Cacao : le Cameroun s’effondre de 20 % et plonge à son plus bas niveau en cinq ans
La filière cacao camerounaise vient de prendre une claque sèche. Selon les chiffres officiels de l’Office national du cacao et du café (ONCC), la production nationale commercialisée de la campagne 2025-2026 s’établit à 247 914 tonnes de fèves. C’est 61 604 tonnes de moins qu’en 2024-2025, soit une chute de 19,9 %.
Après la saison exceptionnelle de 2024-2025, où le pays avait touché son plus haut niveau historique avec 309 518 tonnes, le retour à la réalité est brutal. Cette campagne 2025-2026, qui s’est déroulée légalement du 1er août 2025 au 15 juillet 2026, affiche tout simplement le plus faible volume commercialisé des cinq dernières saisons. Pour mémoire : 295 164 tonnes en 2021-2022, 262 112 tonnes en 2022-2023 et 266 710 tonnes en 2023-2024. Le record de l’année dernière est déjà effacé.
Attention : la production commercialisée ne représente que les volumes qui passent par les circuits officiels. Une partie des fèves reste dans les stocks ou circule hors des filières formelles. Mais le signal est clair : la filière calcule.
Les causes exactes de ce recul ne sont pas encore détaillées par l’ONCC. Pourtant, sur le terrain, les acteurs ne tournent pas autour du pot. Les changements climatiques frappent fort : précipitations irrégulières, sécheresses plus longues, pression parasitaire qui s’intensifie. À cela s’ajoutent des sols qui s’épuisent et des plantations qui vieillissent. Résultat : floraison perturbée, cabosses mal développées et matériel végétal qui peine à suivre.
La Société de développement du cacao (Sodecao) elle-même reconnaît perdre entre 40 et 50 % de ses jeunes plants dans certaines pépinières chaque année. Difficile, dans ces conditions, de régénérer les vergers sans grignoter encore plus les forêts.
Géographiquement, le Centre reste le roi. La région a concentré 44,54 % des achats, soit environ 110 421 tonnes. Le Sud-Ouest suit avec 19,87 % (près de 49 261 tonnes), devant le Littoral (18,50 %, environ 45 864 tonnes). Le Sud (6,54 %) et l’Est (6,17 %) se battent pour les places suivantes, tandis que l’Ouest, le Nord-Ouest et l’Adamaoua restent marginaux.
L’année dernière, les prix bord champ avaient grimpé entre 3 210 et 5 400 FCFA le kilogramme. Mais les bons prix ne compensent pas une production qui s’effrite. Tant que les contraintes climatiques et agronomiques ne seront pas traitées frontalement, le Cameroun risque de voir ses ambitions cacaoyères s’éroder saison après saison.
Les chiffres sont là, froids et officiels. La question qui se pose désormais aux décideurs et aux producteurs est simple : comment inverser la courbe avant que le recul ne devienne structurel ?
Cocoa: Cameroon plunges nearly 20% to its lowest level in five years
Cameroon’s cocoa sector has just taken a hard hit. According to official data from the National Cocoa and Coffee Board (ONCC) obtained by Investir au Cameroun, the national commercialized production for the 2025-2026 season stands at 247,914 tonnes of cocoa beans. That is 61,604 tonnes less than in 2024-2025 — a drop of 19.9%.
After the exceptional 2024-2025 campaign, when the country reached its highest commercialized volume on record at 309,518 tonnes, the rebound has been brutal. The 2025-2026 season, which legally ran from 1 August 2025 to 15 July 2026, posts the weakest result of the past five campaigns. For reference: 295,164 tonnes in 2021-2022, 262,112 tonnes in 2022-2023 and 266,710 tonnes in 2023-2024. Last year’s record has already been wiped out.
It is important to note that commercialized production only covers volumes that enter official marketing channels. Some beans remain in stocks or move through informal circuits. Still, the signal is clear: the sector is contracting.
The ONCC has not yet detailed the precise causes of this decline. On the ground, however, stakeholders point to well-known structural constraints. Climate change is hitting hard: irregular rainfall, longer dry periods and rising pest pressure. Added to this are declining soil fertility and ageing plantations. The result is disrupted flowering, poorly developed pods and limited availability of planting material.
The Cocoa Development Company (Sodecao) itself reports losing between 40% and 50% of young plants in some of its nurseries every year. Renewing orchards without further encroaching on forest areas remains a major challenge.
Regionally, the Centre continues to dominate. It accounted for 44.54% of purchases, roughly 110,421 tonnes. The South-West followed with 19.87% (about 49,261 tonnes), ahead of the Littoral (18.50%, nearly 45,864 tonnes). The South (6.54%) and the East (6.17%) come next, while the West, North-West and Adamawa remain marginal.
During the previous season, farm-gate prices ranged between 3,210 and 5,400 CFA francs per kilogram. High prices, however, cannot offset a shrinking volume. Until climate and agronomic constraints are addressed head-on, Cameroon risks seeing its cocoa ambitions erode season after season.
The numbers are clear and official. The question now facing policymakers and producers is straightforward: how to reverse the trend before the decline becomes structural.
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Silognhia Edwige