Ceuta au bord de l’explosion : le gouvernement local réclame un centre d’urgence pour 8 000 à 11 000 migrants encore présents, l’armée en alerte maximale et Rabat exige le retour des mineurs

Ceuta au bord de l’explosion : le gouvernement local réclame un centre d’urgence pour 8 000 à 11 000 migrants encore présents, l’armée en alerte maximale et Rabat exige le retour des mineurs

Crise migratoire à Ceuta : entre 8 000 et 11 000 sans-papiers toujours sur place, congés militaires annulés, manifestation de milliers d’habitants et pression de Rabat pour rapatrier les mineurs. Découvrez les dernières mesures et les dégâts économiques estimés à 18 millions d’euros.

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Ceuta : l’enclave espagnole sous tension, Vivas sonne l’alarme et Rabat exige ses enfants


La ville autonome de Ceuta, cette enclave espagnole coincée sur la côte africaine, n’en finit pas de vivre au rythme des vagues migratoires. Dix jours après l’afflux massif de fin juillet, la situation reste explosive. Le chef du gouvernement local, Juan Jesús Vivas, a cassé le silence et lancé un appel clair aux autorités nationales : créez d’urgence un centre d’accueil provisoire pour les migrants encore présents. C’est ce qu’a rapporté La Vanguardia.


Selon Vivas, entre 8 000 et 11 000 personnes sans papiers se trouveraient encore dans la ville. Il exige un espace digne pour les héberger le temps de leur expulsion, afin de répondre à leurs besoins de base et d’éviter qu’ils ne continuent à squatter les rues et les plages. « On ne peut plus laisser ces gens dehors », a-t-il résumé en substance.


Les chiffres donnent le vertige. L’agence EFE, citant le ministre espagnol de la Politique territoriale Ángel Víctor Torres, a indiqué qu’environ 80 000 migrants avaient pénétré à Ceuta fin juillet. Les autorités avaient d’abord parlé de 72 000 entrées, dont près de 70 000 sont déjà retournées au Maroc. Mais le reliquat pèse lourd.


La radio Cadena SER a révélé que le ministère de la Défense a purement et simplement annulé tous les congés des militaires stationnés à Ceuta, sauf cas dûment justifiés. Le Commandement général a ordonné à tout le personnel d’être prêt, sans exception, pour bloquer toute nouvelle tentative de franchissement. La situation n’est toujours pas normalisée. Des centaines de migrants campent encore sur les plages. Entre 1 300 et 4 000 mineurs non accompagnés pourraient toujours se trouver sur place. Six mineures ont même dénoncé des agressions sexuelles, selon des sources de la radio.


Sur le terrain, les forces de l’ordre ont été renforcées. Des centaines de policiers et près de 2 000 militaires sont mobilisés. Une barrière maritime spéciale a été installée. Les réseaux sociaux parlent d’une possible nouvelle tentative autour du 15 août. Les autorités répondent : « Nous serons prêts. » 160 gardes civils supplémentaires et un dispositif de drones sont déjà en place.


Côté marocain, le ton monte. Le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi a déclaré que Rabat réclamera le retour de « ses enfants » par toutes les voies, juridiques et politiques. « Les autorités espagnoles sont responsables du sort de ces mineurs, de leur séparation d’avec leurs familles », a-t-il affirmé, cité par Hespress. Le Maroc considère ces adolescents comme des victimes, pas des délinquants, et mène des consultations avec Madrid pour vérifier les identités et organiser les retours, tout en luttant contre les réseaux de traite.


Ouahbi a aussi rappelé que la crise ne peut reposer uniquement sur le Maroc et l’Espagne. L’Union européenne doit prendre sa part. Il a mis en garde contre toute spéculation qui pourrait empoisonner les relations entre Rabat et Madrid.


Sur le plan économique, le coup est rude. La chambre de commerce locale, citée par EFE, estime les dégâts à près de 18 millions d’euros pour les entrepreneurs. Le montant pourrait grimper à 27,7 millions d’euros d’ici fin août si rien ne change. Son président, Karim Boulaix, a réclamé des mesures « fermes et rapides ».


La colère des habitants a explosé le 9 août. Des milliers de personnes (5 000 selon la police, jusqu’à 10 000 selon les organisateurs) ont manifesté sous le slogan « Ça suffit. Ceuta ne capitule pas ». Juan Jesús Vivas lui-même a rejoint le cortège. Des slogans appelaient à la démission de Pedro Sánchez. Le manifeste lu sur place était clair : Ceuta ne peut pas porter seule un fardeau qui dépasse ses capacités et touche toute l’Espagne et l’Europe.


Pendant ce temps, l’Espagne a rétabli des contrôles aux aéroports de Madrid et Barcelone pour les voyageurs en provenance d’Italie, après la suspension temporaire de Schengen par Rome. Une décision que Madrid avait jugée infondée.


Ceuta reste sur le qui-vive. L’armée est en alerte, les plages ne sont pas encore vides, les mineurs inquiètent, l’économie souffre et les habitants crient leur ras-le-bol. La question n’est plus seulement migratoire : elle est devenue politique, sociale et diplomatique. Et personne, pour l’instant, n’a trouvé la porte de sortie définitive.




Ceuta on the Brink: Local Leader Demands Emergency Shelter for 8,000–11,000 Remaining Migrants as Army Cancels Leave and Rabat Demands Return of Minors


The Spanish autonomous city of Ceuta, perched on Africa’s Mediterranean coast, continues to reel from the massive migrant influx of late July. Ten days later, the situation remains tense. Juan Jesús Vivas, head of the local government, has called on national authorities to urgently create a temporary reception centre for the undocumented migrants still present in the city until their expulsion. The call was reported by La Vanguardia.


Vivas estimates that between 8,000 and 11,000 migrants may still be in Ceuta. He insists on the need for an emergency space to house them, meet their basic needs and prevent them from remaining on the streets.


According to the Spanish news agency EFE, citing Territorial Policy Minister Ángel Víctor Torres, around 80,000 migrants entered Ceuta at the end of July. Earlier official figures spoke of 72,000 arrivals, of whom nearly 70,000 have already returned to Morocco.


The Spanish Defence Ministry has cancelled all leave for military personnel stationed in Ceuta, except in justified cases, the radio station Cadena SER reported. The General Command of Ceuta ordered every soldier to be ready to prevent further border-crossing attempts. The situation has not normalised. Hundreds of migrants are still living on the city’s beaches. Between 1,300 and 4,000 unaccompanied minors may remain, and six young girls have reported sexual assaults, according to Cadena SER sources.


Additional security forces have been deployed. Nearly 300 riot police and 2,000 soldiers are now present. A special maritime barrier has been reinforced. Social media messages have spoken of a possible new attempt around 15 August. Authorities say they are prepared, with 160 extra Civil Guards and drones already in place.


Morocco is also increasing pressure. Justice Minister Abdellatif Ouahbi stated that Rabat will demand the return of its children through both legal and political channels. “Spanish authorities are responsible for the fate of these minors, their separation from their families and their distance from their country,” he said, quoted by Hespress. Morocco views the adolescents as victims rather than delinquents and is holding talks with Madrid on identity verification, family reunification and action against human-trafficking networks.


Ouahbi stressed that resolving the crisis and finding lasting solutions to irregular migration cannot rest solely on Morocco and Spain; the European Union must play an active role. He warned against speculation that could damage bilateral relations.


Economically, the impact is severe. The local chamber of commerce, cited by EFE, estimates losses for local businesses at nearly 18 million euros, a figure that could rise to 27.7 million by the end of August if the situation continues. Chamber president Karim Boulaix called for “firm and rapid” measures.


On the evening of 9 August, thousands of residents demonstrated under the slogan “Enough. Ceuta does not surrender.” Organisers put the turnout at around 10,000; police estimated 5,000. Vivas himself joined the protest. Demonstrators chanted for the resignation of Spanish Prime Minister Pedro Sánchez. The manifesto read at the rally declared that Ceuta cannot face alone a situation that far exceeds its capacities and affects all of Spain and Europe.


Spain has also reinstated temporary border controls at Madrid and Barcelona airports for travellers arriving from Italy, after Rome temporarily suspended the Schengen agreement with Spain — a move Madrid described as unfounded.


Ceuta remains on high alert. The army is mobilised, beaches are not yet clear, unaccompanied minors raise serious concerns, the local economy is suffering and residents have voiced their anger. What began as a migration crisis has become a political, social and diplomatic challenge with no easy exit in sight.


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Silognhia Edwige

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