Sénégal : le Parlement vote une réforme historique pour réduire les pouvoirs du président, Bassirou Diomaye Faye réclame un référendum

Sénégal : le Parlement vote une réforme historique pour réduire les pouvoirs du président, Bassirou Diomaye Faye réclame un référendum

Le Sénégal franchit une étape politique majeure. Le Parlement adopte à l'unanimité une réforme constitutionnelle limitant les pouvoirs du président, tandis que Bassirou Diomaye Faye exige un référendum avant son entrée en vigueur.

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Sénégal : le Parlement adopte une réforme constitutionnelle historique, Bassirou Diomaye Faye veut consulter le peuple par référendum


Le Sénégal s'engage dans l'une des réformes institutionnelles les plus importantes de son histoire récente. Réunis en séance plénière, les députés de l'Assemblée nationale ont adopté à l'unanimité un vaste projet de révision de la Constitution visant à réduire les pouvoirs du chef de l'État et à renforcer ceux du Premier ministre ainsi que du Parlement.


Selon les informations rapportées par Dakaractu, les 129 députés présents ont voté en faveur du texte, traduisant une volonté politique forte de revoir l'équilibre des institutions sénégalaises.


Une réforme qui touche 29 articles de la Constitution


La réforme constitutionnelle concerne 29 articles de la Loi fondamentale et redéfinit les rapports entre l'exécutif et le pouvoir législatif.


Parmi les mesures les plus marquantes figure la limitation du pouvoir présidentiel de dissoudre l'Assemblée nationale. Si le texte entre en vigueur, le président de la République ne pourra dissoudre le Parlement qu'une seule fois durant son mandat, une disposition destinée à renforcer la stabilité institutionnelle et à limiter les prérogatives présidentielles.


Les amendements prévoient également un renforcement des compétences du Premier ministre et du Parlement, dans une logique de rééquilibrage des pouvoirs.


Bassirou Diomaye Faye réclame un référendum


Malgré le vote unanime des parlementaires, le président Bassirou Diomaye Faye ne souhaite pas une application immédiate de cette réforme.


Avant le scrutin parlementaire, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Moussa Sarr, a indiqué que, sur instruction du chef de l'État, le texte sera soumis à un référendum national. Aucune date officielle n'a toutefois été communiquée.


Le président estime que plusieurs dispositions méritent encore d'être approfondies avant leur adoption définitive par le peuple sénégalais.


Des divergences au sommet de l'État


Cette séquence politique met également en lumière les différences d'approche entre les deux principales figures du pouvoir sénégalais.


De son côté, Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale, plaidait pour une adoption rapide des amendements. Il bénéficie du soutien de la majorité parlementaire issue du Pastef (Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), qui dispose de la majorité constitutionnelle.


Cette divergence intervient alors que Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, longtemps considérés comme des alliés indissociables, semblent désormais afficher des positions différentes sur plusieurs dossiers majeurs liés à l'avenir politique et économique du Sénégal.


Une alliance politique mise à l'épreuve


Les deux dirigeants ont pourtant construit ensemble leur ascension politique. Fondateurs du Pastef, ils ont collaboré pendant près de 19 ans.


Lors de l'élection présidentielle de mars 2024, Bassirou Diomaye Faye avait remporté le scrutin avec le soutien décisif d'Ousmane Sonko, empêché de se présenter en raison d'une condamnation judiciaire alors en vigueur. Dès son investiture, le nouveau président avait nommé Sonko au poste de Premier ministre.


Depuis, plusieurs observateurs relèvent l'apparition de divergences concernant les orientations économiques et politiques du pays, même si les deux responsables continuent de partager une base politique commune.


Une réforme aux enjeux majeurs


La révision constitutionnelle ouvre désormais une nouvelle étape dans la vie politique sénégalaise. Si le référendum annoncé est organisé, les citoyens auront le dernier mot sur une réforme susceptible de transformer durablement le fonctionnement des institutions du pays.


Le résultat de cette consultation populaire sera déterminant pour l'avenir de la gouvernance sénégalaise et pourrait constituer un précédent important en Afrique de l'Ouest en matière de limitation des pouvoirs présidentiels.




Senegal's Parliament Approves Historic Constitutional Reform to Limit Presidential Powers, President Faye Calls for Referendum


Senegal has taken a significant step toward institutional reform after its unicameral Parliament unanimously approved a constitutional amendment package designed to reduce presidential powers and strengthen both the Prime Minister and Parliament.


According to Dakaractu, all 129 lawmakers present voted in favor of the reform.


The constitutional revision affects 29 articles and substantially reshapes the balance of power within the country's political system. One of the key provisions would allow the President to dissolve Parliament only once during a presidential term, while expanding the authority of both the Prime Minister and the National Assembly.


Despite Parliament's unanimous approval, President Bassirou Diomaye Faye has insisted that the reform should not take immediate effect. Justice Minister Moussa Sarr announced that, following the President's instructions, the constitutional amendments will be submitted to a national referendum, although no voting date has yet been announced.


Meanwhile, National Assembly Speaker Ousmane Sonko urged lawmakers to adopt the amendments without delay, relying on the constitutional majority held by his party, PASTEF (African Patriots of Senegal for Work, Ethics and Fraternity).


The developments also highlight growing political differences between Faye and Sonko. The two men co-founded PASTEF and remained close political allies for nearly two decades. Sonko endorsed Faye's successful 2024 presidential campaign after being barred from running himself due to an unresolved judicial conviction. Upon taking office, Faye appointed Sonko as Prime Minister.


Observers now point to increasing disagreements over Senegal's political and economic direction. If the announced referendum is held, Senegalese voters will ultimately decide whether to approve a constitutional reform that could fundamentally reshape the country's democratic institutions.


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Moussa Nassourou

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