Colombie : Il prête serment sur les ruines et promet de bombarder la drogue

Colombie : Il prête serment sur les ruines et promet de bombarder la drogue

Séisme de 7,4 et investiture choc en Colombie. Le nouveau président promet la guerre totale contre les cartels. Découvrez notre analyse percutante.

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Colombie : Le séisme de la discorde frappe alors qu'Abelardo de la Espriella prête serment à Cali


Alors que la terre tremblait et que les corps des victimes n'étaient pas encore tous extraits des décombres, un nouvel homme fort a pris les rênes de la Colombie. Dans une cérémonie d’investiture aux allures de pari risqué, l’homme d’affaires Abelardo de la Espriella a juré de sauver le pays des "forces de gauche" et des cartels, promettant une cure de jouvence économique aussi brutale que le séisme qui a secoué l'ouest du pays.


La Colombie vit une journée noire. Alors que les sirènes hurlent encore dans les rues de Pereira et que le bilan humain du tremblement de terre de magnitude 7,4 s'alourdit tragiquement (24 morts), un vent de changement politique souffle sur la nation. Ce n’est pas à Bogota, mais dans la ville de Cali, elle-même meurtrie par les secousses, qu’Abelardo de la Espriella a été intronisé président de la République.


L'Investiture sous le signe des tensions


L’image est puissante : entouré des présidents argentins Javier Milei, chilien José Antonio Kast et équatorien Daniel Noboa, le nouveau chef de l'État a prêté serment devant les caméras de Caracol. "Je jure devant Dieu et promets au peuple de respecter fidèlement la Constitution et les lois", a-t-il déclaré, promettant de respecter la Constitution sous le regard des parlementaires réunis pour l'occasion. Une promesse qui va vite être mise à l'épreuve.


Élu de justesse le 21 juin dernier avec 49,6% des voix, face à Iván Cepeda du Pacte historique (48,7%), de la Espriella incarne la rupture brutale avec le gouvernement sortant de Gustavo Petro. Il arrive en fanfare avec une trique : fin de la "tolérance" envers les groupes armés. Le nouveau président a été clair : pas de négociation avec les cartels et les insurgés. Sa priorité est la lutte contre le narcotrafic, quitte à s'allier militairement avec les États-Unis pour bombarder les laboratoires de drogue.


La terre tremble, le président promet de tout changer


Sur le plan économique, le président sort le grand jeu de la dérégulation : baisse massive des dépenses publiques, réduction de la pression fiscale et ouverture en grand des vannes de l'extraction des énergies fossiles. Une politique qui ravira les investisseurs mais qui fait grincer des dents dans un pays frappé par une catastrophe naturelle. Comment financer la reconstruction des villes dévastées par le séisme si l’État se serre la ceinture ?


En politique étrangère, le virage est tout aussi radical. Il promet de renouer avec Israël, rompant avec la position pro-palestinienne de Petro, et annonce la fermeture des ambassades à Cuba et au Nicaragua. Un retour au camp conservateur américain assumé.


"Monsieur le Président, la terre vous parle"


C’est dans ce contexte que le service géologique colombien a publié ses données : une réplique de magnitude 4,8 a été ressentie, rappelant la nature instable de cette terre de feu. L'activité sismique, aussi soudaine que la victoire de de la Espriella, est qualifiée de "dynamique tectonique naturelle". Mais pour beaucoup, elle sonne comme un signe. Pendant que Dilian Francisca, gouverneure du département de la Valle del Cauca, pleure ses enfants, trois, tués par l'effondrement d'un mur à Calima El Darien, le nouveau président promet la manière forte.


Alors que la Colombie cherche à panser ses plaies, le pari d’Abelardo de la Espriella est aussi risqué que la géologie de son pays. Il promet de mater la terre et les cartels. "Je suis ici pour empêcher la destruction du pays", a-t-il martelé. Pourtant, les décombres des villes, la poussière soulevée par le séisme à 103 km de profondeur et la peur des Colombiens pourraient bien lui rappeler que les promesses de campagne ne résistent pas toujours aux chocs de la réalité.




Colombia: The Earthquake of Discord Strikes as Abelardo de la Espriella Takes Oath in Cali


As the earth shook and the bodies of victims were still being pulled from the rubble, Colombia got a new strongman. In an inauguration ceremony that feels like a high-stakes gamble, businessman Abelardo de la Espriella swore to save the country from the "forces of the left" and the cartels, promising an economic shock therapy as brutal as the earthquake that struck the west of the country.


Colombia is living through a dark day. As sirens still wail in the streets of Pereira and the human toll of the 7.4 magnitude earthquake tragically rises (24 dead), a wind of political change is blowing through the nation. It was not in Bogota, but in the city of Cali itself bruised by the tremors, that Abelardo de la Espriella was sworn in as President of the Republic.


The Inauguration Under the Sign of Tensions


The image is powerful: surrounded by Argentine President Javier Milei, Chilean President José Antonio Kast, and Ecuadorian President Daniel Noboa, the new head of state took the oath in front of Caracol's cameras. "I swear before God and promise the people to faithfully respect the Constitution and the laws," he declared, promising to abide by the Constitution under the watchful eyes of assembled parliamentarians. A promise that will quickly be put to the test.


Elected by a hair's breadth last June 21st with 49.6% of the vote against Iván Cepeda from the Historical Pact (48.7%), de la Espriella embodies a brutal break with the outgoing government of Gustavo Petro. He arrives with a big stick: an end to "tolerance" towards armed groups. The new president was clear: no negotiation with the cartels and insurgents. His priority is the fight against drug trafficking, even if it means allying militarily with the United States to bomb drug labs.


The Earth Trembles, the President Promises to Change Everything


On the economic front, the president is going all out on deregulation: massive reduction in public spending, lower corporate taxes, and opening the floodgates to fossil fuel extraction. A policy that will please investors but is raising eyebrows in a country struck by a natural disaster. How will the government finance the reconstruction of devastated cities if the state tightens its belt?


In foreign policy, the shift is just as radical. He promises to re-establish ties with Israel, breaking with Petro's pro-Palestinian stance, and announces the closure of embassies in Cuba and Nicaragua. A return to an openly conservative, pro-American camp.


"Mr. President, the Earth is Talking to You"


It is in this context that the Colombian Geological Service published its data: an aftershock of magnitude 4.8 was felt, reminding everyone of the volatile nature of this land of fire. The seismic activity, as sudden as de la Espriella's victory, is described as "natural tectonic dynamics." But for many, it sounds like a sign. While Dilian Francisca, governor of the department of Valle del Cauca, mourns her children, three, killed by a collapsing wall in Calima El Darien, the new president promises a heavy hand.


As Colombia tries to heal its wounds, Abelardo de la Espriella's gamble is as risky as the country's geology. He promises to tame the earth and the cartels. "I am here to prevent the destruction of the country," he insisted. Yet, the rubble of cities, the dust raised by the earthquake 103 km deep, and the fear of Colombians might well remind him that campaign promises do not always withstand the shocks of reality.


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Silognhia Edwige

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