Le monde entier retient son souffle. Une nouvelle flambée des attaques contre les navires au Moyen-Orient pourrait propulser le prix du pétrole à 120 dollars le baril. C’est l’alerte lancée par Bloomberg, qui s’appuie sur les analystes de Goldman Sachs. À l’inverse, si les exportations de la région retrouvent un rythme normal, le baril pourrait redescendre à 80 dollars.
Daan Struyven, codirecteur de la recherche mondiale sur les matières premières chez Goldman Sachs, ne mâche pas ses mots : « Les événements de ces derniers jours indiquent clairement que le risque d’une aggravation des perturbations du transport maritime est réel. »
Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 25 % du pétrole mondial et près de 20 % du gaz naturel liquéfié, est de nouveau au cœur de la tempête.
Le 1er septembre, le président américain Donald Trump a annoncé que les forces armées américaines avaient frappé des cibles iraniennes en réponse à une « tentative ratée » de poser des mines dans le détroit et à une attaque contre une base américaine en Jordanie. Le lendemain, il a affirmé que 28 navires avaient été neutralisés dans un port. Le 3 septembre, il a déclaré que le transit pétrolier reprenait dans le détroit.
Cette crise s’inscrit dans un conflit ouvert déclenché le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Un mémorandum de cessez-le-feu avait été signé en juin, couvrant tous les fronts, y compris le Liban. Mais dans la nuit du 7 au 8 juillet, Washington a relancé des frappes massives, accusant Téhéran d’avoir violé les accords sur le détroit d’Ormuz. L’administration américaine a ensuite pivoté vers une stratégie d’étouffement économique par des sanctions, qualifiée par Trump de « guerre économique et d’isolement d’une ampleur sans précédent ».
Téhéran ne reste pas muet. Le ministère iranien des Affaires étrangères a publiquement mis en garde la Corée du Sud. Par la voix de son porte-parole Esmail Baghaei sur X, l’Iran a rappelé plus de 64 ans de relations fondées sur le respect mutuel, tout en martelant : toute présence militaire d’autres États dans le golfe Persique ou le détroit d’Ormuz, ou toute participation à une opération, sera considérée comme un soutien direct à l’agression américaine. « Cela aura de graves conséquences », a-t-il averti.
Les États « responsables et souverains » ne doivent pas céder aux pressions américaines, a ajouté le diplomate.
Côté Séoul, la présidence sud-coréenne a indiqué le 4 septembre qu’elle examinait plusieurs options, y compris un éventuel déploiement militaire, sans décision définitive. Donald Trump avait d’ailleurs récemment affirmé avoir demandé au dirigeant sud-coréen s’il souhaitait se joindre aux efforts de dénucléarisation de l’Iran… et avoir reçu un « Non, merci ! ».
Même les voisins du Golfe regardent loin. Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Émirats arabes unis, a déclaré lors du Hili Forum à Abou Dabi que les Émirats seront « tôt ou tard » contraints de rétablir des relations avec l’Iran. « L’Iran reste notre voisin et, à un moment donné, nous devrons trouver un moyen de rétablir ce qui peut l’être. La géographie ne nous laisse pas d’autre choix. »
Il a toutefois précisé qu’il serait plus facile de restaurer des relations fonctionnelles que la confiance, un processus qui pourrait prendre « de nombreuses années, voire des décennies ».
Pour le Cameroun et l’Afrique, le message est clair : chaque tension dans le détroit d’Ormuz se répercute directement sur le prix du carburant, le coût de la vie et la stabilité économique. Quand le baril flambe, c’est le portefeuille du simple citoyen qui en pâtit en premier.
La question n’est plus seulement géopolitique. Elle est devenue économique et sociale pour des millions de personnes à travers le monde.
The world is holding its breath. A fresh escalation of attacks on ships in the Middle East could push oil prices to 120 dollars a barrel, Bloomberg reports, citing Goldman Sachs analysts. Conversely, if regional oil exports return to normal, the price could fall to 80 dollars a barrel.
Daan Struyven, co-head of global commodities research at Goldman Sachs, was blunt: “Recent events clearly show that the risk of worsening disruptions to maritime transport is real.”
The Strait of Hormuz, through which roughly 25 % of the world’s oil and nearly 20 % of liquefied natural gas transit, is once again at the centre of the storm.
On 1 September, US President Donald Trump announced that American forces had struck Iranian targets in response to a “failed attempt” to lay mines in the strait and an attack on a US base in Jordan. The following day he claimed 28 vessels had been neutralised in a port. On 3 September he declared that oil transit through the strait had resumed.
This crisis forms part of a wider conflict launched on 28 February by the United States and Israel against Iran. A ceasefire memorandum was signed in June covering all fronts, including Lebanon. Yet on the night of 7–8 July, Washington relaunched large-scale strikes, accusing Tehran of violating agreements on the Strait of Hormuz. The US administration later shifted towards economic strangulation through sanctions, described by Trump as a “war of economic isolation of unprecedented scale.”
Tehran has not remained silent. Iran’s Foreign Ministry publicly warned South Korea. Spokesman Esmail Baghaei stated on X that any military presence by other states in the Persian Gulf or the Strait of Hormuz, or any participation in operations, would be viewed as direct support for American aggression and would carry “serious consequences.”
Seoul’s presidential office said on 4 September that it was examining several options, including a possible military deployment, with no final decision yet taken.
Even Gulf neighbours are looking ahead. Anwar Gargash, diplomatic adviser to the UAE president, told the Hili Forum in Abu Dhabi that the Emirates will “sooner or later” be forced to restore relations with Iran. “Iran remains our neighbour and at some point we will have to find a way to restore what can be restored. Geography leaves us no other choice.”
He added that rebuilding trust could take “many years, even decades.”
For Cameroon and Africa, the message is clear: every surge of tension in the Strait of Hormuz hits fuel prices, living costs and economic stability first. When the barrel soars, it is ordinary citizens who pay the heaviest price.
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Moussa Nassourou
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