Yaoundé, la reconquête de la propreté urbaine
La lutte contre l’insalubrité change de dimension au Cameroun. Ce 23 janvier 2026, à l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Yaoundé, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a officiellement lancé l’opération « Yaoundé ville propre », une initiative d’envergure impulsée par une directive du chef de l’État.
Objectif affiché : redonner à la capitale politique un visage sain, ordonné et serein, à la hauteur de son statut. Car depuis plusieurs mois, la gestion des ordures ménagères est devenue un défi majeur. Accumulation anarchique des déchets, dépôts sauvages, incivisme persistant : les immondices se sont imposées jusque dans les zones les plus inattendues de la ville.
Face à cette urgence environnementale et sanitaire, le MINAT a décidé de prendre le taureau par les cornes, en impulsant une dynamique inclusive qui associe autorités administratives, collectivités territoriales décentralisées, entreprises de collecte et populations locales.
Un appui matériel massif aux communes d’arrondissement
Sous le regard du maire de la Ville de Yaoundé, Luc Messi Atangana, et du président des Communes et Villes unies du Cameroun (CVUC), Augustin Tamba, le ministre a procédé à la remise officielle du matériel d’assainissement destiné aux sept mairies d’arrondissement.
Au total, 2 800 équipements ont été mobilisés :
- 700 brouettes
- 700 pelles
- 700 balais
- 700 râteaux
Chaque commune bénéficiera de 100 unités de chaque outil, afin de renforcer les opérations de nettoyage de proximité. Le slogan de la campagne est sans équivoque : « Gardons Yaoundé propre ». L’opération sera conduite conjointement par les autorités administratives, les élus locaux et les populations, dans une logique de responsabilité partagée.
Paul Atanga Nji a par ailleurs précisé que cette initiative n’est pas limitée à Yaoundé et sera progressivement étendue à d’autres villes du pays, dans l’optique d’assainir durablement le cadre de vie des Camerounais.
Douala : 367 millions FCFA pour optimiser la gestion des déchets à Bonaberi
Pendant que Yaoundé mise sur la mobilisation citoyenne et l’assainissement de proximité, Douala affine sa stratégie logistique. Dans sa politique de gestion des déchets pour l’année 2026, la Communauté urbaine de Douala (CUD) prévoit d’investir 367 millions de FCFA pour l’aménagement d’un centre de transfert de déchets à Bonaberi, dans le 4? arrondissement.
Ces centres jouent un rôle clé : ils servent de points de regroupement intermédiaires, où les déchets collectés par les camions-bennes sont transférés vers des moyens de transport de plus grande capacité, avant d’être acheminés vers les sites de traitement. Une approche pensée pour réduire les coûts et améliorer l’efficacité du service.
Le projet constituera le deuxième centre de transfert de la ville, après celui de Youpwè (2? arrondissement), mis en service en septembre 2024 par Hysacam. À ce stade, la CUD n’a pas encore dévoilé le nom du prestataire retenu, ni les caractéristiques techniques ou les délais de réalisation.
Réduction des coûts, efficacité accrue et économie circulaire
L’aménagement de Bonaberi intervient dans un contexte stratégique : la CUD a récemment confié la collecte et le transport des déchets de cet arrondissement au nouvel opérateur Genelcam. Le site devra absorber les déchets d’une zone densement peuplée et fortement exposée à l’insalubrité, avec pour ambition de fluidifier la chaîne logistique.
La mairie table sur un effet de levier similaire à celui observé à Youpwè. Lors de l’inauguration de ce centre en 2024, le directeur général d’Hysacam, Jean-Pierre Ymele, indiquait une réduction d’environ 23 % des coûts de transport, soit 10 500 FCFA par tonne, contre 13 000 FCFA auparavant.
Dans une métropole qui produit près de 2 700 tonnes de déchets par jour, dont environ 70 % collectés par Hysacam, le centre de Bonaberi devrait permettre à Genelcam de réduire ses charges opérationnelles, tout en offrant à la CUD un mécanisme d’amortissement de l’infrastructure.
Au-delà de la logistique, le projet est également présenté comme un levier d’économie circulaire, à travers le recyclage de déchets préalablement triés par des entreprises spécialisées. Pour le maire Roger Mbassa Ndine, il s’agit d’optimiser durablement le service de propreté urbaine et de répondre aux défis environnementaux croissants de la capitale économique.
Public Sanitation: Yaoundé Takes Action, Douala Strengthens Waste Management
Cameroon is stepping up its fight against urban sanitation challenges. On January 23, 2026, at Yaoundé City Hall, the Minister of Territorial Administration, Paul Atanga Nji, officially launched the operation “Yaoundé Clean City”, following a directive from the Head of State aimed at restoring cleanliness across the capital.
Faced with growing waste management issues and widespread incivility, the initiative promotes an inclusive approach, bringing together administrative authorities, local councils, waste collection companies and residents. To support the effort, the Ministry distributed 2,800 sanitation tools—including wheelbarrows, shovels, brooms and rakes—to Yaoundé’s seven district councils, under the slogan “Let’s Keep Yaoundé Clean.” The program is expected to be extended to other cities nationwide.
Meanwhile, in Douala, the Urban Community plans to invest 367 million CFA francs in 2026 to develop a new waste transfer center in Bonaberi (4th district). Designed to optimize logistics and reduce transportation costs, the facility will be the city’s second, after the Youpwè center, inaugurated in 2024.
The project aligns with Douala’s broader waste strategy, as the municipality recently entrusted waste collection in Bonaberi to Genelcam. The center is also positioned as a pillar of circular economy, supporting recycling initiatives and improving service efficiency in a city generating nearly 2,700 tons of waste per day.
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Didier Cebas K.