En avril 2025, Abidjan bascule dans l’effroi.
Au 24? étage d’une résidence huppée, le corps sans vie de John Ngu Mokom, banquier camerounais de renom et Directeur général de Standard Chartered Bank Côte d’Ivoire, est découvert dans des conditions qui continuent de secouer les milieux d’affaires ivoiriens et la diaspora camerounaise.
Retour sur une affaire où se mêlent trahison intime, préméditation froide et soupçons de secrets financiers sensibles.
Qui était John Mokom ?
Né au Cameroun, John Ngu Mokom, 52 ans au moment des faits, incarnait la réussite africaine à l’international.
Expert-comptable, diplômé en droit privé anglophone de l’Université de Yaoundé, il avait construit une carrière solide entre les États-Unis, le Canada et l’Afrique. En 2021, il prend les rênes de Standard Chartered Bank Côte d’Ivoire en qualité de Directeur général.
Reconnu pour sa rigueur professionnelle, son intégrité et son leadership, il vivait seul à Abidjan. Sa famille était restée au Canada — un détail qui, pour les enquêteurs, aurait fait de lui une cible plus vulnérable.
La nuit fatale : un crime d’un silence glaçant
Le 8 avril 2025 au soir, John Mokom franchit pour la dernière fois la porte de son appartement.
Aucun cri. Aucun bruit suspect. Aucun signe de lutte.
Le 9 avril, ses collaborateurs s’inquiètent de son absence à des réunions stratégiques. Les appels restent sans réponse. Son téléphone est éteint. Un comportement inhabituel pour un dirigeant réputé méthodique.
Le lendemain, face au silence persistant, des proches forcent la porte.
La scène est d’un calme troublant.
Le corps du banquier repose au sol. Rien n’est renversé. Aucun désordre. Aucune trace apparente de violence. Seuls manquent son téléphone, son ordinateur portable et son véhicule.
Une scène trop parfaite.
Les enquêteurs comprennent rapidement : John Mokom a ouvert la porte lui-même. Il connaissait son visiteur. Il lui faisait confiance.
L’autopsie confirmera un assassinat méthodique : une asphyxie, sans arme à feu, sans effusion de sang. Un meurtre exécuté avec un sang-froid clinique.
Arrestations : jalousie sociale et calcul criminel
L’enquête progresse rapidement.
Un nom émerge : Stéphane Acka, 34 ans, chauffeur personnel du banquier. Il connaissait les habitudes de la victime, les codes de la résidence et savait qu’au 24? étage, son employeur vivait seul.
Arrêté le 15 avril 2025 alors qu’il tentait de fuir vers N’zianouan, Acka finit par passer aux aveux. Mais son récit dévoile l’existence d’un complice : Geoffroy Junior Zézé, 28 ans.
Selon les premiers éléments de l’enquête :
- Acka aurait été l’exécutant.
- Zézé aurait planifié l’opération.
- Il serait resté en bas de l’immeuble pour faire le guet dans la voiture volée du banquier.
- Il aurait ensuite participé à la dispersion des preuves.
Les motivations dépasseraient le simple vol.
Les appareils électroniques dérobés — téléphones et ordinateurs — contiendraient des données sensibles. Les enquêteurs évoquent des informations financières stratégiques, potentiellement exploitables pour du chantage ou des manipulations.
Un mobile qui donne à l’affaire une dimension économique inquiétante.
Un an de cavale
Si Stéphane Acka est rapidement écroué, Geoffroy Junior Zézé disparaît dans la nature.
Pendant près d’un an, il échappe aux forces de l’ordre. Planques successives, téléphones coupés, déplacements discrets.
Mais la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) ne relâche pas la pression.
Le 11 mars 2026, à Bingerville, les policiers investissent une résidence et procèdent à son arrestation.
Dans ses effets personnels, les enquêteurs retrouvent :
- Les deux téléphones de John Mokom
- Des ordinateurs portables
- La clé du véhicule disparu
Des éléments conservés près d’un an après le crime. Des pièces centrales dans un dossier qui pourrait révéler des ramifications encore inconnues.
Vers un procès à fort retentissement
Stéphane Acka et Geoffroy Junior Zézé sont actuellement détenus. Ils seront jugés pour assassinat et complicité d’assassinat.
Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Au-delà du drame humain, l’affaire Mokom interroge la sécurité des cadres expatriés en Afrique de l’Ouest, la protection des données sensibles dans le secteur bancaire et les fractures sociales qui peuvent nourrir des dérives criminelles.
Un crime au sommet.
Un mobile encore partiellement obscur.
Et une diaspora camerounaise sous le choc.
Abidjan: The Chilling Murder of Cameroonian Bank CEO John Mokom — Betrayal on the 24th Floor
In April 2025, Abidjan was shaken by the shocking death of John Ngu Mokom, a prominent Cameroonian banker and CEO of Standard Chartered Bank Côte d’Ivoire.
His lifeless body was discovered in his luxury apartment under circumstances that continue to disturb both the Ivorian business community and the Cameroonian diaspora.
Who Was John Mokom?
Born in Cameroon, John Mokom, 52, was a highly respected financial executive. A certified accountant and law graduate from the University of Yaoundé, he built an international career across the United States, Canada, and Africa.
In 2021, he became CEO of Standard Chartered Bank Côte d’Ivoire. Known for his integrity and leadership, he lived alone in Abidjan while his family remained in Canada — a factor investigators believe made him more vulnerable.
A Silent and Calculated Crime
On April 8, 2025, Mokom entered his apartment for the last time.
The following day, colleagues grew concerned after he missed key meetings. Calls went unanswered. His phone was switched off.
When associates forced the door open, they found a disturbingly calm scene. No signs of struggle. No visible injuries. However, his phone, laptop, and car were missing.
The autopsy later confirmed death by asphyxiation — a silent, clinically executed murder.
Investigators quickly concluded that Mokom had voluntarily opened the door. He knew his killer.
Arrests and a Deeper Motive
Attention turned to his personal driver, Stéphane Acka, 34, who was arrested while attempting to flee. He confessed but implicated a second suspect: Geoffroy Junior Zézé, 28.
According to investigators:
Acka carried out the murder.
Zézé allegedly masterminded the plan.
Sensitive data stored in Mokom’s devices may have been the real target.
Authorities suspect the motive may have involved access to strategic financial information.
After nearly a year on the run, Zézé was arrested on March 11, 2026. Police recovered Mokom’s phones, laptops, and car key from his residence.
Both suspects now face life imprisonment if convicted.
Beyond the tragedy, the case raises serious concerns about executive security, financial data protection, and social tensions within rapidly evolving African economies.
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