Nuit sur Nachtigal ? Le projet géant du Cameroun pris en étau entre la Banque mondiale, Eneo et l'État

Nuit sur Nachtigal ? Le projet géant du Cameroun pris en étau entre la Banque mondiale, Eneo et l'État

Une onde de choc parcourt les coulisses du secteur énergétique camerounais. Le projet phare de la centrale hydroélectrique de Nachtigal (420 MW), présenté comme le poumon électrique du futur et le garant de la stabilité du réseau, traverse une passe critique. Selon un document officiel, la Banque mondiale, pilier central du dispositif de garantie du projet, serait réticente à libérer ses cautions mensuelles, évaluées à près de 10 milliards de FCFA. La raison ? Une double défaillance, aussi inattendue que lourde de conséquences, de la part de l’opérateur national Eneo et de l’État camerounais lui-même vis-à-vis de la Nachtigal Hydro Power Company (NHPC).

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Alors que les premiers mégawatts devaient marquer l’avènement d’une nouvelle ère énergétique, la question fuse désormais dans les rédactions et les cercles économiques : Le Cameroun peut-il réellement se passer de la contre-garantie de la Banque mondiale pour Nachtigal ? La réponse, à en croire les éléments divulgués, semble s’approcher d’un « non » retentissant. La banque, bailleur historique et très présent dans le secteur électrique local, joue ici un rôle d’assureur ultime, de garant qui rassure les investisseurs privés sur un projet à plus de 1200 milliards de FCFA.


Le cœur du problème bat au rythme des obligations contractuelles non respectées. Si les détails précis des manquements d’Eneo et de l’État restent en partie dans l’ombre, ils sont suffisamment graves pour que l’institution de Washington gèle son soutien financier clé. Cette situation expose le projet à des risques majeurs de retard, voire de remise en cause de son équilibre financier, dans un pays où la demande en électricité croît bien plus vite que l’offre.


L’imbroglio de Nachtigal dépasse la simple technicité financière. Il est le révélateur des tensions persistantes entre les ambitions de développement affichées et la rigueur d’exécution requise pour les concrétiser. La suspension des cautions de la Banque mondiale agit comme un signal d’alarme lumineux sur le tableau de bord de l’économie camerounaise. Elle interroge la capacité du pays à honorer ses engagements sur les méga-projets structurants, surtout lorsque ceux-ci impliquent des partenaires internationaux aux exigences inflexibles.


Pour le gouvernement et Eneo, la course contre la montre est engagée. Il leur faut apurer les contentieux avec NHPC dans les plus brefs délais pour débloquer la garantie mondiale et éviter que l’ombre de la défiance ne plane durablement sur Nachtigal. L’enjeu est de taille : il s’agit de préserver la crédibilité du Cameroun comme destination d’investissement et, surtout, de ne pas hypothéquer l’accès à une énergie abondante et stable, condition sine qua non de l’émergence économique.


La suite de ce feuilleton à haut voltage se joue maintenant dans les bureaux feutrés de Yaoundé et de Washington. Le Cameroun saura-t-il sortir de cette impasse et relancer la machine Nachtigal ? Ou devra-t-il revoir ses ambitions à la baisse ? Affaire à suivre.




 Storm Over Nachtigal: Cameroon's Mega Dam Project Stalled as World Bank Withholds Crucial Guarantees


A shockwave is rippling through Cameroon's energy sector. The flagship 420 MW Nachtigal hydroelectric dam project, heralded as the future powerhouse and guarantor of grid stability, is hitting a critical snag. According to an official document, the World Bank, the cornerstone guarantor of the project, is reluctant to release its monthly guarantees, worth nearly 10 billion CFA francs (approx. $16.3 million). The reason? A dual default, as unexpected as it is serious, from national utility Eneo and the Cameroonian state itself towards the Nachtigal Hydro Power Company (NHPC).


As the first megawatts were supposed to usher in a new energy era, a pressing question is now emerging in newsrooms and economic circles: Can Cameroon truly do without the World Bank's counter-guarantee for Nachtigal? The answer, based on the disclosed information, appears to be a resounding "no." The Bank, a historic funder deeply involved in the local electricity sector, acts as the ultimate insurer, reassuring private investors in this 1.2 trillion CFA franc project.


The core issue lies in unmet contractual obligations. While the precise details of the defaults by Eneo and the state remain partly unclear, they are serious enough for the Washington-based institution to freeze its key financial support. This exposes the project to major risks of delays, or even a threat to its financial balance, in a country where electricity demand is growing much faster than supply.


The Nachtigal imbroglio goes beyond mere financial technicalities. It highlights the persistent tensions between stated development ambitions and the executional rigor required to achieve them. The suspension of the World Bank's guarantees is a glaring alarm on Cameroon's economic dashboard. It questions the country's ability to honor its commitments on structural mega-projects, especially when they involve international partners with inflexible demands.


For the government and Eneo, the race against time is on. They must resolve the disputes with NHPC swiftly to unblock the World Bank's guarantee and prevent a shadow of distrust from looming over Nachtigal long-term. The stakes are high: preserving Cameroon's credibility as an investment destination and, crucially, not jeopardizing access to abundant and stable energy—a prerequisite for economic emergence.


The next chapter of this high-voltage saga is now playing out in the hushed offices of Yaounde and Washington. Will Cameroon find a way out of this deadlock and restart the Nachtigal engine? Or will it have to scale back its ambitions? To be continued.


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Didier Cebas K.

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