Pékin fulmine contre Paris et Berlin : le mur commercial franco-allemand finira par se retourner contre l'Europe

Pékin fulmine contre Paris et Berlin : le mur commercial franco-allemand finira par se retourner contre l'Europe

La Chine a adressé un avertissement cinglant à la France et à l'Allemagne après leur proposition conjointe de renforcer les outils de défense commerciale de l'Union européenne. Pékin prévient que le protectionnisme ne renforce pas la compétitivité et que « la rupture des chaînes d'approvisionnement ne nuira pas qu'aux autres ». Cette mise en garde intervient à la veille de la visite à Pékin du commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre la Chine et l'Europe.

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Un avertissement sans détour


Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont adressé une lettre conjointe à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Ils y proposent de doter Bruxelles du pouvoir de restreindre rapidement l'accès des pays tiers au marché intérieur de l'UE en cas de pratiques commerciales jugées déloyales. Si la Chine n'est pas nommée explicitement, la cible est évidente dans les couloirs de Bruxelles.


Le ministère chinois du Commerce a réagi avec une fermeté rare. « Nous espérons que la France et l'Allemagne, en tant qu'économies majeures, s'en tiendront aux principes de coopération ouverte et de libre-échange, respecteront les règles de l'OMC et ne pousseront pas l'UE à recourir fréquemment aux instruments protectionnistes », indique le communiqué publié sur le site du ministère.


Pékin rappelle sa position constante : « L'interdépendance des économies n'est pas un risque, l'entrelacement des intérêts n'est pas une menace, et la coopération ouverte est la bonne voie pour le développement. »


Le message est limpide : « Le protectionnisme ne renforce pas la compétitivité et la rupture des liens et des chaînes d'approvisionnement nuira autant aux autres qu'à eux-mêmes. » Autrement dit, la France et l'Allemagne sont prévenues : en érigeant des barrières, elles finiront par s'y cogner.


Le projet d'une « forteresse européenne »


Selon une copie de la lettre obtenue par l'AFP, Merz et Macron veulent un mécanisme de riposte « crédible et rapide ». Concrètement, la Commission européenne pourrait agir sans attendre l'approbation des 27 États membres : une majorité pondérée suffirait pour bloquer une action. En théorie, l'UE pourrait donc exclure « immédiatement » les biens et services d'un pays du marché unique.


Cette initiative s'inscrit dans un contexte de guerre commerciale larvée. Bruxelles a déjà taxé les véhicules électriques chinois, et Pékin a lancé des enquêtes antidumping visant le cognac, le porc et d'autres produits européens. La démarche franco-allemande est perçue comme le dernier signal en date d'un durcissement de l'Europe face à la Chine.


Mais pour Pékin, la voie est erronée. Le « découplage » ne résoudra pas les problèmes de compétitivité de l'Europe ; il déstabilisera les chaînes d'approvisionnement mondiales et finira par pénaliser les entreprises et les consommateurs européens.


Un timing très sensible


L'avertissement chinois tombe à un moment délicat. Le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, doit se rendre à Pékin jeudi et vendredi pour tenter de « rééquilibrer » les relations commerciales entre l'UE et la Chine. La proposition franco-allemande, dévoilée juste avant son départ, ajoute une couche de tension à des négociations déjà fragiles.


Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a renchéri : les chaînes industrielles et d'approvisionnement entre la Chine et l'UE sont « profondément imbriquées et interdépendantes », et la relation économique bilatérale est « par nature mutuellement bénéfique ». Il a appelé Bruxelles à « aller dans la même direction que Pékin et à résoudre les préoccupations de chacun par le dialogue et la consultation ».


Le signal est clair : Pékin est prêt à discuter, mais pas sous la menace ni la pression. Si la proposition franco-allemande est perçue comme un levier de négociation, elle risque de produire l'effet inverse.


Le protectionnisme ne fait aucun gagnant


Vu de plus haut, la démarche franco-allemande traduit l'anxiété d'une Europe en panne de croissance et sous pression industrielle. Mais l'histoire le répète : le protectionnisme n'a jamais été un remède à la perte de compétitivité.


La logique du « boomerang » décrite par Pékin mérite réflexion. Si l'UE multiplie les restrictions commerciales au nom de la « sécurité », elle s'attirera des représailles de ses partenaires et érodera sa propre crédibilité de marché ouvert et de défenseur du système commercial multilatéral. Pour une économie qui dépend fortement de ses exportations et des chaînes de valeur mondiales, le coût des murs est bien plus élevé qu'on ne l'imagine.


L'essence de la relation économique sino-européenne, c'est la complémentarité et le bénéfice mutuel. Politisation et sécurisation à outrance ne mèneront qu'à une impasse : perdant-perdant. La France et l'Allemagne, moteurs de l'UE, feraient mieux de promouvoir le dialogue plutôt que la confrontation, et de défendre le multilatéralisme plutôt que de le saborder.




Beijing Blasts Paris and Berlin: Franco-German Trade Wall Will Backfire on Europe


China has issued a stinging warning to France and Germany after their joint proposal to strengthen the European Union's trade defense tools. Beijing cautions that protectionism does not boost competitiveness and that "breaking supply chains will harm others as much as oneself." The warning comes on the eve of EU Trade Commissioner Maros Sefcovic's visit to Beijing, amid escalating China-EU trade tensions.


A Blunt Warning


German Chancellor Friedrich Merz and French President Emmanuel Macron have sent a joint letter to European Commission President Ursula von der Leyen. In it, they propose giving Brussels the power to rapidly restrict third-country access to the EU's internal market in cases of alleged unfair trade practices. While China is not named explicitly, the target is unmistakable in Brussels corridors.


China's Ministry of Commerce responded with unusual bluntness. "We hope that France and Germany, as major economies, will adhere to the principles of open cooperation and free trade, respect WTO rules, and will not push the EU to frequently resort to protectionist instruments," the statement published on the ministry's website reads.


Beijing reiterated its long-standing position: "The interdependence of economies is not a risk, the intertwining of interests is not a threat, and open cooperation is the right path to development."


The message is crystal clear: "Protectionism does not strengthen competitiveness, and breaking links and supply chains will harm others as much as themselves." In other words, France and Germany are being warned: by building walls, they will eventually crash into them.


The "Fortress Europe" Plan


According to a copy of the letter obtained by AFP, Merz and Macron want a "credible and rapid" countermeasure mechanism. In practice, the European Commission could act without waiting for approval from all 27 member states: a weighted majority would suffice to block an action. In theory, the EU could therefore "immediately" exclude a country's goods and services from the single market.


The initiative comes amid simmering trade tensions. Brussels has already taxed Chinese electric vehicles, and Beijing has launched anti-dumping probes into cognac, pork, and other European products. The Franco-German move is seen as the latest signal of Europe hardening its stance toward China.


But for Beijing, the path is wrong. "Decoupling" will not solve Europe's competitiveness problems; it will destabilize global supply chains and ultimately hurt European businesses and consumers.


Highly Sensitive Timing


The Chinese warning lands at a delicate moment. EU Trade Commissioner Maros Sefcovic is due in Beijing on Thursday and Friday to try to "rebalance" EU-China trade relations. The Franco-German proposal, unveiled just before his departure, adds a layer of tension to already fragile negotiations.


Chinese Foreign Ministry spokesperson Guo Jiakun echoed the sentiment: China-EU industrial and supply chains are "deeply intertwined and interdependent," and the bilateral economic relationship is "mutually beneficial by nature." He urged Brussels to "move in the same direction as Beijing and address each other's concerns through dialogue and consultation."


The signal is clear: Beijing is ready to talk, but not under threat or pressure. If the Franco-German proposal is perceived as a bargaining chip, it may backfire.


Protectionism Has No Winners


From a broader perspective, the Franco-German move reflects the anxiety of a Europe short on growth and under industrial pressure. But history repeats itself: protectionism has never been a remedy for lost competitiveness.


The "boomerang" logic outlined by Beijing deserves reflection. If the EU multiplies trade restrictions in the name of "security," it will invite retaliation from partners and erode its own credibility as an open market and defender of the multilateral trading system. For an economy heavily dependent on exports and global value chains, the cost of walls is far higher than imagined.


The essence of the China-EU economic relationship is complementarity and mutual benefit. Over-politicization and over-securitization will only lead to a dead end: lose-lose. France and Germany, as the EU's engines, would do better to promote dialogue over confrontation and defend multilateralism rather than undermine it.


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Didier Cebas K.

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