General Bank of Cameroon : un bilan solide mais en repli, un an après la sortie de Société Générale
Un an après le rachat de Société Générale Cameroun par l'État et son partenaire SanlamAllianz, la nouvelle General Bank of Cameroon (GBC) dévoile des chiffres qui donnent une première mesure de l'état de santé de l'établissement sous sa nouvelle bannière. Selon sa situation mensuelle publiable arrêtée au 31 juillet 2026, la banque affiche 741,9 milliards de FCFA de financements identifiables à la clientèle, pour 1 045,5 milliards de ressources collectées auprès de ses clients. Le total du bilan s'établit à 1 398,75 milliards de FCFA.
Ces financements se répartissent entre 482,60 milliards de FCFA de crédits à moyen terme, 131,71 milliards de crédits à court terme, 102,12 milliards de comptes débiteurs de la clientèle et 25,48 milliards de crédit-bail. Les créances rattachées, impossibles à isoler avec précision à la lecture du document, n'entrent pas dans ce calcul : les 741,9 milliards constituent donc un agrégat de lecture des principaux postes du bilan, et non un encours de crédits au sens prudentiel strict.
Fait notable, la publication conserve encore le nom et l'identité visuelle de Société Générale Cameroun, alors que la cession de la participation du groupe français à l'État camerounais s'est achevée le 12 mai 2026. Depuis cette date, l'établissement opère sous le nom General Bank of Cameroon, avec l'État comme actionnaire majoritaire aux côtés de SanlamAllianz — une transition qui s'accompagne, en coulisses, d'une refonte des systèmes informatiques et des dispositifs opérationnels.
829 milliards de FCFA logés sur les comptes à vue
Du côté du passif, la collecte de GBC reste très concentrée sur les dépôts à vue, qui totalisent 829,47 milliards de FCFA, soit 79,3 % des ressources clientèle retenues. Viennent ensuite les comptes d'épargne (168,57 milliards), les dépôts à terme (37,52 milliards) et les bons de caisse (9,96 milliards). Au total, les ressources clientèle pèsent 74,7 % du bilan, tandis que les dettes envers les banques et établissements financiers s'élèvent à 83,19 milliards de FCFA.
À l'actif, les financements identifiables à la clientèle représentent 53 % du bilan, le moyen terme en constituant l'essentiel avec 65 % du total. Les titres de placement et valeurs assimilées atteignent, eux, 397,74 milliards de FCFA, et les opérations interbancaires à vue 167,54 milliards — ensemble, ces deux postes pèsent 40,4 % du bilan.
Un bilan en repli de 11,9 % depuis fin 2024
La comparaison avec le rapport annuel 2024 de Société Générale Cameroun, qui faisait état d'un bilan de 1 587,99 milliards de FCFA, dessine une trajectoire de contraction. En juillet 2026, le bilan de GBC est inférieur de 189,24 milliards de FCFA (-11,9 %) à son niveau de fin 2024. Les ressources clientèle reculent plus vite encore, de 212,67 milliards (-16,9 %), tandis que les financements diminuent de 56,90 milliards (-7,1 %).
Paradoxalement, le ratio financements/ressources clientèle progresse, passant de 63,5 % à 71 %. Une hausse en trompe-l'œil : elle ne traduit pas un regain de l'activité de crédit, mais une contraction des dépôts plus rapide que celle des financements.
La structure interne des crédits évolue également : le moyen terme gagne 47,51 milliards de FCFA (+10,9 %), quand le court terme perd 87,60 milliards (-39,9 %). Les comptes débiteurs et le crédit-bail reculent respectivement de 7,12 et 9,69 milliards. Côté actif de marché, les titres de placement bondissent de 150,54 milliards (+60,9 %), tandis que les opérations interbancaires à vue chutent de 244,18 milliards (-59,3 %) — des mouvements dont la seule situation mensuelle ne permet pas d'expliquer les ressorts.
Le rapport 2024 rappelait par ailleurs que la collecte avait alors bénéficié de 79 milliards de FCFA de dépôts en devises d'entreprises, sans lesquels les dépôts auraient déjà reculé de 28 milliards. La publication de juillet 2026 ne détaillant pas les dépôts par catégorie de clients ni par devise, il n'est pas possible d'établir un lien direct entre le repli constaté et le changement d'actionnariat.
Devant SCB et UBA, mais un marché encore illisible dans le détail
À la même date, sur un périmètre comparable, SCB Cameroun affiche un bilan de 912,44 milliards de FCFA, 717,2 milliards de ressources clientèle et 489,3 milliards de financements (ratio de 68,2 %). UBA Cameroon présente un bilan de 780,19 milliards, 595,22 milliards de ressources clientèle et 237,32 milliards de financements, pour un ratio de 39,9 %.
GBC dépasse ainsi de 53,3 % le bilan de SCB et de 79,3 % celui d'UBA, avec des financements supérieurs de 252,62 milliards de FCFA à ceux de SCB, et plus de trois fois supérieurs à ceux d'UBA. Une comparaison à nuancer : elle se limite aux situations mensuelles disponibles au 31 juillet 2026 et ne dessine pas un classement complet du secteur bancaire camerounais.
Sur les titres de placement, en revanche, UBA et GBC affichent des montants presque identiques (398,70 milliards contre 397,74 milliards), mais avec un poids très différent dans leurs bilans respectifs : 51,1 % pour UBA, contre 28,4 % pour GBC.
Le capital social de General Bank of Cameroon ressort à 25 milliards de FCFA, contre 12,5 milliards à fin 2024 — un doublement qui porte la banque au nouveau plancher réglementaire fixé par le règlement COBAC R-2025/02 pour les établissements de la zone CEMAC.
Reste une zone d'ombre : la situation mensuelle ne livre ni compte de résultat, ni encours de créances en souffrance, ni provisions, ni coût du risque, ni ratios de solvabilité et de liquidité. De quoi limiter, pour l'heure, toute appréciation fine de la rentabilité réelle de la banque et de la qualité de son portefeuille de crédits.
Le Cameroun emprunte de plus en plus cher sur le marché des titres publics de la CEMAC
Second signal économique du mois : le coût de la dette publique à court terme continue de grimper au Cameroun. En juillet 2026, le taux d'intérêt moyen servi par les six trésors nationaux de la CEMAC aux souscripteurs de bons du Trésor assimilables (BTA) a légèrement reculé en glissement annuel, à 6,83 %, contre 6,99 % en juillet 2025, selon les données de la Cellule de règlement et de conservation des titres de la BEAC.
Mais trois pays se situent au-dessus de cette moyenne régionale : la Guinée équatoriale, en tête, avec un taux moyen de 7,87 % ; le Congo, à 7,24 % ; et le Cameroun, à 6,97 %. Yaoundé s'est donc endetté plus cher que Bangui (6,83 %), N'Djamena (6,91 %) et Libreville (6,48 %) sur cette catégorie de titres à moins d'un an, utilisés pour combler des besoins ponctuels de trésorerie.
Un renversement après une décennie de taux parmi les plus bas de la sous-région
Pendant plus de dix ans, le Cameroun a pourtant proposé certains des taux les plus avantageux du marché sous-régional des titres publics. Le directeur général du Trésor au ministère des Finances, Sylvester Moh, rappelait volontiers que le pays était le seul d'Afrique subsaharienne à emprunter à moins de 3 % sur les BTA et à moins de 7 % sur les obligations du Trésor assimilables (OTA) de longue maturité.
Ce temps semble révolu. La politique monétaire restrictive engagée par la BEAC dès fin 2021 pour juguler l'inflation, conjuguée aux taux élevés pratiqués par certains pays voisins, à la saturation des portefeuilles-titres des banques intermédiaires du marché et à la demande croissante de financement des États de la zone, a fait grimper le coût de l'emprunt public. Entre 2020 et 2024, le taux moyen des BTA camerounais a plus que doublé, passant de 2,67 % à 6,33 %, selon le ministère des Finances. En février 2025, le Cameroun devenait le pays le plus généreux du marché avec un taux moyen de 6,95 %, un record aussitôt battu en juillet 2026, à 6,97 %.
Assureurs, diaspora et Mobile Money : Yaoundé cherche de nouveaux financeurs
Face à cette hausse continue du coût de l'emprunt — devenu l'un des principaux leviers de financement de l'État camerounais depuis 2019 — les autorités explorent des pistes pour élargir la base des investisseurs. Le 13 février 2025 à Douala, en marge de la présentation du programme de financement 2025, Sylvester Moh appelait à mobiliser davantage les compagnies d'assurance, les petits épargnants et les populations non bancarisées.
Selon lui, les assureurs, « investisseurs institutionnels de premier plan » à la vision de long terme, restent encore sous-mobilisés sur la dette souveraine camerounaise, faute de produits financiers adaptés à leurs contraintes prudentielles. Les autorités misent également sur la digitalisation des souscriptions — un moyen d'associer la diaspora au financement des projets nationaux — et sur l'essor du Mobile Money et des offres fintech pour toucher les populations non bancarisées.
General Bank of Cameroon Posts Solid Loan Book, But Balance Sheet Keeps Shrinking a Year After Société Générale Exit
A year after the Cameroonian state and its partner SanlamAllianz took over Société Générale Cameroun, the newly renamed General Bank of Cameroon (GBC) has released figures offering a first real gauge of the institution's health under its new banner. According to its published monthly statement as of July 31, 2026, the bank reported 741.9 billion FCFA in identifiable financing to customers, against 1,045.5 billion FCFA in customer deposits. Total assets stood at 1,398.75 billion FCFA.
That financing figure breaks down into 482.60 billion FCFA in medium-term loans, 131.71 billion in short-term loans, 102.12 billion in customer overdraft accounts, and 25.48 billion in leasing. Related receivables, which cannot be precisely isolated from the published document, are excluded from this total — meaning the 741.9 billion figure is a reading of the balance sheet's main line items rather than a strict prudential loan-book measure.
Notably, the publication still carries Société Générale Cameroun's name and branding, even though the French group's stake sale to the Cameroonian state closed on May 12, 2026. Since then, the bank has operated as General Bank of Cameroon, majority-owned by the state alongside SanlamAllianz, in the middle of an ongoing overhaul of its IT systems and operations.
829 Billion FCFA Parked in Current Accounts
On the funding side, GBC's deposit base remains heavily concentrated in current accounts, which total 829.47 billion FCFA — 79.3% of the customer resources counted. Savings accounts add 168.57 billion, term deposits 37.52 billion, and cash certificates 9.96 billion. Overall, customer resources make up 74.7% of the balance sheet, while liabilities to banks and financial institutions stand at 83.19 billion FCFA.
On the asset side, identifiable customer financing accounts for 53% of the balance sheet, with medium-term loans making up 65% of that total. Investment securities and similar instruments reach 397.74 billion FCFA, and overnight interbank operations 167.54 billion — together, 40.4% of total assets.
Balance Sheet Down 11.9% Since Late 2024
Compared with Société Générale Cameroun's 2024 annual report, which put total assets at 1,587.99 billion FCFA, GBC's balance sheet has contracted by 189.24 billion FCFA (-11.9%) since the end of 2024. Customer resources have fallen even faster, down 212.67 billion (-16.9%), while financing dropped by a comparatively modest 56.90 billion (-7.1%).
The financing-to-deposits ratio has, paradoxically, risen from 63.5% to 71% — not because lending picked up, but because deposits shrank faster than loans.
The loan mix has also shifted: medium-term credit grew by 47.51 billion FCFA (+10.9%), while short-term credit fell by 87.60 billion (-39.9%). Overdraft accounts and leasing both declined. On the securities side, investment holdings jumped 60.9%, while overnight interbank operations plunged 59.3% — shifts the monthly statement alone cannot fully explain.
The 2024 annual report had noted that deposit growth that year benefited from 79 billion FCFA in corporate foreign-currency deposits, without which deposits would already have fallen by 28 billion. Because the July 2026 statement offers no breakdown by client category or currency, it is not possible to directly link the current decline to the change in ownership.
Ahead of SCB and UBA, But the Full Market Picture Remains Incomplete
As of the same date, SCB Cameroun reported total assets of 912.44 billion FCFA, 717.2 billion in customer resources and 489.3 billion in financing (a 68.2% ratio). UBA Cameroon posted 780.19 billion in total assets, 595.22 billion in customer resources and 237.32 billion in financing, for a 39.9% ratio.
GBC's balance sheet is 53.3% larger than SCB's and 79.3% larger than UBA's, with financing exceeding SCB's by 252.62 billion FCFA and more than tripling UBA's. That said, the comparison is limited to available monthly statements as of July 31, 2026, and doesn't amount to a full ranking of Cameroon's banking sector.
On investment securities, UBA and GBC are almost neck and neck (398.70 billion versus 397.74 billion), though the weighting differs sharply — 51.1% of UBA's balance sheet versus 28.4% of GBC's.
General Bank of Cameroon's share capital now stands at 25 billion FCFA, double the 12.5 billion recorded at the end of 2024 — bringing it in line with the new regulatory floor set by COBAC regulation R-2025/02 for banks operating in the CEMAC zone.
One gap remains: the monthly statement discloses no income statement, no non-performing loan figures, no provisions, no cost of risk, and no solvency or liquidity ratios — leaving the bank's actual profitability and loan-book quality largely out of view for now.
Cameroon's Borrowing Costs Keep Climbing on CEMAC's Public Securities Market
A second economic signal this month: the cost of short-term public debt keeps rising in Cameroon. In July 2026, the average interest rate paid by the six CEMAC national treasuries on Treasury bills (BTA) edged down year-on-year to 6.83%, from 6.99% in July 2025, according to data from BEAC's securities settlement and custody unit.
But three countries paid above that regional average: Equatorial Guinea led at 7.87%, followed by Congo at 7.24%, and Cameroon at 6.97%. Yaoundé borrowed more expensively than the Central African Republic (6.83%), Chad (6.91%) and Gabon (6.48%) on this category of short-maturity securities, typically used to cover short-term cash needs.
A Reversal After a Decade of Some of the Region's Lowest Rates
For more than ten years, Cameroon offered some of the most attractive rates on the sub-regional public securities market. Treasury Director-General Sylvester Moh often noted that Cameroon was the only country in sub-Saharan Africa still borrowing below 3% on BTAs and below 7% on longer-maturity Treasury bonds (OTA).
That era appears over. BEAC's tight monetary policy since late 2021 aimed at curbing inflation, combined with higher rates paid by some neighboring countries, saturated securities portfolios at intermediary banks, and rising financing demand from CEMAC governments, have driven up public borrowing costs. Between 2020 and 2024, Cameroon's average BTA rate more than doubled, from 2.67% to 6.33%, according to the Ministry of Finance. By February 2025, Cameroon had become the market's most generous borrower at 6.95% — a record broken again in July 2026, at 6.97%.
Insurers, the Diaspora and Mobile Money: Yaoundé Looks for New Lenders
Faced with rising borrowing costs — now one of the main channels financing the Cameroonian state since 2019 — authorities are exploring ways to widen the pool of investors. Speaking in Douala on February 13, 2025, at the presentation of the state's 2025 financing program, Sylvester Moh called for greater involvement from insurance companies, small savers and the unbanked population.
Insurers, he argued, are major institutional investors with a long-term outlook, yet remain under-engaged in Cameroon's sovereign debt due to a lack of financial products suited to their prudential constraints. Authorities are also betting on digitizing subscriptions — a way to bring the diaspora into project financing — and on the growth of Mobile Money and fintech offerings to reach unbanked populations.
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