Mali : Moscou prévient d’un risque de nouvelles incursions terroristes, mais assure « maîtriser la situation »

Mali : Moscou prévient d’un risque de nouvelles incursions terroristes, mais assure « maîtriser la situation »

Incursions terroristes au Mali : la Russie confirme une menace persistante et des soutiens extérieurs aux groupes armés. Décryptage des déclarations de Moscou, de la riposte du 25 avril et du rôle du Corps africain. Situation sous contrôle selon Bamako. À lire sur Cameroun24.

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Bamako sous tension : Moscou alerte sur des incursions terroristes imminentes, mais jure que « la situation est sous contrôle »


Le ciel sahélien n’a pas fini de gronder. Alors que le Mali panse encore les plaies de l’attaque coordonnée du 25 avril dernier, Moscou sort du silence et prévient : le risque de nouvelles incursions de groupes terroristes reste bien réel. Une déclaration qui n’a rien d’anodin, venant du directeur du département des pays d’Afrique subsaharienne au ministère russe des Affaires étrangères, Anatoli Bachkine.


Dans un entretien accordé à l’agence TASS, le diplomate russe a été sans détour : « Bien sûr, tout le monde s’attend à cette activité des groupes armés. On peut s’attendre à une certaine reconfiguration », a-t-il lancé, avant d’ajouter une accusation lourde de sens : « Nous comprenons qu’il existe un soutien actif à ces formations de l’extérieur. »


Autrement dit, derrière les djihadistes du JNIM (allié à Al-Qaïda) et les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA), il y aurait des mains étrangères. Moscou ne dit pas lesquelles, mais le message est clair : la guerre du Mali n’est pas seulement sahélienne, elle est aussi internationale.


Une alliance JNIM-FLA fragilisée ?


Mais Bachkine ne se contente pas d’alarmer. Il nuance. Selon lui, l’alliance tactique entre le JNIM et le FLA, qui a surpris tout le monde le 25 avril, pourrait ne pas durer. « Peut-être que ce ne seront pas des attaques aussi importantes », a-t-il tempéré, évoquant plutôt une poursuite des « assauts et tentatives d’attaques de convois ».


Une prédiction qui, si elle se confirme, changerait la donne : fini les offensives massives sur des villes stratégiques, place à une guérilla de harcèlement. Et pour contrer cela, Bachkine le dit clairement : « Cela nécessitera un renforcement des effectifs et d’autres mesures de la part du Corps africain et des forces armées maliennes. »


« La plupart des points d’appui sous contrôle russe »


Malgré la tension, Moscou joue la carte de l’assurance. « Depuis les événements du 25 avril, la situation reste tendue. Cependant, la plupart des points d’appui du Corps africain restent sous le contrôle de nos militaires », a affirmé le diplomate.


Selon lui, non seulement les militaires russes contrôlent les positions clés, mais ils travaillent main dans la main avec les FAMa (Forces armées maliennes) sur des missions essentielles : logistique, ravitaillement en carburant et en denrées vers Bamako et les localités isolées.


« Le Corps africain travaille sur ces axes », a-t-il martelé, laissant entendre que la stabilité malienne passe désormais par Moscou.


Et l’AES dans tout ça ?


Pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso, Niger – cette déclaration russe est un signal fort. D’un côté, la menace terroriste est loin d’être éradiquée. De l’autre, le partenariat avec Moscou semble se muer en une véritable mainmise sécuritaire. Reste à savoir si ce « contrôle » annoncé résistera à la prochaine tempête.


Une certitude, cependant : le champ de bataille malien reste imprévisible. Et comme le dit un responsable ouest-africain sous couvert d’anonymat : « Quand Moscou dit qu’il observe tout, c’est aussi qu’il ne peut pas tout empêcher. »




Mali: Russia warns of new terrorist incursions but claims "situation is under control"


The Sahelian sky is not done rumbling. While Mali is still recovering from the coordinated attack of April 25, Moscow has broken its silence, warning that the risk of new terrorist incursions remains very real. Anatoly Bashkin, Director of the Sub-Saharan Africa Department at the Russian Foreign Ministry, gave an interview to TASS.


"Of course, everyone expects this activity from armed groups. We can expect some reconfiguration, especially since we understand there is active external support for these groups," Bashkin said.


He also expressed doubts about the durability of the alliance between JNIM (Al-Qaida affiliate) and the Azawad Liberation Front (FLA). "Maybe there won’t be such large-scale attacks, but assaults and attempts to attack convoys will continue. This will require a reinforcement of troops from the African Corps and Malian armed forces," he added.


On the stabilization front, Bashkin declared: "Since the events of April 25, the situation remains tense. However, most of the African Corps’ strongholds remain under the control of our military. The situation has stabilized and remains under control."


Russian units are now helping Malian forces not only with territorial control but also with logistics, fuel supply, and food delivery to Bamako and other localities. The African Corps is actively working on these fronts, according to the diplomat.


The April 25 coordinated attack by JNIM and FLA targeted several strategic towns and facilities. By midday, the Malian Armed Forces (FAMa) and their Russian allies had regained control and launched counter-attacks.


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Moussa Nassourou

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