Boom du savon made in Cameroon : deux nouvelles usines à Douala et des exportations qui explosent de 31 %

Boom du savon made in Cameroon : deux nouvelles usines à Douala et des exportations qui explosent de 31 %

Deux savonneries annoncées à Douala en octobre 2025. Le savon camerounais grimpe au top 10 des exportations (+31 % en volume). Mais le déficit d’huile de palme menace la filière. Les détails exclusifs.

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Boom du savon made in Cameroon : deux nouvelles usines à Douala et des exportations qui explosent de 31 %


Douala, capitale économique du Cameroun, s’impose un peu plus comme le cœur battant de l’industrie savonnière nationale. En l’espace de 48 heures, début octobre 2025, deux accords majeurs ont été signés pour la construction de nouvelles savonneries. Un signal fort au moment où le savon de ménage « made in Cameroon » s’installe durablement dans le top 10 des exportations du pays.


Le 1er octobre, Abakal Mahamat, directeur général de la filiale camerounaise du groupe bancaire gabonais BGFI, a paraphé un accord de financement avec l’homme d’affaires Francis Nana Djomou. Objectif : bâtir une savonnerie d’une capacité de 31 millions d’unités par an à Douala. Les détails financiers restent confidentiels, mais le message est clair : les banques croient désormais dans la filière.


Vingt-quatre heures plus tard, le 2 octobre, c’est au tour de l’Agence de promotion des PME (APME). Son directeur général, Jean-Marie Louis Badga, a signé une convention d’investissement avec Étienne Sapou Kana, patron de Sapou Industries Sarl. Cette fois, les chiffres sont sur la table : 1,3 milliard de FCFA d’investissement pour une usine capable de produire 500 kg de savon par heure, toujours à Douala. Grâce à cette convention, le projet bénéficie des exonérations fiscales et douanières prévues par l’ordonnance présidentielle du 18 juillet 2025, qui modernise le cadre d’incitation à l’investissement privé en remplacement de la loi de 2013 (révisée en 2017).


Un produit qui conquiert les marchés extérieurs


Ces annonces tombent à point nommé. Selon le Rapport 2025 sur l’état de la compétitivité de l’économie camerounaise publié par le Comité de compétitivité, le savon de ménage s’est hissé au 9e rang des principaux produits d’exportation du Cameroun, devant le caoutchouc brut.


Les chiffres de l’Institut national de la statistique (INS) confirment la percée. En 2025, le Cameroun a exporté 74 208 tonnes de savon, contre 56 624 tonnes en 2024, soit une hausse de 17 584 tonnes (+31,1 %). En valeur, les recettes ont bondi de 34,3 milliards à 52,9 milliards de FCFA (+54,4 %).


Le Nigeria reste le client privilégié. En 2023 (dernières données disponibles par destination), le Cameroun y a expédié pour 27 milliards de FCFA de savons, soit 68 % de ses exportations totales vers ce pays et environ 52 % de l’ensemble de ses recettes savonnières (51,57 milliards de FCFA cette année-là). Reste à confirmer si cette domination s’est maintenue en 2025.


Le talon d’Achille : le déficit d’huile de palme


Pourtant, derrière cette embellie se cache un défi structurel que les nouveaux entrants vont aggraver : le manque de matière première. Fin 2025, Tarek Daoud, directeur général d’Opalm, estimait le déficit national d’huile de palme brute à environ 300 000 tonnes.


Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, a de son côté rappelé que les capacités de raffinage installées au Cameroun atteignent 1,2 million de tonnes. Mais faute d’approvisionnement suffisant, ces usines ne tournent qu’à 40-50 % de leur potentiel. Le gouvernement autorise chaque année des importations d’huile de palme pour combler le gap, une solution de court terme qui ne résout pas le problème de fond.


Deux savonneries de plus, c’est de la valeur ajoutée, des emplois et des devises. Mais sans une réelle montée en puissance de la production locale d’huile de palme, la filière risque de se retrouver rapidement à court de carburant. Le savon camerounais a prouvé qu’il pouvait conquérir les marchés. Il lui reste maintenant à sécuriser ses racines.




Cameroon Soap Boom: Two New Factories in Douala and Exports Surging 31%


Douala, Cameroon’s economic capital, is further cementing its position as the heart of the national soap industry. Within 48 hours in early October 2025, two major agreements were signed for the construction of new soap factories. The announcements come as Cameroonian household soap firmly establishes itself in the country’s top 10 exports.


On 1 October, Abakal Mahamat, Managing Director of the Cameroonian subsidiary of Gabonese banking group BGFI, signed a financing agreement with Cameroonian businessman Francis Nana Djomou. The goal: build a soap factory with an annual capacity of 31 million units in Douala. Financial details remain confidential, but the message is clear — banks now believe in the sector.


Twenty-four hours later, on 2 October, the Small and Medium Enterprises Promotion Agency (APME) followed suit. Its Director General, Jean-Marie Louis Badga, signed an investment agreement with Étienne Sapou Kana, head of Sapou Industries Sarl. This time the figures are public: a 1.3 billion FCFA investment for a plant capable of producing 500 kg of soap per hour, also in Douala. Under the agreement, the project benefits from the tax and customs exemptions provided by the presidential ordinance of 18 July 2025, which updates the private investment incentive framework, replacing the 2013 law (revised in 2017).


A product conquering foreign markets


These announcements come at the right time. According to the 2025 Report on the Competitiveness of the Cameroonian Economy published by the Competitiveness Committee, household soap rose to 9th place among Cameroon’s main export products, ahead of raw rubber.


Figures from the National Institute of Statistics (INS) confirm the breakthrough. In 2025, Cameroon exported 74,208 tonnes of soap, up from 56,624 tonnes in 2024 — an increase of 17,584 tonnes (+31.1%). In value terms, export earnings jumped from 34.3 billion to 52.9 billion FCFA (+54.4%).


Nigeria remains the preferred customer. In 2023 (latest available destination data), Cameroon shipped 27 billion FCFA worth of soap there, representing 68% of its total exports to that country and about 52% of its overall soap export revenues (51.57 billion FCFA that year). It remains to be seen whether this dominance held in 2025.


The Achilles’ heel: palm oil shortage


Behind this positive trend lies a structural challenge that the new entrants will only worsen: the shortage of raw material. At the end of 2025, Tarek Daoud, Managing Director of Opalm, estimated the national crude palm oil deficit at around 300,000 tonnes.


Agriculture and Rural Development Minister Gabriel Mbairobe noted that installed refining capacity for oilseeds in Cameroon stands at 1.2 million tonnes. Due to insufficient supply, these plants generally operate at only 40-50% of capacity. The government authorises annual palm oil imports to ease supply difficulties for factories, a short-term fix that does not solve the underlying problem.


Two more soap factories mean added value, jobs and foreign exchange. But without a real ramp-up in local palm oil production, the industry risks quickly running out of fuel. Cameroonian soap has proven it can conquer markets. It now needs to secure its roots.


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Mouahna Divine

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