes, ce ne sont pas seulement des milliers de réfugiés qui vacilleront, mais l’image même de la “nation arc-en-ciel”. Et au sommet de l’UA en juin, les regards africains seront braqués sur le géant australe. L’heure n’est plus aux discours lisses. L’heure est aux vies sauves.




Desperate in Durban: Hundreds of DRC, Burundi Refugees Demand Protection After Anti-Migrant Violence


A large crowd of migrants and refugees from the DRC and Burundi gathered Tuesday outside a police station in central Durban, demanding urgent protection from local violence, SABC radio reports.


Many hold legal refugee status. They want safe shelter after anti-migrant activists forcibly evicted them from an emergency center in North Beach. They also demand an end to street identity checks by civilians and intervention by the UN.


South Africa has seen months of anti-immigration protests, sometimes deadly. Ghana last week evacuated 300 citizens. Nigeria plans voluntary repatriation. The DRC demands Pretoria protect foreign nationals.


Pretoria denies institutional xenophobia, blaming “isolated groups.” But over three million African migrants live under constant threat.


Elsewhere in Africa: Cape Verde’s opposition PAICV wins legislative elections; Djibouti unveils a new government; South Sudan launches Chinese-built air traffic control; Kenya allocates $107 million for fuel subsidies; Uganda criminalizes foreign interference; Libya rivals agree on joint border security.



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Mouahna Divine

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