Ghana : fini le dollar ! Les importateurs paieront en yuans — et le pays lance son agence spatiale

Ghana : fini le dollar ! Les importateurs paieront en yuans — et le pays lance son agence spatiale

Le Ghana dit adieu au dollar pour ses importations chinoises : paiement en yuans via Stanbic Bank. Et Accra lance son agence spatiale nationale. Une double révolution économique et technologique à découvrir.

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Ghana : Rupture historique avec le dollar — les importateurs paieront désormais en yuans, et une agence spatiale nationale voit le jour


Alors que le cedi vacille et que le dollar dicte sa loi, Accra frappe un grand coup. Paiements en yuans via Stanbic Bank, agence spatiale approuvée par le Conseil des ministres : le Ghana veut reprendre le contrôle de son destin économique et technologique.


Une petite révolution monétaire signée Stanbic Bank


C'est une annonce qui pourrait faire trembler les chancelleries économiques de la sous-région. Les entrepreneurs ghanéens qui importent des marchandises de Chine peuvent désormais régler leurs achats directement en yuans, sans passer par la case dollar. Le mécanisme, mis en place par Stanbic Bank, la plus grande banque d'Afrique, permet à l'acheteur de payer en cedis tandis que le fournisseur chinois reçoit des yuans.


Fini donc le ballet épuisant des conversions successives : cedi → dollar → yuan. Un casse-tête qui grignotait les marges des opérateurs et exposait les entreprises ghanéennes à la volatilité du billet vert.


« Stanbic Bank lance un programme qui permet à nos exportateurs et importateurs de se passer du dollar pour régler leurs importations, a déclaré le gouverneur de la Banque du Ghana, Johnson Asiamah, cité par le quotidien Pulse. Ils peuvent désormais payer en cedis ghanéens. Si vous souhaitez acheter quelque chose en Chine, rendez-vous à Stanbic Bank avec vos cedis et vous pourrez le faire. »


Une déclaration qui sonne comme une bouffée d'oxygène pour des milliers de commerçants ghanéens, étranglés par la rareté des devises étrangères et la flambée du dollar sur le marché parallèle. Selon le gouverneur, cette initiative s'inscrit dans les efforts visant à soutenir les échanges commerciaux entre le Ghana et la Chine et à offrir aux entreprises une alternative crédible au règlement en dollars.


Le signal est fort : Accra assume de plus en plus une stratégie de dédollarisation partielle de ses échanges, dans un contexte où la Chine demeure l'un de ses principaux partenaires commerciaux. Une manière aussi de réduire la pression sur les réserves de change et de stabiliser le cedi, qui a connu des épisodes de dépréciation violente ces dernières années.


Le Ghana se lance dans la conquête spatiale


Pendant que les regards se tournent vers les marchés financiers, une autre révolution se prépare, plus silencieuse mais tout aussi stratégique. Le Ghana met en place une agence spatiale nationale. C'est le journal Ghanaian Times qui rapporte l'information, citant la ministre de l'Environnement, de la Science et de la Technologie, Zanetor Agyeman-Rawlings.


Selon la ministre, le Conseil des ministres a déjà approuvé la création de l'Agence spatiale ghanéenne, lançant ainsi l'élaboration du projet de loi correspondant. L'objectif : transformer l'actuel Institut ghanéen de science et de technologie spatiales (GSSTI) en une agence publique à part entière.


Le nouvel organisme aura la lourde tâche de coordonner les programmes spatiaux nationaux, de développer la recherche et l'innovation, d'attirer des entreprises privées, de favoriser la coopération internationale et de mettre en place les infrastructures spatiales nécessaires. Pour la ministre, il s'agit de faire passer le Ghana « de la planification à la mise en œuvre concrète ».


Le directeur de l'Institut de science et de technologie spatiales, Joseph Bremang Tandoh, avait déjà tiré la sonnette d'alarme : le Ghana ne dispose pas encore de ses propres satellites et doit faire appel à des opérateurs étrangers pour obtenir des images satellitaires. Une dépendance coûteuse et stratégiquement risquée. La création d'une infrastructure satellitaire nationale permettrait, selon lui, d'utiliser les technologies spatiales pour la surveillance des frontières, l'agriculture, la prévision des inondations et le suivi de l'environnement.


La politique spatiale nationale du Ghana avait été approuvée par le Conseil des ministres en mars 2022 et officiellement présentée en novembre 2024. Elle prévoit la création d'une agence spatiale nationale ainsi que le développement d'infrastructures spatiales propres au pays.


Ce qu'il faut retenir



  • Paiement en yuans : les importateurs ghanéens peuvent régler leurs fournisseurs chinois en cedis, le fournisseur recevant des yuans, via Stanbic Bank.

  • Fin de la conversion en dollars : plus besoin de passer par le billet vert pour les transactions avec la Chine.

  • Agence spatiale nationale : le Conseil des ministres approuve sa création, le projet de loi est en cours d'élaboration.

  • Objectifs : surveillance des frontières, agriculture, prévision des inondations, suivi environnemental.

  • Contexte : une politique spatiale nationale adoptée en 2022 et présentée en 2024.




Ghana Breaks Free from the Dollar: Importers to Pay in Yuan as National Space Agency Takes Shape


As the cedi wobbles and the dollar calls the shots, Accra is making a bold move. Yuan payments via Stanbic Bank, a space agency approved by Cabinet: Ghana wants to take back control of its economic and technological destiny.


A Quiet Monetary Revolution Signed Stanbic Bank


It is an announcement that could send shockwaves through the economic corridors of the sub-region. Ghanaian entrepreneurs importing goods from China can now settle their purchases directly in yuan, without going through the dollar. The mechanism, set up by Stanbic Bank, Africa's largest bank, allows the buyer to pay in cedis while the Chinese supplier receives yuan.


Gone is the exhausting ballet of successive conversions: cedi → dollar → yuan. A headache that ate into operators' margins and exposed Ghanaian businesses to the volatility of the greenback.


"Stanbic Bank is launching a programme that allows our exporters and importers to bypass the dollar to settle their imports," declared the Governor of the Bank of Ghana, Johnson Asiamah, quoted by the daily Pulse. "They can now pay in Ghanaian cedis. If you want to buy something in China, go to Stanbic Bank with your cedis and you can do it."


A statement that sounds like a breath of fresh air for thousands of Ghanaian traders, strangled by the scarcity of foreign currency and the surge of the dollar on the parallel market. According to the Governor, this initiative is part of efforts to support trade between Ghana and China and to offer businesses a credible alternative to dollar settlement.


The signal is strong: Accra is increasingly embracing a strategy of partial de-dollarisation of its trade, in a context where China remains one of its main trading partners. It is also a way to reduce pressure on foreign exchange reserves and stabilise the cedi, which has experienced episodes of violent depreciation in recent years.


Ghana Embarks on Space Conquest


While eyes turn to financial markets, another revolution is brewing, quieter but just as strategic. Ghana is setting up a national space agency. The Ghanaian Times reports the information, citing the Minister of Environment, Science and Technology, Zanetor Agyeman-Rawlings.


According to the Minister, Cabinet has already approved the creation of the Ghana Space Agency, thus launching the drafting of the corresponding bill. The goal: to transform the current Ghana Space Science and Technology Institute (GSSTI) into a fully-fledged public agency.


The new body will be tasked with coordinating national space programmes, developing research and innovation, attracting private companies, fostering international cooperation and setting up the necessary space infrastructure. For the Minister, it is about moving Ghana "from planning to concrete implementation."


The Director of the Space Science and Technology Institute, Joseph Bremang Tandoh, had already raised the alarm: Ghana does not yet have its own satellites and must rely on foreign operators to obtain satellite imagery. A costly and strategically risky dependency. According to him, creating a national satellite infrastructure would make it possible to use space technologies for border surveillance, agriculture, flood forecasting and environmental monitoring.


Ghana's national space policy was approved by Cabinet in March 2022 and officially presented in November 2024. It provides for the creation of a national space agency as well as the development of the country's own space infrastructure.


Key Takeaways



  • Yuan payments: Ghanaian importers can settle their Chinese suppliers in cedis, with the supplier receiving yuan, via Stanbic Bank.

  • End of dollar conversion: no more need to go through the greenback for transactions with China.

  • National space agency: Cabinet approves its creation, the bill is being drafted.

  • Objectives: border surveillance, agriculture, flood forecasting, environmental monitoring.

  • Context: a national space policy adopted in 2022 and presented in 2024.


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Moussa Nassourou

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