Accusations, Diplomatie et Épidémie : Le Rwanda Fustige la « Partialité » Américaine dans le Conflit avec la RDC

Accusations, Diplomatie et Épidémie : Le Rwanda Fustige la « Partialité » Américaine dans le Conflit avec la RDC

Le Rwanda exprime sa déception face à la partialité des États-Unis dans le conflit avec la RDC. Sanctions américaines, plainte à la CPI, et flambée des cas d’Ebola : plongée au cœur de la crise des Grands Lacs. Lisez l’analyse complète.

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Guerre des Grands Lacs : Le Rwanda fustige la « trahison » de son allié américain


La région des Grands Lacs est de nouveau le théâtre de vives tensions diplomatiques, alors que le conflit entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda prend une tournure internationale. Dans une interview accordée à la chaîne France 24, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a exprimé la déception de son pays face à ce qu'il qualifie de « partialité de plus en plus criante du médiateur américain ».


Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de sanctions économiques accrues de la part des États-Unis contre Kigali, accusée de soutenir militairement le Mouvement du 23 mars (M23) dans l’est de la RDC, une région riche en minerais stratégiques. Le torchon brûle entre Kinshasa et Kigali, plongeant la région dans une crise humanitaire et sécuritaire profonde, tandis que sur le plan sanitaire, une épidémie d’Ebola continue de faire des ravages.


Kigali Dénonce Washington et Accuse Kinshasa


Dans son interview, le chef de la diplomatie rwandaise a été on ne peut plus clair : « Nous sommes déçus par la partialité de plus en plus criante du médiateur américain ». Selon Olivier Nduhungirehe, les États-Unis, qui ont pourtant parrainé un accord de paix en décembre 2025 à Washington entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, font désormais preuve d’un traitement inéquitable envers le Rwanda.


Le ministre a justifié la position de Kigali en pointant du doigt le non-respect des engagements pris par Kinshasa. Il a notamment dénoncé le « manque de volonté politique » de la RDC pour neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé historique considéré par Kigali comme une menace existentielle directe. « Rien, absolument rien n'a été fait pour neutraliser les FDLR », a-t-il martelé, accusant également Kinshasa de violer le cessez-le-feu par des attaques utilisant des drones contre le territoire rwandais.


Sanctions Américaines : « Injustes et Contre-productives »


La frustration rwandaise atteint son paroxysme face aux récentes sanctions américaines. Le Trésor américain a récemment ciblé la raffinerie d’or Gasabo Gold Refinery et son président, Jean Malic Kalima, ainsi que plusieurs autres sociétés minières rwandaises. Washington les accuse d’être les rouages d’un vaste réseau de contrebande de minerais provenant de l’est de la RDC, permettant à Kigali d’écouler illégalement l’or et le coltan extraits des zones sous contrôle du M23.


Olivier Nduhungirehe a vivement critiqué cette stratégie. Pour lui, punir « une seule partie ne peut que renforcer l’autre », qualifiant les sanctions d’« injustes, unilatérales et contre-productives ». Ce sentiment est partagé par plusieurs observateurs qui estiment que la pression américaine, si elle affaiblit l’économie rwandaise, risque de durcir la position de Paul Kagame et de compromettre la mise en œuvre des accords de Washington.


La Plainte de la RDC à la CPI : Un « Pur Cynisme »


Le ministre a également fustigé la décision de la RDC de déposer une plainte contre le Rwanda devant la Cour pénale internationale (CPI). Il a qualifié cette démarche de « pur cynisme et de la manœuvre politique », réitérant la position de Kigali selon laquelle c’est Kinshasa qui ne respecte pas ses engagements en collaborant avec les FDLR, un groupe dont certains membres sont accusés de liens avec les auteurs du génocide de 1994 au Rwanda.


Cette escalade judiciaire intervient alors que les négociations de paix entre Kinshasa et le M23, sous médiation du Qatar, piétinent. Parallèlement, la RDC s’apprête à présider le Conseil de sécurité des Nations unies en juillet, une tribune qu’elle compte utiliser pour maintenir la pression sur le Rwanda.


Une Épidémie d’Ebola qui Aggrave la Crise Humanitaire


Alors que les canons diplomatiques tonnent, une autre urgence frappe la région : l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola. Selon les dernières données du ministère de la Communication et des Médias, le nombre de cas confirmés en RDC a atteint le chiffre dramatique de 1 307. Le bilan s’élève à 377 décès, pour un taux de létalité d’environ 28,8 %. Actuellement, 615 patients sont hospitalisés ou placés en isolement, tandis que 180 personnes sont totalement guéries.


L’épidémie, qui touche particulièrement les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et désormais de l’Équateur, est exacerbée par l’insécurité chronique qui règne dans l’est du pays. Les violences armées entravent les opérations de dépistage et de suivi des contacts, créant « une urgence dans l’urgence », comme l’ont souligné les experts de l’Africa CDC. En Ouganda voisin, 20 cas ont été recensés, dont deux décès, illustrant le risque de propagation régionale de la maladie.


Un Avenir Incertain pour la Paix dans les Grands Lacs


Entre les accusations de partialité, les sanctions économiques et une crise sanitaire sans précédent, la stabilité de la région des Grands Lacs semble plus fragile que jamais. L’accord de paix signé à Washington en décembre 2025 semble pour l’instant lettre morte, chaque camp se rejetant la responsabilité de l’échec de sa mise en œuvre. Alors que la communauté internationale, et notamment les États-Unis, tentent de concilier leurs intérêts stratégiques dans les minerais congolais et la pression diplomatique sur le Rwanda, la population civile de l’est de la RDC continue de payer le plus lourd tribut de ce conflit multidimensionnel.




 Accusations, Diplomacy, and Epidemic: Rwanda Fustigates US "Bias" in Conflict with DRC


The Great Lakes region is once again the scene of intense diplomatic tensions, as the conflict between the Democratic Republic of Congo (DRC) and Rwanda takes an international turn. In an interview with France 24, Rwandan Minister of Foreign Affairs Olivier Nduhungirehe expressed his country's disappointment over what he called the "increasingly blatant bias of the American mediator".


This media intervention comes against a backdrop of increased US economic sanctions against Kigali, accused of providing military support to the March 23 Movement (M23) in the eastern DRC, a region rich in strategic minerals. Relations between Kinshasa and Kigali are at an all-time low, plunging the region into a deep humanitarian and security crisis, while a major Ebola epidemic continues to take its toll.


Kigali denounces Washington and accuses Kinshasa


In the interview, Rwanda's top diplomat was crystal clear: "We are disappointed by the increasingly blatant bias of the American mediator." According to Olivier Nduhungirehe, the United States, which nevertheless sponsored a peace agreement in Washington in December 2025 between Presidents Félix Tshisekedi and Paul Kagame, are now treating Rwanda unfairly.


The minister justified Kigali's position by pointing to Kinshasa's failure to honor its commitments. He notably denounced the DRC's "lack of political will" to neutralize the Democratic Forces for the Liberation of Rwanda (FDLR), an armed group considered by Kigali as a direct existential threat. "Nothing, absolutely nothing has been done to neutralize the FDLR," he stressed, also accusing Kinshasa of violating the ceasefire through drone attacks against Rwandan territory.


US Sanctions: "Unjust and Counterproductive"


Rwandan frustration peaks in the face of recent US sanctions. The US Treasury recently targeted the Gasabo Gold Refinery and its chairman Jean Malic Kalima, as well as several other Rwandan mining companies. Washington accuses them of being the cogs in a vast smuggling network for minerals from eastern DRC, allowing Kigali to illegally sell gold and coltan extracted from areas under M23 control.


Olivier Nduhungirehe strongly criticized this strategy. For him, punishing "only one party can only strengthen the other," calling the sanctions "unjust, unilateral and counterproductive." This sentiment is shared by several observers who believe that US pressure, while weakening the Rwandan economy, risks hardening Paul Kagame's position and compromising the implementation of the Washington Accords.


The DRC's Complaint to the ICC: "Pure Cynicism"


The minister also criticized the DRC's decision to file a complaint against Rwanda before the International Criminal Court (ICC). He called the move "pure cynicism and political maneuvering," reiterating Kigali's position that it is Kinshasa that is not respecting its commitments by collaborating with the FDLR, a group whose members are accused of links to the perpetrators of the 1994 genocide in Rwanda.


This judicial escalation comes as peace negotiations between Kinshasa and the M23, under Qatari mediation, stall. In parallel, the DRC is preparing to chair the UN Security Council in July, a platform it intends to use to maintain pressure on Rwanda.


An Ebola Epidemic Worsening the Humanitarian Crisis


While diplomatic cannons roar, another emergency hits the region: the Ebola hemorrhagic fever epidemic. According to the latest data from the Ministry of Communication and Media, the number of confirmed cases in the DRC has reached 1,307. The death toll stands at 377, with a fatality rate of about 28.8%. Currently, 615 patients are hospitalized or in medical isolation, while 180 people are fully recovered.


The epidemic, which particularly affects the provinces of Ituri, North Kivu, and now Équateur, is exacerbated by the chronic insecurity in the east of the country. Armed violence hinders screening and contact tracing operations, creating "an emergency within the emergency," as Africa CDC experts have emphasized. In neighboring Uganda, 20 cases have been recorded, including two deaths, illustrating the risk of regional spread of the disease.


An Uncertain Future for Peace in the Great Lakes


Between accusations of bias, economic sanctions, and an unprecedented health crisis, the stability of the Great Lakes region seems more fragile than ever. The peace agreement signed in Washington in December 2025 currently appears to be a dead letter, with each side blaming the other for its failure. As the international community, and particularly the United States, try to reconcile their strategic interests in Congolese minerals with diplomatic pressure on Rwanda, the civilian population in eastern DRC continues to pay the heaviest price in this multidimensional conflict.


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