Edgar Lungu : La justice sud-africaine oppose un non catégorique au rapatriement forcé de l’ancien président zambien

Edgar Lungu : La justice sud-africaine oppose un non catégorique au rapatriement forcé de l’ancien président zambien

Découvrez pourquoi la justice sud-africaine a donné raison à la famille de l'ex-président zambien Edgar Lungu contre le rapatriement forcé de sa dépouille. Un verdict choc qui affirme la dignité familiale face à la raison d'État. Lisez notre analyse complète de ce feuilleton judiciaire.

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La Cour suprême d’appel d’Afrique du Sud a rendu son verdict, et il est sans appel : la famille d’Edgar Lungu a le dernier mot sur l’inhumation de l’ancien chef d’État zambien. Un camouflet retentissant pour le gouvernement de Lusaka, qui voit ses velléités de rapatrier la dépouille réduites à néant.


C’est un combat posthume qui aura tenu en haleine l’Afrique australe. Plus d’un an après la mort d’Edgar Lungu, décédé le 5 juin 2025 à l’âge de 68 ans dans une clinique de Pretoria, la plus haute juridiction sud-africaine a tranché. Le mardi 23 juin, la Cour suprême d’appel (SCA) a définitivement annulé la décision de la Haute Cour de la province de Gauteng qui ordonnait en août 2025 le rapatriement des restes de l’ancien président vers la Zambie pour des funérailles nationales.


La justice a été claire : les droits de la famille, en vertu de la common law et de la constitution sud-africaine, priment sur les revendications de l’État zambien. « Le gouvernement zambien n’a pas réussi à établir un droit légal pour passer outre la décision de la famille concernant l’inhumation du président Lungu », a souligné la juge Raylene Keightley dans son jugement.


Un refus catégorique et une relation conflictuelle posthume


Derrière ce bras de fer judiciaire se dessine une tragédie familiale et politique. La veuve d’Edgar Lungu, Esther, et ses enfants souhaitent l’inhumer en Afrique du Sud, au Fourways Memorial Park de Johannesburg. Ils s’opposent avec une détermination farouche à toute tentative du gouvernement zambien de rapatrier le corps pour une cérémonie officielle à Lusaka . Pourquoi une telle obstination ? La famille est formelle : l’ancien président, qui a dirigé le pays de 2015 à 2021, ne souhaitait pas que son successeur et rival politique de toujours, le président Hakainde Hichilema, n’approche ne serait-ce que de sa dépouille.


Le juge Keightley a d’ailleurs souligné ce contexte délétère, affirmant qu’« il n’est pas nécessaire de gratter très profond pour comprendre qu’à partir de septembre 2023, le défunt président Lungu se considérait comme persona non grata dans son propre pays ». Un sentiment d’abandon alimenté par les mesures prises par les autorités zambiennes, qui, à partir de 2023, ont privé l’ancien chef d’État de ses pensions, de son passeport diplomatique, de son logement de fonction et de sa couverture médicale.


Dignité contre raison d'État


Pour le gouvernement de Lusaka, il allait de soi qu’un ancien président soit inhumé dans le carré présidentiel de la capitale, aux côtés de ses prédécesseurs. La Haute Cour de Gauteng avait initialement estimé qu’elle ne pouvait pas empêcher un État de rapatrier l’un de ses citoyens . La Cour suprême d’appel a balayé cet argument, estimant que les droits constitutionnels à la « dignité, à la vie privée et à l’autonomie familiale » l’emportaient sur l’intérêt national.


« La majorité de la cour a conclu que le gouvernement zambien n’avait pas réussi à prouver l’existence d’un accord contraignant avec la famille, les preuves reflétant plutôt des négociations continues », peut-on lire dans le résumé du jugement. La SCA a donc substitué à l’ordonnance de la Haute Cour le rejet pur et simple de la demande de rapatriement.


Les avocats du gouvernement zambien ont indiqué qu’ils attendaient les instructions de leurs commanditaires pour décider d’un éventuel recours devant la Cour constitutionnelle. L’Afrique du Sud, de son côté, a estimé qu’elle avait l’obligation de respecter la volonté de la famille tout en jugeant qu’une inhumation en Zambie aurait été la solution la plus appropriée.


Désormais, la dépouille d’Edgar Lungu, au cœur d’une bataille judiciaire qui a duré plus d’un an, pourrait enfin reposer en paix, sur la terre qu’il avait choisie.




Final Resting Place: South African Court Hands Victory to Edgar Lungu's Family


South Africa's Supreme Court of Appeal has delivered a final verdict, ruling that the family of former Zambian President Edgar Lungu has the exclusive right to decide his burial place. This is a major setback for the Zambian government's efforts to repatriate his remains.


More than a year after Edgar Lungu's death on June 5, 2025, at age 68 in a Pretoria hospital, the legal battle has come to an end. On Tuesday, June 23, the Supreme Court of Appeal (SCA) definitively overturned the Gauteng High Court's August 2025 order that had authorized the repatriation of the former president's remains to Zambia for a state funeral.


The court ruled that the family's rights, under South African common law and the constitution, outweigh the Zambian government's claims
. "The Zambian government failed to establish a legal right to override the family's decision regarding the burial of President Lungu," stated Judge Raylene Keightley in her ruling.


A Posthumous Political Rivalry


Behind this legal standoff lies a family tragedy. Edgar Lungu's widow, Esther, and her children want to bury him in South Africa, at Johannesburg's Fourways Memorial Park. They fiercely oppose any attempt by the Zambian government to repatriate the body for an official ceremony in Lusaka . The family insists that the former president, who led the country from 2015 to 2021, did not want his successor and longtime political rival, President Hakainde Hichilema, anywhere near his body.


Judge Keightley highlighted this toxic context, noting that "one does not have to scratch too far beneath the surface to appreciate that from at least September 2023, the late former president Lungu viewed himself to be persona non grata in his own country". This feeling of abandonment was fueled by the Zambian government's actions, which, from 2023 onward, stripped the former head of state of his pensions, diplomatic passport, official housing, and medical coverage.


Dignity vs. State Interest


For the Lusaka government, it was a given that a former president should be buried in the presidential cemetery in the capital, alongside his predecessors. The Gauteng High Court had initially ruled that it could not prevent a state from repatriating one of its citizens . The Supreme Court of Appeal swept this argument aside, stating that constitutional rights to "dignity, privacy, and family autonomy" take precedence over national interest.


"The majority judgment held that the Zambian government had failed to establish a legal right to override the family's decision regarding the burial of the late President Lungu. This SCA found that the evidence relied upon by the Zambian Government reflected ongoing negotiations rather than a concluded agreement," the court summary reads. The SCA therefore replaced the High Court's order with a dismissal of the repatriation request.


Lawyers for the Zambian government indicated they are awaiting instructions on whether to pursue an appeal before the Constitutional Court. South Africa stated it had an obligation to respect the family's wishes while acknowledging that a state burial in Zambia would have been the most fitting outcome.


Now, Edgar Lungu's remains, at the center of a legal battle lasting over a year, may finally find peace on the soil he chose.


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Silognhia Edwige

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