Diamants : la production explose au Cameroun en 2025, mais les recettes stagnent sous le poids du trafic

Diamants : la production explose au Cameroun en 2025, mais les recettes stagnent sous le poids du trafic

La production de diamants au Cameroun a connu une progression spectaculaire en 2025. Selon les chiffres rendus publics le 23 janvier 2026 à Yaoundé par le Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley, le pays a produit 15 382,37 carats de diamants au cours de l’année écoulée, contre 6 219,8 carats en 2024, soit plus du double en un an.

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Cette performance, en apparence encourageante, contraste cependant fortement avec les retombées financières enregistrées par l’État. Malgré cette envolée de la production, les recettes issues des exportations de diamants sont restées quasi inchangées, s’établissant à près de 110 millions de FCFA en 2025, contre environ 120 millions de FCFA en 2024.


Une richesse mal captée par l’économie nationale


Cette stagnation des revenus révèle une réalité structurelle persistante : le Cameroun ne parvient toujours pas à capter la pleine valeur de son potentiel diamantifère. Comme les années précédentes, les autorités reconnaissent que d’importantes cargaisons de diamants échappent aux circuits formels, alimentant un trafic transfrontalier difficile à contenir.


Le Secrétariat permanent national du Processus de Kimberley souligne que les chiffres officiels des exportations ne reflètent qu’une fraction de la production réelle. Cette distorsion entre production tracée et volumes effectivement exportés est un indicateur clair de l’ampleur des circuits informels.


Le précédent révélateur de 2019


Les données historiques illustrent l’ampleur du phénomène. En 2019, alors que les exportations officielles déclaraient 654 carats, le Processus de Kimberley affirmait avoir tracé une production totale de plus de 1 595 carats sur la même période. Près de 950 carats avaient ainsi disparu des statistiques d’exportation.


Selon les experts, ces cargaisons manquantes auraient très probablement été écoulées hors des canaux réglementaires, d’autant plus que la transformation locale du diamant est quasiment inexistante au Cameroun, favorisant une sortie brute et non contrôlée de la ressource.


Un défi majeur de gouvernance minière


Cette situation met en lumière les failles persistantes de la gouvernance minière au Cameroun : contrôle insuffisant des sites artisanaux, porosité des frontières, faibles capacités de transformation locale et attractivité des réseaux informels.


Alors que la production progresse, l’enjeu pour les autorités reste désormais clair : transformer la hausse des volumes en recettes fiscales et en valeur ajoutée locale, afin que le diamant camerounais cesse d’être une richesse qui profite davantage aux trafiquants qu’à l’économie nationale.




Diamonds: Cameroon’s Production More Than Doubles in 2025, but Revenues Remain Flat


Cameroon’s diamond production recorded a sharp increase in 2025. According to figures released on January 23, 2026, in Yaoundé by the National Permanent Secretariat of the Kimberley Process, the country produced 15,382.37 carats, compared to 6,219.8 carats in 2024, marking a production increase of more than 100%.


Despite this significant growth, export revenues remained almost unchanged. Cameroon earned around CFA 110 million from diamond exports in 2025, down slightly from about CFA 120 million in 2024.


This discrepancy highlights a recurring structural problem: a large share of diamond production continues to escape formal export channels, feeding informal and illegal trade networks. Official export figures therefore fail to reflect the country’s true production potential.


Historical data confirm the trend. In 2019, while official exports stood at 654 carats, authorities reported tracing over 1,595 carats of production during the same year. Nearly 950 carats were believed to have been diverted into informal export circuits.


With almost no local diamond processing industry, Cameroon continues to export raw stones under weak control mechanisms. As production rises, the key challenge now lies in strengthening governance, formalizing the sector, and ensuring that diamond wealth translates into tangible economic benefits for the country.


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Mouahna Divine

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