Campost : Le fiasco des 400 TPE à 140 millions FCFA, la modernisation postale dans l’impasse ?

Campost : Le fiasco des 400 TPE à 140 millions FCFA, la modernisation postale dans l’impasse ?

Le projet de digitalisation de la Campost subit un coup d'arrêt. L'appel d'offres pour 400 terminaux de paiement est infructueux, mettant en péril la modernisation du secteur postal face au mobile money. Découvrez les dessous de ce marché à 140 millions FCFA et les défis à venir pour le Cameroun.

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Yaoundé, le 19 juin 2026 – C’est un coup de tonnerre dans le paysage discret des marchés publics. La Cameroon Postal Services (Campost) vient de déclarer infructueux l’appel d’offres pour la fourniture de 400 terminaux de paiement électronique (TPE) Android. Une décision lourde de sens, signée le 12 juin dernier par le Directeur Général, Pierre Kaldadak, qui plonge l’opérateur postal dans une zone de turbulences, alors que la digitalisation des services financiers est plus que jamais une nécessité.


Selon les informations exclusives obtenues par notre confrère Investir au Cameroun, le marché, estimé à la bagatelle de 140 millions FCFA TTC, devait permettre à l’entreprise publique de doter son réseau de 400 TPE nouvelle génération. Mais la décision de la Direction Générale est aussi sèche qu’un procès-verbal : elle constate l’infructuosité sans daigner en expliquer les motifs, se contentant de se référer au décret du 12 juin 2018 régissant les marchés des entreprises publiques. Silence radio sur les causes de cet échec.


Un coup d'arrêt pour la digitalisation du service public


L’enjeu était pourtant de taille. Le projet, financé sur le budget propre de la Campost pour l'exercice 2026, prévoyait un coût moyen de 350 000 FCFA par terminal. Derrière ces chiffres, c’est une véritable révolution des guichets postaux qui était attendue. L’objectif ? Permettre à la Campost de sortir de l’ère du tout-espèces, en offrant des services de paiement électronique modernes et rapides pour les usagers.


Dans un marché camerounais déjà saturé par les acteurs historiques du mobile money (MTN Mobile Money, Orange Money) et les banques digitales, ce lot de TPE devait être le cheval de Troie de la poste. Il s’agissait de transformer le maillage territorial exceptionnel de la Campost en un atout concurrentiel majeur, en offrant des services financiers de proximité à des millions de Camerounais encore exclus du circuit bancaire classique.


Mais voilà, l’espoir d’une modernisation rapide s’est heurté à la dure réalité des procédures. Les 400 terminaux Android, censés intégrer une application de paiement embarquée, devaient permettre l’interconnexion entre les services postaux et les écosystèmes numériques. Le cahier des charges, visiblement trop exigeant ou les conditions trop contraignantes, n’a pas trouvé preneur chez les entreprises de droit camerounais spécialisées dans l’intégration de solutions monétiques.


Quelle stratégie de repli pour Pierre Kaldadak ?


Si cet échec ne signifie pas la mort du projet, il impose une remise en question stratégique. La Campost, sous la houlette de son directeur général, se retrouve face à un dilemme cornélien : relancer l’appel d’offres à l’identique, en prenant le risque d’un nouvel échec, ou réviser en profondeur les conditions du marché pour attirer des soumissionnaires capables de fournir des équipements de qualité.


Le contexte est d’autant plus tendu que la concurrence dans le secteur des paiements ne faiblit pas. Pendant que la Campost tâtonne, les opérateurs de mobile money continuent d’innover et d’élargir leur offre. Pour l’entreprise publique, le retard dans le déploiement de ces TPE pourrait se révéler coûteux.


Au-delà du simple achat de matériel, l’enjeu est systémique. Pour que la Campost devienne un véritable acteur de l'inclusion financière, elle devra non seulement acquérir des TPE performants, mais aussi garantir la fiabilité de ses réseaux, la sécurité des transactions et, surtout, la formation de ses agents. La transformation numérique de la poste camerounaise est à ce prix. En attendant, ce fiasco administratif soulève une question brûlante : le service public camerounais est-il prêt pour le saut numérique ?




Yaoundé, June 19, 2026 – A thunderclap has resonated within the quiet sphere of public procurement. Cameroon Postal Services (Campost) has declared the tender for the supply of 400 Android electronic payment terminals (EPT) unsuccessful. A decision loaded with meaning, signed on June 12 by the General Manager, Pierre Kaldadak, plunges the postal operator into turbulent waters, at a time when the digitalization of financial services is more critical than ever.


According to exclusive information obtained by our colleague Investir au Cameroun, the project, estimated at a hefty 140 million FCFA (including tax), was intended to equip the public company's network with 400 next-generation EPTs. However, the General Management's decision is as dry as an official report: it acknowledges the failure without deigning to explain the reasons, merely referring to the decree of June 12, 2018, governing public enterprise contracts. Radio silence on the causes of this setback.


A set-back for public service digitalization


The stakes were considerable. The project, financed from Campost's own budget for the 2026 fiscal year, projected an average cost of 350,000 FCFA per terminal. Behind these figures lay a genuine revolution for postal counters. The goal was to enable Campost to move beyond the era of cash-only transactions, offering modern and fast electronic payment services to users.


In a Cameroonian market already saturated by historic mobile money players (MTN Mobile Money, Orange Money) and digital banks, these EPTs were supposed to be the post office's Trojan horse. The aim was to transform Campost's exceptional territorial reach into a major competitive advantage, offering proximity financial services to millions of Cameroonians still excluded from the traditional banking system.


However, the hope for rapid modernization has collided with the harsh reality of bureaucratic procedures. The 400 Android terminals, intended to integrate a built-in payment application, were meant to facilitate interconnection between postal services and digital ecosystems. The specifications, apparently too demanding or the conditions too restrictive, failed to attract bids from Cameroonian companies specialized in integrating payment solutions.


What fallback strategy for Pierre Kaldadak?


While this failure does not spell the end of the project, it does necessitate a strategic reassessment. Campost, under the leadership of its General Manager, now faces a Catch-22: relaunch the tender identically, risking another failure, or thoroughly revise the market conditions to attract bidders capable of supplying quality equipment.


The context is all the more tense as competition in the payment sector shows no signs of slowing down. While Campost hesitates, mobile money operators continue to innovate and expand their offerings. For the public company, the delay in deploying these EPTs could prove costly.


Beyond the mere purchase of hardware, the challenge is systemic. For Campost to become a genuine player in financial inclusion, it must not only acquire high-performance EPTs but also guarantee network reliability, transaction security, and, crucially, staff training. This is the price of the digital transformation of the Cameroonian post office. In the meantime, this administrative fiasco raises a burning question: Is the Cameroonian public service truly ready for the digital leap?


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Didier Cebas K.

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