Douanes : le Cameroun vise 106,7 milliards de FCFA de recettes en août, Douala reste le grand moteur
La Direction générale des douanes (DGD) veut frapper fort en août 2026. L’administration douanière s’est fixé un objectif de 106,7 milliards de FCFA de recettes, avec une contribution largement dominée par les ports de Douala et de Kribi. Dans le même temps, les chiffres de la BEAC révèlent une baisse sensible de l’intérêt des banques pour les bons du Trésor camerounais.
Le mois d’août s’annonce particulièrement décisif pour les finances publiques camerounaises. Selon la newsletter de la Direction générale des douanes (DGD), relevant du ministère des Finances, 106,7 milliards de FCFA de recettes douanières sont attendus au cours du mois.
Derrière cette enveloppe se dessine une nouvelle fois le poids stratégique des infrastructures portuaires dans les recettes de l’État. Douala et Kribi concentrent à elles seules l’essentiel des objectifs fixés par l’administration douanière, confirmant leur rôle central dans les échanges commerciaux du Cameroun avec l’extérieur.
Douala toujours largement en tête
La circonscription douanière du Littoral I, qui couvre notamment le port de Douala, doit générer 62,3 milliards de FCFA de recettes en août 2026.
À elle seule, cette enveloppe représente près de 60 % de l’objectif mensuel national fixé par la DGD. Une performance qui confirme le poids considérable du port autonome de Douala dans l’économie camerounaise.
Cette domination intervient alors même que le Cameroun dispose désormais d’une infrastructure portuaire en eau profonde à Kribi. Le complexe industrialo-portuaire du Sud, capable d’accueillir des navires de grande capacité grâce à son tirant d’eau important, poursuit son développement et renforce progressivement sa place dans la chaîne logistique nationale.
Pour autant, Douala demeure le principal pourvoyeur de recettes douanières, grâce notamment au volume et à la diversité des marchandises qui transitent par son port.
Kribi doit apporter 32,8 milliards de FCFA
La deuxième contribution majeure provient du secteur des douanes du Sud II, qui couvre notamment le port de Kribi.
La DGD en attend 32,8 milliards de FCFA en août.
À eux deux, Douala et Kribi doivent ainsi mobiliser 95,1 milliards de FCFA, soit l’écrasante majorité de l’objectif mensuel de 106,7 milliards de FCFA.
Cette concentration des recettes autour des deux principales portes maritimes du pays illustre l'importance des échanges internationaux dans le financement du budget de l’État.
Le Littoral II et le Sud-Ouest complètent le dispositif
Le secteur des douanes du Littoral II, compétent sur le reste de la région du Littoral en dehors de l’enceinte portuaire et de la zone de Youpwé, devrait générer 5,5 milliards de FCFA.
Dans le Sud-Ouest, l’objectif dépasse légèrement 3 milliards de FCFA.
Cette circonscription présente une particularité économique majeure puisqu’elle couvre des activités liées à de grandes agro-industries, notamment celles de la Cameroon Development Corporation (CDC), présentée comme le deuxième employeur du pays après l’administration publique.
Près d’un milliard de FCFA de recettes douanières est notamment attendu au terminal de Cap Limboh, où sont débarquées les importations de carburants destinées aux installations de la Société nationale de raffinage (Sonara).
Adamaoua et Nord-Ouest ferment la marche
Les contributions attendues des autres secteurs douaniers sont nettement plus modestes.
L’Adamaoua devrait générer 73,7 millions de FCFA, tandis que le Nord-Ouest affiche l’objectif le plus faible, avec seulement 29,4 millions de FCFA.
Cette forte disparité entre les circonscriptions reflète la concentration des flux commerciaux internationaux autour des grands corridors et des infrastructures portuaires du pays.
Autre signal à surveiller : les banques boudent davantage les BTA camerounais
Pendant que les Douanes cherchent à maximiser les recettes publiques, un autre indicateur attire l’attention sur le marché financier régional.
Selon les données de la BEAC, le taux de participation des Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) aux émissions de Bons du Trésor assimilables (BTA) du Cameroun est tombé à 18,98 % en juillet 2026.
Ce niveau est inférieur à la moyenne du marché de la Cemac, estimée à 20,1 % au cours de la même période.
Surtout, il s’agit du niveau de participation le plus faible enregistré pour un mois de juillet au Cameroun depuis au moins 2023.
Les chiffres compilés par la banque centrale montrent en effet une participation de 23,8 % en juillet 2023, puis de 26,3 % en juillet 2024 et 23,3 % en juillet 2025.
La tendance est donc clairement orientée à la baisse.
Le Cameroun moins attractif que plusieurs voisins
Avec un taux de 18,98 %, le Cameroun arrive au deuxième rang des pays de la Cemac enregistrant la plus faible participation des SVT aux émissions de BTA en juillet, juste devant le Gabon, dont le taux s'établit à 16,2 %.
La situation est d’autant plus notable que le Cameroun dispose du réseau de SVT agréés le plus important de la sous-région, avec 22 établissements.
À titre de comparaison, les BTA de la Guinée équatoriale ont affiché un taux de participation de 41,6 %, contre 25 % pour la République centrafricaine et 23,3 % pour le Congo.
Une question se pose dès lors : pourquoi les banques semblent-elles moins enclines à souscrire aux titres camerounais ?
Des taux plus rémunérateurs ailleurs
La BEAC ne fournit pas d’explication officielle à cette baisse de la participation des SVT aux émissions camerounaises.
Toutefois, l’écart de rémunération peut constituer un élément d’explication.
En juillet 2026, les BTA de la Guinée équatoriale et du Congo ont affiché des taux d’intérêt respectifs de 7,87 % et 7,24 %, contre 6,97 % pour le Cameroun.
Pour les banques, ces écarts peuvent peser dans l’arbitrage entre les différents titres souverains disponibles sur le marché régional.
Autrement dit, lorsque plusieurs États sollicitent simultanément l’épargne disponible auprès des établissements financiers, le rendement devient un facteur déterminant dans la décision d’investissement.
Un phénomène qui dépasse le seul Cameroun
La baisse de l’attractivité des titres camerounais ne doit cependant pas être analysée isolément.
Les données de la BEAC montrent que le taux moyen de participation des SVT sur l’ensemble du marché de la Cemac est également en recul.
Il est passé de 26,3 % en juillet 2023 à 24,8 % en juillet 2024, puis à 21,7 % en juillet 2025, avant de tomber à 20,1 % en juillet 2026.
La même tendance est observée sur les Obligations du Trésor assimilables (OTA).
Des experts attribuent notamment cette évolution à une forme de saturation des portefeuilles de titres des banques qui jouent le rôle d’intermédiaires sur le marché.
Les établissements financiers doivent donc arbitrer avec davantage de prudence leurs capacités d’investissement, alors que les États de la Cemac continuent de recourir au marché régional pour financer leurs besoins de trésorerie.
Deux fronts pour les finances publiques camerounaises
Les chiffres d’août 2026 mettent ainsi en lumière deux réalités différentes mais complémentaires pour le Cameroun.
D’un côté, la mobilisation des recettes douanières reste vigoureuse, avec un objectif de 106,7 milliards de FCFA en un seul mois et une dépendance toujours forte aux performances des ports de Douala et de Kribi.
De l’autre, le financement par le marché des titres publics devient plus concurrentiel, les banques pouvant comparer les rendements proposés par les différents États de la Cemac.
Pour le Cameroun, l’enjeu est donc double : maintenir la performance de ses administrations génératrices de recettes, tout en préservant l’attractivité de ses titres publics dans un marché régional où la concurrence pour les liquidités bancaires s’intensifie.
Avec 62,3 milliards de FCFA attendus à Douala et 32,8 milliards à Kribi, les ports restent au cœur de l’équation. Mais sur le marché financier, le Cameroun doit désormais composer avec des investisseurs bancaires plus sélectifs.
Cameroon Customs targets CFAF 106.7 billion in August as Douala remains the main revenue engine
Cameroon’s Customs administration is targeting CFAF 106.7 billion in revenue in August 2026, with the ports of Douala and Kribi expected to provide the bulk of collections. At the same time, BEAC data show that banks’ participation in Cameroon’s Treasury bill auctions has fallen to its lowest July level in at least four years.
Cameroon’s customs administration is aiming for another strong month in terms of revenue collection.
According to the newsletter of the Directorate General of Customs (DGD) under the Ministry of Finance, customs authorities have set an overall revenue target of CFAF 106.7 billion for August 2026.
The figures once again highlight the dominant role played by the country’s major ports, particularly Douala and Kribi, in generating customs revenue and supporting public finances.
Douala remains far ahead
The Littoral I customs sector, which covers the Port of Douala, is expected to generate CFAF 62.3 billion in August.
That represents close to 60% of the national monthly customs revenue target.
The figure confirms the continued importance of the Port of Douala in Cameroon’s international trade, despite the development of the deep-water port of Kribi in the South Region.
Kribi has strengthened Cameroon’s maritime infrastructure and is capable of handling large vessels thanks to its significant draft. However, Douala remains the country’s leading customs revenue generator, reflecting the scale and diversity of commercial flows passing through its port.
Kribi expected to contribute CFAF 32.8 billion
The Sud II customs sector, which includes the Port of Kribi, is expected to contribute CFAF 32.8 billion in August.
Together, Douala and Kribi are therefore expected to generate CFAF 95.1 billion, accounting for the overwhelming majority of the DGD’s CFAF 106.7 billion monthly target.
This concentration demonstrates the strategic importance of maritime trade to Cameroon’s public revenue collection.
Other customs sectors contribute smaller amounts
The Littoral II customs sector, which covers the rest of the Littoral Region outside the port area and Youpwé, is expected to collect CFAF 5.5 billion.
In the South-West Region, customs authorities are targeting slightly more than CFAF 3 billion.
The area includes major agro-industrial activities, notably those linked to the Cameroon Development Corporation (CDC), considered the country’s second-largest employer after the public administration.
Almost CFAF 1 billion of the South-West target is expected to come from the Cap Limboh terminal, where fuel imports destined for the storage facilities of the National Refining Company (Sonara) are unloaded.
Meanwhile, the Adamawa customs sector is expected to contribute CFAF 73.7 million, while the North-West has the smallest target at CFAF 29.4 million.
Cameroon Treasury bills are attracting less interest from banks
While customs authorities are seeking to increase public revenue, another indicator is raising questions on Cameroon’s financing conditions.
According to data from BEAC, the central bank of the six CEMAC countries, the participation rate of Specialists in Treasury Securities (SVTs) in Cameroon’s Treasury bill (BTA) auctions stood at only 18.98% in July 2026.
That figure was below the 20.1% average recorded across the CEMAC market.
More significantly, it was the lowest participation rate recorded for Cameroon in July since at least 2023.
BEAC data show that SVT participation reached 23.8% in July 2023, 26.3% in July 2024, and 23.3% in July 2025.
The downward trend is therefore becoming increasingly visible.
Cameroon faces stronger competition from neighbouring issuers
With a participation rate of 18.98%, Cameroon recorded the second-lowest SVT participation rate in the CEMAC region in July, ahead of only Gabon, which posted 16.2%.
The development is noteworthy because Cameroon has the region’s largest network of approved SVTs, with 22 institutions.
By comparison, Treasury bills issued by Equatorial Guinea recorded a participation rate of 41.6%, compared with 25% for the Central African Republic and 23.3% for Congo.
One possible explanation is the difference in yields offered by the various issuers.
Higher yields could be shifting bank preferences
BEAC has not officially explained the decline in SVT participation in Cameroon’s Treasury bill auctions.
However, differences in interest rates could partly explain the trend.
In July 2026, Equatorial Guinea and Congo offered Treasury bill yields of 7.87% and 7.24% respectively, compared with 6.97% for Cameroon.
For banks, such differences can influence investment decisions when several CEMAC governments are simultaneously seeking financing on the regional market.
The higher the return, all else being equal, the greater the incentive for banks to allocate liquidity to a particular sovereign issuer.
A broader CEMAC trend
The decline is not limited to Cameroon.
BEAC figures show that the average SVT participation rate across the CEMAC market has also been falling.
It stood at 26.3% in July 2023, dropped to 24.8% in July 2024, then to 21.7% in July 2025, before reaching 20.1% in July 2026.
A similar trend has been observed in Treasury bonds (OTA).
Experts have partly linked the broader decline to a possible saturation of banks’ securities portfolios, limiting their capacity or willingness to absorb additional government debt.
Cameroon faces a dual challenge
The August figures therefore reveal two important developments for Cameroon’s public finances.
On one hand, customs revenue remains a major source of government resources, with CFAF 106.7 billion targeted in a single month and Douala and Kribi accounting for the vast majority of the expected collections.
On the other hand, raising financing through the regional securities market is becoming more competitive, as banks compare yields and risk across CEMAC sovereign issuers.
For Cameroon, the challenge is therefore twofold: maintain strong revenue collection while preserving the attractiveness of its Treasury securities in an increasingly competitive regional market.
Douala remains the backbone of customs revenue, Kribi is strengthening its position, but on the financial market, Cameroon is facing increasingly selective bank investors.
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