Rupture au Mali : Goïta déclare la guerre aux pilleurs d’or, la Brigade spéciale des mines entre en scène

Rupture au Mali : Goïta déclare la guerre aux pilleurs d’or, la Brigade spéciale des mines entre en scène

Le Mali passe à la vitesse supérieure dans la sécurisation de ses ressources. Face à l’orpaillage clandestin et au trafic qui minent l’économie, Bamako crée une Brigade spéciale des mines. Une décision forte qui intervient alors que l’or représente plus de 70% des exportations du pays. Décryptage.

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Mali : La junte d’Assimi Goïta sort l’artillerie lourde contre les trafiquants d’or


Bamako durcit le ton. Alors que l’or fait figure de poumon économique du pays, représentant plus de 70% des recettes d’exportation, les autorités de la transition ont annoncé la création d’une « Brigade spéciale des mines ». Objectif : mater l’hydre de l’exploitation illégale et du trafic de substances minérales qui gangrène le secteur.


C’est un nouveau tour de vis sécuritaire qui s’annonce dans les zones aurifères maliennes. Réuni mercredi en Conseil des ministres, le gouvernement dirigé par le Colonel Assimi Goïta a adopté des textes fondamentaux pour la création d’une unité de police judiciaire dédiée exclusivement aux mines.


Jusqu’ici, le Mali peinait à endiguer le fléau de l’orpaillage clandestin. Selon le communiqué final du Conseil, « l’exploitation minière illégale, l’orpaillage clandestin, le trafic illicite, l’utilisation de produits chimiques prohibés et les atteintes graves à l’environnement » persistent. Et ce, « malgré l’existence d’un cadre juridique renforcé et les actions de répression menées depuis 2020 ».


Une Brigade aux pouvoirs élargis


Face à ce constat d’échec des méthodes traditionnelles, Bamako a donc choqué en créant une structure « à compétence nationale », investie des pouvoirs de police judiciaire. Cette nouvelle Brigade spéciale des mines ne se contentera pas de verbaliser. Elle aura pour mission stratégique de participer activement à « la protection et à la sécurisation des sites miniers d’orpaillage et de carrière ».


Dans un pays où l’or contribue entre 8% et 10% du Produit Intérieur Brut (PIB), selon l’agence APA News, chaque pépite qui sort illégalement du territoire est une saignée pour l’économie nationale et les caisses de l’État. Cette décision s’inscrit dans la logique souverainiste des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), déterminés à contrôler leurs ressources naturelles face aux réseaux de trafics transnationaux.


Un signal fort pour toute la sous-région


Cette annonce intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu, où les zones minières sont souvent le théâtre de rivalités entre groupes armés et de risques sécuritaires majeurs. En mettant en place cette brigade d’élite, le Mali envoie un message clair aussi bien aux orpailleurs clandestins qu’aux réseaux internationaux de trafic : l’ère de l’impunité touche à sa fin.


Si l’orpaillage artisanal reste un pilier social et économique pour de nombreuses régions, Bamako entend désormais le cadrer d’une main de fer pour que la richesse du sous-sol profite pleinement au peuple malien.




Mali: Assimi Goïta's Junta Cracks Down on Gold Traffickers with New Special Mining Brigade


Bamako is tightening the screws. As gold serves as the country's economic lung, accounting for over 70% of export earnings, the transitional authorities have announced the creation of a "Special Mining Brigade." The objective: to crush the hydra-headed monster of illegal mining and mineral trafficking plaguing the sector.


It’s a new security crackdown looming over Mali's gold-rich areas. During a Council of Ministers meeting on Wednesday, the government led by Colonel Assimi Goïta adopted fundamental texts for the creation of a judicial police unit dedicated exclusively to mines.


Until now, Mali has struggled to curb the scourge of clandestine gold panning. According to the final council statement, "illegal mining, clandestine gold panning, illicit trafficking, the use of banned chemicals, and serious environmental damage" persist. This is happening "despite the existence of a reinforced legal framework and the crackdowns carried out since 2020."


A Brigade with Expanded Powers


Faced with the failure of traditional methods, Bamako has decided to create a structure with "national jurisdiction," vested with judicial police powers. This new Special Mining Brigade will not just issue fines. Its strategic mission will be to actively participate in "the protection and securing of artisanal mining and quarry sites."


In a country where gold contributes between 8% and 10% of the Gross Domestic Product (GDP), according to APA News, every nugget that leaves the territory illegally is a drain on the national economy and state coffers. This decision aligns with the sovereignty-driven logic of the Alliance of Sahel States (AES), which are determined to control their natural resources in the face of transnational trafficking networks.


A Strong Signal for the Entire Sub-Region


This announcement comes in an already tense security context, where mining areas are often the scene of rivalries between armed groups and major security risks. By establishing this elite brigade, Mali is sending a clear message to both illegal gold panners and international trafficking networks: the era of impunity is coming to an end.


While artisanal mining remains a social and economic pillar for many regions, Bamako now intends to regulate it with an iron fist to ensure that the country's subsoil wealth fully benefits the Malian people.


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Moussa Nassourou

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