Guerre commerciale : Carney refuse de plier face à Trump, mais laisse une porte ouverte

Guerre commerciale : Carney refuse de plier face à Trump, mais laisse une porte ouverte

Malgré les taxes américaines sur l'alcool, les produits laitiers et l'acier, le premier ministre canadien Mark Carney assure qu'un accord avec Washington est encore possible... à ses conditions.

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Canada-États-Unis : Carney maintient la porte ouverte à un accord, malgré l'escalade des taxes de Trump


Le ton reste ferme à Ottawa, mais la porte n'est pas fermée. Alors que Washington vient de frapper une nouvelle salve de produits canadiens, le premier ministre Mark Carney a choisi de ne pas claquer la porte du dialogue avec les États-Unis, tout en refusant de céder sur l'essentiel.


Carney : "un accord mutuellement bénéfique est possible"


Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, Mark Carney a reconnu que les négociations commerciales avec Washington avaient buté sur un mur. « Vous avez sans doute entendu dire que nos négociations commerciales avec les États-Unis avaient échoué », a-t-il admis, avant d'ajouter qu'un accord restait à portée de main, à condition qu'il « prévoie le respect de la souveraineté » et profite « aux familles de part et d'autre de la frontière ».


Le chef du gouvernement canadien a confirmé l'entrée en vigueur, depuis le 8 septembre, de droits de douane de rétorsion appliqués selon le principe « dollar pour dollar » face aux mesures américaines. Il a toutefois pris soin de nuancer son propos : « Je ne crois pas à l'escalade du conflit », a-t-il précisé, présentant ces mesures comme un outil de protection des travailleurs et des entreprises canadiennes, non comme une déclaration de guerre commerciale.


Pour amortir le choc sur son économie, Ottawa a annoncé une enveloppe initiale de 7,5 milliards de dollars destinée à soutenir les producteurs locaux. Carney a également affiché une ambition stratégique de long terme : diversifier les partenaires commerciaux du Canada en direction de l'Europe et de l'Asie, histoire de ne plus dépendre uniquement du voisin américain.


Washington frappe fort : alcools, produits laitiers, motos interdits d'importation


De son côté, l'administration de Donald Trump n'a pas attendu pour durcir le ton. Selon des documents publiés par la Maison-Blanche, plusieurs produits canadiens — alcools, produits laitiers, motos — seront purement et simplement interdits d'importation aux États-Unis à partir du 29 septembre, au nom de « mesures discriminatoires » que Washington reproche à Ottawa.


La liste des produits canadiens soumis à des droits de douane de 50 % s'élargit également à compter du 15 septembre, avec l'ajout de l'aluminium, de l'acier, des meubles et du papier — même si le ciment et le sel technique en ont été retirés au passage.


Donald Trump a par ailleurs ordonné aux agences fédérales d'exclure les produits canadiens des marchés publics américains, un secteur pesant environ 50 milliards de dollars par an. « Le Canada nous dépouille depuis des années », a-t-il lancé sur son réseau Truth Social, dénonçant l'absence de réciprocité pour les entreprises américaines sur les marchés publics canadiens. « Désormais, s'il n'y a pas de réciprocité, il n'y a pas d'accès ! », a-t-il martelé.


Une escalade qui remonte à plusieurs mois


Ce bras de fer ne date pas d'hier. Dès août, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, affirmait qu'Ottawa avait refusé un accord bilatéral jugé favorable par Washington. Depuis le 22 août, des droits de douane de 50 % frappent déjà certaines catégories de produits canadiens. Et l'horizon ne s'annonce pas plus clément : Trump a évoqué de nouveaux droits de douane de 50 % sur les automobiles, pièces détachées et l'acier canadiens, prévus pour le 1er janvier 2027.


Ce qu'il faut retenir


Entre fermeté assumée et main tendue, Mark Carney tente un exercice d'équilibriste : protéger l'économie canadienne sans fermer la porte à un apaisement avec le partenaire américain. Reste à savoir si Washington, engagé dans une logique de pression maximale, est prêt à revenir à la table des négociations.




Canada-US: Carney keeps the door open for a deal, despite Trump's tariff escalation


Ottawa's tone remains firm, but the door to dialogue isn't closed. As Washington unleashes a fresh wave of measures against Canadian goods, Prime Minister Mark Carney has chosen not to slam the door on trade talks with the United States, while refusing to back down on core principles.


Carney: "A mutually beneficial deal is possible"


In a video posted to his YouTube channel, Mark Carney acknowledged that trade negotiations with Washington had hit a wall. "You've probably heard that our trade negotiations with the United States broke down," he admitted, adding that a deal remained within reach — provided it respects sovereignty and benefits families on both sides of the border.


Carney confirmed that Canada's retaliatory "dollar-for-dollar" tariffs took effect on September 8. Still, he was careful to temper his message: "I don't believe in escalating the conflict," he said, framing the measures as a shield for Canadian workers and businesses rather than a declaration of trade war.


To cushion the blow, Ottawa unveiled an initial 7.5 billion dollar package to support domestic producers. Carney also signaled a longer-term strategic ambition: diversifying Canada's trade partners toward Europe and Asia to reduce reliance on its southern neighbor.


Washington strikes hard: alcohol, dairy, motorcycles banned


Meanwhile, the Trump administration wasted no time hardening its stance. According to documents released by the White House, several Canadian products — alcohol, dairy goods, motorcycles — will be banned outright from US imports starting September 29, over what Washington calls Canada's "discriminatory measures."


The list of Canadian products facing 50% tariffs is also expanding from September 15, now including aluminum, steel, furniture and paper — though cement and technical salt were removed.


Trump further ordered federal agencies to exclude Canadian products from public procurement contracts worth roughly 50 billion dollars a year. "Canada has been ripping us off for years," he wrote on Truth Social, denouncing the lack of reciprocity for American firms in Canadian public markets. "From now on, if there's no reciprocity, there's no access!" he declared.


An escalation months in the making


This standoff didn't start overnight. Back in August, US Trade Representative Jamieson Greer said Ottawa had rejected a bilateral deal Washington considered favorable. Since August 22, 50% tariffs have already applied to certain categories of Canadian goods. And the outlook isn't getting any brighter: Trump has floated new 50% tariffs on Canadian automobiles, auto parts and steel, set to take effect January 1, 2027.


Bottom line


Between firm resolve and an outstretched hand, Mark Carney is walking a tightrope — shielding Canada's economy while keeping the door open for détente with its American partner. Whether Washington, locked into a maximum-pressure strategy, is ready to return to the table remains to be seen.


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Ange NGO

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