Détroit d'Ormuz : la France et Oman unissent leurs forces pour sécuriser une route maritime stratégique
Le détroit d'Ormuz demeure l'un des principaux foyers de tension géopolitique au monde. Alors que les affrontements entre l'Iran et les États-Unis continuent d'alimenter les inquiétudes sur la sécurité des voies maritimes, la France et le sultanat d'Oman ont décidé d'intensifier leur coopération afin de garantir la libre circulation des navires dans cette zone essentielle au commerce international.
Macron annonce une coopération franco-omanaise pour le déminage
À l'issue de son entretien avec le sultan Haïtham ben Tariq Al Saïd, le président français Emmanuel Macron a annoncé une initiative conjointe visant à sécuriser le détroit d'Ormuz.
Dans un message publié sur le réseau social X, le chef de l'État français a indiqué que Paris et Mascate travailleront, avec leurs partenaires internationaux, au déminage du détroit afin d'assurer un passage maritime libre, sûr et sans condition.
Au-delà de cette coopération sécuritaire, les deux dirigeants ont également réaffirmé leur volonté commune de contribuer à une désescalade durable des tensions au Moyen-Orient.
Oman rejette toute taxation du passage dans le détroit
Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a réaffirmé la position de son pays en faveur du respect du droit international.
Dans un entretien accordé à Radio Monte Carlo, il a déclaré que le sultanat s'opposait fermement à toute idée d'imposer des droits de transit aux navires traversant le détroit d'Ormuz, estimant qu'une telle mesure serait contraire aux règles internationales.
Le chef de la diplomatie omanaise n'a cependant pas fermé la porte à des mécanismes volontaires destinés à renforcer la sécurité maritime. Ceux-ci pourraient concerner l'assistance à la navigation, la préparation aux situations d'urgence ou encore la lutte contre la pollution, à l'image des dispositifs existants dans les détroits de Malacca et de Singapour.
Selon lui, toute initiative de ce type devrait être élaborée en concertation avec les États et les compagnies maritimes utilisant cette voie stratégique afin d'améliorer les services sans créer de nouvelles charges pour le commerce mondial.
Téhéran reste au centre des responsabilités sécuritaires
Évoquant les initiatives françaises et britanniques destinées à renforcer la sécurité du détroit, Badr al-Busaidi a indiqué que Mascate demeurait ouvert à toute assistance internationale.
Il a toutefois rappelé que, selon le mémorandum d'entente conclu entre les États-Unis et l'Iran, la responsabilité principale du déminage des voies maritimes incombe à Téhéran.
Le ministre a également souligné qu'un consensus existait au sein du Conseil de coopération du Golfe en faveur d'une réduction des tensions régionales. Il a par ailleurs assuré que les relations entre Oman et les États-Unis demeuraient solides malgré les divergences apparues ces derniers jours.
Le trafic maritime résiste malgré les inquiétudes
Malgré les risques sécuritaires, le détroit continue d'être largement emprunté.
Selon les données de la société d'analyse Kpler, relayées par CNN, 124 navires transportant des matières premières ont franchi le détroit depuis le 25 juin, un volume proche de celui observé avant l'intensification des affrontements entre l'Iran, les États-Unis et Israël.
Bloomberg souligne néanmoins que plusieurs armateurs font désormais preuve d'une prudence accrue.
Les données du trafic maritime montrent qu'à peine 12 navires ont traversé le détroit dimanche, soit plus de deux fois moins que la veille, lorsque 28 navires avaient emprunté cette route maritime après une attaque contre un pétrolier. Avant cette nouvelle flambée des tensions, 58 navires avaient franchi le passage le 24 juin, un niveau inédit depuis plusieurs mois.
Plusieurs compagnies maritimes auraient même suspendu temporairement leurs projets de transit, préférant attendre une évolution de la situation sécuritaire.
Le Japon appelle au respect des accords et au dialogue
Le Japon suit également avec une grande attention l'évolution de la crise.
Le secrétaire général du cabinet japonais, Minoru Kihara, a insisté sur la nécessité de garantir une navigation libre et sécurisée dans le détroit d'Ormuz par le respect du mémorandum conclu entre Washington et Téhéran.
Tokyo estime par ailleurs indispensable de créer les conditions favorables à une reprise des discussions diplomatiques entre les deux capitales.
Selon le journaliste d'Axios Barak Ravid, les représentants américains et iraniens seraient parvenus à un accord portant sur une cessation mutuelle des attaques ainsi que sur la tenue de consultations à Doha, le 30 juin, consacrées au dossier du détroit d'Ormuz.
Une région toujours sous haute tension
Ces annonces interviennent après une nouvelle escalade militaire.
Dans la nuit du 27 juin, le Commandement central des forces armées américaines (Centcom) a lancé plusieurs frappes contre des positions iraniennes en représailles à une attaque visant un navire commercial dans le détroit d'Ormuz.
L'Iran a répliqué en ciblant des positions américaines, avant que les échanges de frappes ne se poursuivent au cours du week-end.
Selon le Centcom, dix objectifs militaires iraniens situés dans et autour du détroit ont été visés. De leur côté, les Gardiens de la révolution affirment avoir frappé des infrastructures militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
Dans ce contexte particulièrement volatile, la coopération internationale visant à sécuriser le détroit d'Ormuz apparaît plus que jamais comme un enjeu stratégique majeur pour préserver la stabilité énergétique mondiale et la liberté de navigation sur l'une des routes maritimes les plus importantes de la planète.
France and Oman Join Forces to Secure the Strait of Hormuz as Regional Tensions Persist
France and Oman have agreed to cooperate on mine-clearing operations in the Strait of Hormuz, one of the world's most strategic maritime chokepoints, amid continued tensions involving Iran, the United States, and regional allies.
Following talks with Sultan Haitham bin Tariq Al Said, French President Emmanuel Macron announced that both countries would work alongside international partners to secure shipping lanes and guarantee free and unconditional navigation through the strait.
Oman's Foreign Minister, Badr al-Busaidi, reiterated that Muscat opposes any proposal to impose transit fees on vessels crossing the Strait of Hormuz, arguing that such measures violate international law. However, he expressed support for voluntary maritime security services, including emergency preparedness and pollution-response mechanisms, provided they are developed in consultation with shipping companies and partner countries.
Al-Busaidi also stressed that, under the existing U.S.-Iran memorandum of understanding, Iran bears the primary responsibility for mine-clearing operations in the strategic waterway. He added that Gulf Cooperation Council members share a common objective of reducing regional tensions.
Meanwhile, maritime traffic remains active despite security concerns. According to Kpler data cited by CNN, 124 commodity-carrying vessels have transited the Strait of Hormuz since June 25, a figure comparable to pre-crisis levels.
However, Bloomberg reported that shipping companies remain cautious. Only 12 commercial vessels crossed the strait on Sunday, significantly fewer than the previous day, after renewed attacks heightened security risks. Some shipping operators have temporarily suspended planned transits until the situation becomes clearer.
Japan has also called for full implementation of the U.S.-Iran memorandum and reaffirmed the importance of ensuring safe and free navigation through the strait. Chief Cabinet Secretary Minoru Kihara urged all parties to support diplomatic efforts between Washington and Tehran.
According to Axios journalist Barak Ravid, U.S. and Iranian representatives have reportedly agreed to halt mutual attacks and hold consultations in Doha on June 30 to address disputes related to the Strait of Hormuz.
The latest diplomatic efforts come after renewed military exchanges. The U.S. Central Command (CENTCOM) carried out strikes against Iranian targets following an attack on a commercial vessel, while Iran responded by targeting U.S. military positions. The Strait of Hormuz remains a critical flashpoint for global energy security and international maritime trade.
détroit d'Ormuz, Iran, France, Oman, Emmanuel Macron, Haïtham ben Tariq, Badr al-Busaidi, États-Unis, Centcom, Golfe persique, navigation maritime, commerce mondial, pétrole, trafic maritime, déminage, sécurité maritime, tensions Iran États-Unis, Moyen-Orient, Bloomberg, CNN, Kpler, Doha, Japon, liberté de navigation, crise au Moyen-Orient, routes maritimes, transport maritime, géopolitique.
Moussa Nassourou