Faux décret présidentiel au Cameroun : le gouvernement confirme une vaste enquête, Oswald Baboke entendu par le Tribunal criminel spécial
Le Cameroun est secoué par une affaire d'une rare gravité institutionnelle. Après plusieurs semaines de rumeurs autour d'un prétendu décret présidentiel annonçant la nomination d'un vice-président de la République, le gouvernement est officiellement sorti de son silence. Dans un communiqué signé par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, les autorités confirment qu'il s'agissait d'un faux document et annoncent l'ouverture d'investigations approfondies. En parallèle, Jeune Afrique révèle que le directeur adjoint du cabinet civil de la présidence, Oswald Baboke, a été entendu par le Tribunal criminel spécial (TCS) dans le cadre de cette affaire ainsi que d'une autre enquête portant sur la filière aurifère.
Le gouvernement dénonce un faux décret présidentiel
Selon le communiqué officiel, un individu s'est présenté au cours du mois de juin 2026 dans les locaux de la Cameroon Radio Television (CRTV), à Yaoundé, avec un pli fermé contenant un prétendu décret présidentiel portant nomination d'un vice-président de la République.
Le document reproduisait, selon les autorités, les sceaux officiels de la Présidence de la République ainsi qu'une signature attribuée au président Paul Biya. Malgré cette apparence, les responsables de la CRTV ont procédé aux vérifications d'usage et ont refusé de diffuser le document sur leurs antennes.
Le gouvernement rappelle que les actes officiels, notamment les décrets présidentiels, suivent un circuit administratif rigoureux et centralisé au sein de la Présidence de la République, garantissant leur authenticité avant toute publication.
« Il y a donc tout lieu de lever toute équivoque sur la provenance et l'authenticité de ce décret qui, de toute évidence, n'a jamais été signé par qui de droit », souligne le communiqué signé par René Emmanuel Sadi.
Un suspect arrêté, des investigations en cours
Les autorités annoncent que l'individu ayant déposé le document a été interpellé et se trouve entre les mains des services compétents.
Le gouvernement précise également que cette personne n'appartient pas aux effectifs de la Présidence de la République et ne disposait d'aucune habilitation pour accomplir une telle mission.
L'exécutif appelle ainsi les citoyens à faire preuve de vigilance face aux fausses informations, rappelant que toute nomination à un poste aussi stratégique relève exclusivement des prérogatives constitutionnelles du président de la République.
Jeune Afrique révèle les auditions d'Oswald Baboke
Parallèlement à cette communication officielle, Jeune Afrique, citant plusieurs sources, affirme qu'Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de la présidence, a été convoqué puis entendu par les enquêteurs du Tribunal criminel spécial.
Selon le média, une première audition s'est tenue le 26 juin, avant d'autres convocations prévues les 30 juin et 1er juillet.
D'après ces informations, les enquêteurs l'ont interrogé dans deux procédures distinctes :
- une enquête sur le faux décret présidentiel ;
- une autre concernant de possibles irrégularités dans la filière aurifère camerounaise.
À ce stade, aucune autorité judiciaire n'a annoncé de mise en accusation ou de poursuites contre Oswald Baboke.
Une enquête sur l'origine du faux document
Toujours selon Jeune Afrique, les investigations cherchent désormais à déterminer comment ce faux décret a été élaboré.
Le média rapporte, en s'appuyant sur des sources proches du dossier, que les cachets utilisés seraient authentiques et que la signature reproduite correspondrait à celle du chef de l'État.
Les enquêteurs travaillent notamment sur plusieurs axes :
- l'identification des auteurs du faux document ;
- l'origine des sceaux officiels utilisés ;
- une expertise technique du décret ;
- des relevés d'empreintes afin de retracer sa fabrication.
Ces éléments n'ont toutefois pas été confirmés officiellement par les autorités camerounaises.
Des soupçons de tentative de déstabilisation
Selon Jeune Afrique, une note des services de renseignement évoquerait une possible tentative de déstabilisation institutionnelle, certains responsables qualifiant même les faits de « tentative de coup d'État manqué ».
Le média précise également que l'enquête aurait été confiée à la Direction de la sécurité présidentielle, sous le suivi du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh.
À ce stade, le gouvernement n'a pas repris cette qualification dans son communiqué officiel, se limitant à confirmer l'existence d'une enquête judiciaire.
Une seconde enquête sur la filière aurifère
L'autre dossier dans lequel Oswald Baboke a été entendu concerne les importantes différences relevées entre les volumes d'or officiellement exportés par le Cameroun et les données enregistrées sur les marchés internationaux.
Selon Jeune Afrique, s'appuyant notamment sur les observations de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), les enquêteurs cherchent à établir l'existence éventuelle de réseaux d'exploitation et d'exportation illicites de l'or.
Le média indique que plusieurs personnalités seraient appelées à être entendues dans cette enquête. Les proches d'Oswald Baboke contestent toute implication dans des activités illégales et dénoncent une mise en cause injustifiée.
Ce qu'il faut retenir
L'affaire du faux décret présidentiel prend une dimension nationale, mêlant sécurité institutionnelle, procédures judiciaires et lutte contre la désinformation. Si le gouvernement a officiellement confirmé le caractère frauduleux du document et annoncé l'arrestation du principal suspect, plusieurs informations publiées par Jeune Afrique concernant le déroulement des investigations et les auditions reposent sur des sources du média et n'ont pas fait l'objet d'une confirmation officielle à ce stade. Les enquêtes se poursuivent sous l'autorité des juridictions et des services compétents.
Cameroon: Government Confirms Fake Presidential Decree as Oswald Baboke Is Questioned in High-Profile Investigation
Cameroon's government has officially confirmed that a purported presidential decree appointing a Vice President of the Republic was fraudulent, putting an end to weeks of speculation surrounding the document.
In an official statement signed by Communication Minister René Emmanuel Sadi, the government disclosed that an individual delivered the fake decree to the headquarters of the state broadcaster CRTV in Yaoundé during June 2026. Although the document bore what appeared to be authentic presidential seals and the signature of President Paul Biya, CRTV officials verified its authenticity and refused to broadcast it.
Authorities stressed that all presidential decrees follow a strictly regulated publication process managed by the Presidency, making the document clearly fraudulent.
The government also announced that the suspect has been arrested and is currently under investigation. Officials emphasized that the individual has no affiliation with the Presidency and had no authority to act on its behalf.
Meanwhile, Jeune Afrique reported that Oswald Baboke, Deputy Director of the Civil Cabinet of the Presidency, was questioned by investigators from the Special Criminal Court (TCS). According to the publication, he was interviewed both in connection with the fake decree investigation and a separate probe into alleged irregularities in Cameroon's gold sector.
The magazine, citing unnamed sources, reported that investigators are examining the origin of the forged document, including the use of official presidential seals and a signature allegedly matching that of President Paul Biya. These claims have not been officially confirmed by the Cameroonian authorities.
Jeune Afrique further reported that intelligence services are investigating whether the incident could be linked to an attempted institutional destabilization, while another ongoing investigation concerns discrepancies between Cameroon's officially declared gold exports and international trade data.
As of now, no official charges have been announced against Oswald Baboke. Both investigations remain ongoing.
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Ange NGO