Soudan du Sud : le bilan des massacres interethniques s'alourdit à 169 morts, l'ombre d'une crise politique plane

Soudan du Sud : le bilan des massacres interethniques s'alourdit à 169 morts, l'ombre d'une crise politique plane

La r?gion de Ruweng, au Soudan du Sud, est en deuil. Le bilan des violents affrontements intercommunautaires survenus la veille dans le nord du pays s'est consid?rablement alourdi, passant de 120 ? 169 morts, a-t-on appris de sources officielles. Derri?re ces chiffres, c?est toute la fragilit? du processus de paix qui est expos?e, avec des accusations politiques graves qui pourraient raviver les braises de la guerre civile.

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Le sang n'a pas fini de couler dans la région de Ruweng. Moins de 24 heures après les premières estimations faisant état de 120 victimes, les autorités locales ont dû se rendre à l'évidence : le massacre a été d'une ampleur bien plus grande. Interrogée par l'Agence France-Presse (AFP), la ministre de la Santé de la région administrative de Ruweng, Elizabeth Achol, a livré un constat funèbre : "169 corps ont été inhumés dans une fosse commune."


Cette décision macabre, prise dans l'urgence, témoigne de la violence extrême des affrontements qui ont visé le centre administratif du comté d'Abiemnom.


Une attaque "ciblée" et des accusations politiques


Selon les premiers éléments rapportés par le ministre de l’Information de la région, James Monyluak, l'attaque n'était pas un simple conflit de voisinage dégénéré. Il s'agirait d'une opération menée par des jeunes armés de l’ethnie nuer, venus de l'État voisin d'Unité.


Mais au-delà de la dimension ethnique, c'est la nature politique de ce massacre qui inquiète le plus les observateurs. James Monyluak a pointé du doigt le Mouvement populaire de libération du Soudan en opposition (SPLM-IO), la faction rebelle dirigée par Riek Machar. Ce dernier, figure historique de l'opposition et ancien premier vice-président, est actuellement en détention et jugé pour haute trahison. Son parti serait-il en train de tenter une démonstration de force depuis l'extérieur ? La question est sur toutes les lèvres à Juba, la capitale.


L'armée déployée pour éviter l'embrasement


Face à l'horreur et au risque d'un embrasement généralisé, les autorités tentent de reprendre le contrôle. Des renforts militaires ont été dépêchés sur place. À la demande conjointe des autorités de l'État d'Unité et de la région de Ruweng, des unités de la 4e division des forces de défense du Soudan du Sud ont été déployées dans la zone sinistrée. Leur mission : sécuriser la zone, empêcher les représailles et tenter d’arrêter les responsables de ce bain de sang.


Ce drame humain ravive les pires souvenirs de la guerre civile qui a déchiré le pays entre 2013 et 2018, opposant les partisans du président Salva Kiir (Dinka) à ceux de Riek Machar (Nuer). Alors que le pays tente de se reconstruire sur un accord de paix fragile, chaque flambée de violence locale porte en elle le germe d’une rechute nationale.




South Sudan: Inter-Communal Clash Death Toll Rises to 169, Political Shadows Loom


The death toll from violent inter-community clashes in northern South Sudan has risen sharply to 169, according to the Health Minister of the Ruweng Administrative Area, Elizabeth Achol. Speaking to AFP, she confirmed that "169 bodies have been buried in a mass grave."


This update revises the previous count of 120 fatalities provided by the region's Information Minister, James Monyluak, who had warned the number could increase. The violence targeted the administrative center of Abiemnom County. Mr. Monyluak stated that armed youths from the Nuer ethnic group, coming from the neighboring Unity State, carried out the attack.


He further alleged that the Sudan People's Liberation Movement in Opposition (SPLM-IO) might be behind the assault. The group is led by Riek Machar, the former First Vice President who was dismissed and is currently on trial for high treason. In response to the escalating crisis, units from the 4th Division of the South Sudan Defense Forces have been deployed to the conflict zone at the request of local authorities to restore order and prevent further violence.



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Mouahna Divine

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