Coton camerounais : le pari des sols et de la fertilisation pour gagner la bataille des rendements

Coton camerounais : le pari des sols et de la fertilisation pour gagner la bataille des rendements

Le Cameroun renforce sa filière coton grâce à une formation assurée par des experts brésiliens. La Sodecoton vise 600 000 tonnes de production d’ici 2030 malgré les menaces climatiques et les attaques de jassides.

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Coton : le Cameroun mise sur l’expertise brésilienne pour atteindre 600 000 tonnes et relancer les rendements


Le Cameroun accélère sa stratégie de modernisation de la filière coton. À Kaélé, dans la région de l’Extrême-Nord, une cinquantaine d’agents d’encadrement de la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton) ont bénéficié d’une formation spécialisée sur la fertilisation des sols, avec l’appui d’experts brésiliens. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté de porter la production nationale à 600 000 tonnes d’ici la campagne 2029-2030.


Du 22 au 29 mai 2026, les agents de terrain de la Sodecoton ont pris part à une session de renforcement des capacités consacrée à l’analyse des sols et aux techniques de fertilisation adaptées à la culture du coton. Organisée à Kaélé, cette formation était animée par des spécialistes de l’Agence brésilienne de coopération (ABC), dans le cadre du partenariat agricole entre le Cameroun et le Brésil.


Selon le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), l’objectif est d’améliorer la maîtrise des caractéristiques des sols ainsi que l’utilisation des engrais et autres intrants agricoles. À terme, les agents formés devront mieux accompagner les producteurs afin d’augmenter durablement les rendements dans les bassins cotonniers du pays.


Le Brésil apporte son expertise à la filière coton camerounaise


Pour Maria de Fatima Sousa, cheffe de mission du ministère brésilien des Affaires étrangères, cette coopération technique constitue un levier important pour renforcer la compétitivité du coton camerounais.


« En maîtrisant les sols, les engrais et les intrants à y apporter, cela aura un impact direct sur la production », a-t-elle souligné.


Cette expertise est particulièrement recherchée dans un contexte où la productivité devient un enjeu central pour la Sodecoton. L’entreprise veut en effet franchir un nouveau cap afin de répondre aux ambitions fixées par la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).


Un objectif ambitieux : 600 000 tonnes de coton à l’horizon 2030


Après avoir atteint un niveau record de 394 000 tonnes lors de la campagne 2023-2024, la Sodecoton vise désormais une production annuelle de 600 000 tonnes d’ici la campagne 2029-2030.


Pour atteindre cet objectif, l’entreprise devra améliorer significativement les rendements agricoles. Ceux-ci devraient passer à environ 1 750 kilogrammes par hectare, contre des niveaux oscillant actuellement entre 1 240 et 1 300 kilogrammes par hectare en 2025.


L’amélioration de la fertilité des sols est donc considérée comme l’un des principaux leviers pour accroître la productivité sans nécessairement étendre les superficies cultivées.


Climat et jassides : les deux grandes menaces pour la production


Malgré ces perspectives encourageantes, la filière coton reste confrontée à des défis majeurs.


La première menace provient des dérèglements climatiques qui affectent régulièrement les zones de production. Les fortes pluies enregistrées entre août et septembre provoquent fréquemment des inondations dans plusieurs bassins cotonniers de l’Extrême-Nord et du Nord du pays.


La seconde menace est liée à la prolifération des jassides, des insectes ravageurs particulièrement redoutés par les producteurs. Ces parasites attaquent directement les plants de coton et compromettent fortement les rendements.


Selon les données de la Sodecoton, les attaques de jassides ont contribué à faire chuter le rendement moyen à l’hectare de 1 600 kg à environ 1 300 kg entre 2023 et 2025, illustrant l’ampleur du défi phytosanitaire auquel fait face la filière.


Un secteur stratégique pour l’économie camerounaise


Au-delà de sa dimension agricole, le coton demeure un pilier de l’économie nationale. D’après la Sodecoton, cette culture représente près de 6 % des exportations hors pétrole du Cameroun et contribue à hauteur de 14,1 % au PIB de la branche agriculture d’exportation.


Dans ce contexte, les investissements dans la formation, la recherche agronomique et l’amélioration des pratiques culturales apparaissent comme des éléments essentiels pour sécuriser la croissance de la filière et renforcer sa contribution au développement économique du pays.


Avec l’appui de partenaires internationaux comme le Brésil, le Cameroun espère désormais transformer son potentiel cotonnier en véritable moteur de croissance agricole et d’exportation au cours des prochaines années.




Cameroon Turns to Brazilian Expertise to Boost Cotton Production to 600,000 Tons


Cameroon is stepping up efforts to modernize its cotton industry as part of an ambitious plan to increase production to 600,000 tons by the 2029-2030 season.


From May 22 to 29, 2026, around 50 extension officers from the Cameroon Cotton Development Company (Sodecoton) received specialized training on soil fertilization in Kaélé, Far North Region. The program was led by experts from the Brazilian Cooperation Agency (ABC).


According to Cameroon’s Ministry of Agriculture and Rural Development, the training focused on improving knowledge of soil composition, fertilizers and agricultural inputs, enabling field officers to better support cotton farmers and increase yields.


Maria de Fatima Sousa, head of mission at Brazil’s Ministry of Foreign Affairs, said the initiative would bring significant added value to Cameroon’s cotton sector.


“By mastering soils, fertilizers and the appropriate inputs, there will be a direct impact on production,” she stated.


Sodecoton aims to raise national cotton output to 600,000 tons by 2029-2030, up from a record 394,000 tons achieved during the 2023-2024 season. The company also plans to increase average yields to about 1,750 kilograms per hectare, compared to current levels of around 1,240 to 1,300 kilograms per hectare.


However, two major challenges threaten these ambitions: climate change and jassid infestations. Heavy rains and flooding regularly affect production zones, while jassids, destructive insect pests, have significantly reduced yields.


According to Sodecoton, jassid attacks contributed to a decline in average yields from 1,600 kg/ha to approximately 1,300 kg/ha between 2023 and 2025.


Despite these challenges, cotton remains a strategic sector for Cameroon's economy, accounting for 6% of non-oil exports and 14.1% of the export agriculture GDP.


With Brazilian technical support and enhanced agricultural practices, Cameroon hopes to strengthen productivity and secure the future growth of its cotton industry.


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Moussa Nassourou

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