Cameroun : on exporte l’huile de palme mais on en manque cruellement – le paradoxe qui fâche

Cameroun : on exporte l’huile de palme mais on en manque cruellement – le paradoxe qui fâche

Les exportations d’huile de palme du Cameroun grimpent de 17% en 2025, malgré un déficit abyssal de 200 000 à 300 000 tonnes par an. Décryptage d’un paradoxe économique qui interpelle. Cliquez ici.

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Huile de palme : le Cameroun exporte davantage… pendant qu’on importe massivement pour nourrir nos usines


L’or rouge coule encore à l’étranger. Selon le dernier rapport de l’Institut national de la statistique (INS) sur l’évolution du commerce extérieur, les exportations d’huile de palme du Cameroun ont bondi de 17 % en 2025, atteignant 177 tonnes, contre 152 tonnes l’année précédente. Une progression en trompe-l’œil, tant le pays continue de manquer cruellement de cette matière première stratégique.


Pendant que les cargaisons prennent la route des marchés internationaux, la réalité locale est tout autre. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural l’a martelé à maintes reprises : le déficit annuel de production oscille entre 200 000 et 300 000 tonnes. Pourquoi ? Parce que les industries de transformation – savonneries, raffineries, usines agroalimentaires – fleurissent et réclament toujours plus d’huile de palme.


Résultat : le gouvernement n’a d’autre choix que d’ouvrir grand les vannes à l’importation. Chaque année, des contingents massifs entrent au Cameroun sous régime de droits de douane réduits. En 2023, le record a été battu : 200 000 tonnes autorisées à l’achat sur les marchés étrangers. Une hémorragie pour la balance commerciale.
Une tendance de fond : des exportations de plus en plus résiduelles


Ne nous y trompons pas : si le Cameroun exporte encore de l’huile de palme, c’est désormais à dose homéopathique. Les chiffres de l’INS sont éloquents. En 2023, les ventes à l’étranger avaient culminé à 1 687,5 tonnes, triplant quasiment le volume de 2022 (657 tonnes). Un pic qui n’a pas résisté à la pression de la demande intérieure.


Dès lors, pourquoi continuer à exporter dans un pays en situation de pénurie chronique ? La question fâche, mais les experts l’expliquent par des engagements commerciaux antérieurs, des niches de marché à haute valeur ajoutée, ou encore des circuits parallèles difficiles à réguler. Toujours est-il que ce paradoxe – exporter ce qui nous manque – interroge la cohérence de la politique agricole nationale.


En clair : le Cameroun produit trop peu, importe énormément, mais refuse de couper totalement le robinet des exportations. Une équation économique instable, alors que l’autosuffisance en huile de palme reste un objectif non atteint.




Palm Oil: Cameroon Exports More… While Massively Importing to Feed Local Industries


Red gold is still flowing abroad. According to the latest report from the National Institute of Statistics (INS) on foreign trade trends, Cameroon’s palm oil exports jumped by 17% in 2025, reaching 177 tonnes, compared to 152 tonnes the previous year. This progress is deceptive, as the country continues to face a severe shortage of this strategic commodity.


While shipments head to international markets, the local reality is stark. The Ministry of Agriculture and Rural Development has repeatedly stated that the annual production deficit ranges between 200,000 and 300,000 tonnes. Why? Because processing industries – soap factories, refineries, agribusiness firms – are booming and demand ever more palm oil.


As a result, the government has no choice but to allow massive imports under reduced customs duties. In 2023, a record was set: 200,000 tonnes authorized for purchase abroad. A heavy blow to the trade balance.


A lasting trend: increasingly residual exports


Do not be mistaken: although Cameroon still exports palm oil, volumes are now homeopathic. INS figures are telling. In 2023, foreign sales peaked at 1,687.5 tonnes, nearly triple the 2022 volume (657 tonnes). That peak, however, has not withstood the pressure of domestic demand.


So why keep exporting when the country faces chronic shortages? The question is uncomfortable, but experts point to prior commercial commitments, high-value niche markets, and hard-to-regulate informal channels. Either way, this paradox – exporting what we lack – raises questions about the consistency of national agricultural policy.


Bottom line: Cameroon produces too little, imports heavily, but refuses to completely shut the export tap. An unstable economic equation, while self-sufficiency in palm oil remains an unmet goal.


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Ange NGO

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