Au cœur de la controverse figure une lettre du secrétaire général de la présidence de la République, récemment rendue publique, adressée au ministre des Marchés publics. Le document indique que le marché — évalué à 21,4 milliards de FCFA — a été confié en procédure d’urgence à l’entreprise française Sunna Design. Cette information a rapidement alimenté le débat dans l’opinion, certains observateurs questionnant le coût et les modalités de passation.
Dans un communiqué publié le 6 février, les CVUC affirment sans ambiguïté que le projet, baptisé LUMCAM, est « réel » et qu’il ne comporte « aucune surfacturation ». L’association met en avant un modèle dit de financement–réalisation, dans lequel l’entreprise sélectionnée assurerait à la fois le financement, la fourniture et l’installation des équipements, assortis d’une garantie de six ans.
Au-delà de l’éclairage public, les CVUC présentent LUMCAM comme un programme structurant. Selon l’organisation, le projet intégrerait des objectifs de sécurité urbaine, la formation de 800 agents communaux, la création de plus de 3 000 emplois ainsi qu’un volet de transfert de technologie. L’ambition affichée inclut la mise en place future d’une unité de montage au Cameroun, destinée à renforcer la chaîne de valeur locale.
Sur le plan financier, Augustin Tamba, président des CVUC et maire de Yaoundé 7, reconnaît le montant global du contrat mais conteste les comparaisons avec le projet togolais PEPS. D’après ses explications, le coût unitaire d’un lampadaire au Togo s’élevait à environ 904 712 FCFA — incluant fourniture, installation, formation et maintenance. Au Cameroun, le coût par unité atteindrait 1 019 048 FCFA.
Pour les CVUC, cet écart s’explique par la nature « clé en main » du projet camerounais, qui intégrerait une garantie étendue ainsi que des engagements supplémentaires en matière d’emploi, de formation et d’industrialisation. L’association estime que ces composantes justifient la différence tarifaire.
Sunna Design, entreprise pressentie pour exécuter le contrat, a été fondée en 2011 et se présente comme un acteur majeur français dans la conception et la fabrication de lampadaires solaires intelligents. La société revendique plus de 160 000 solutions déployées dans 60 pays, un argument mis en avant par les défenseurs du projet pour souligner la dimension technologique de l’opération.
Alors que le débat public se poursuit, le dossier LUMCAM cristallise des enjeux plus larges : transparence des marchés publics, souveraineté technologique, politique d’industrialisation locale et modernisation des infrastructures urbaines. Autant de questions qui placent ce programme au centre des discussions sur la gouvernance et le développement municipal au Cameroun.
Solar streetlights in Cameroon: Municipal association defends 21.4 billion FCFA contract
A nationwide project to install 21,000 solar streetlights across Cameroonian cities has triggered political and financial debate after details of the contract award became public. The Association of United Councils and Cities of Cameroon (CVUC), representing all 374 municipalities, has stepped forward to defend the initiative, describing it as a strategic urban modernization effort.
A letter from the Secretary General of the Presidency — addressed to the Minister of Public Contracts — revealed that the 21.4 billion FCFA contract was awarded under an emergency procedure to French company Sunna Design. The disclosure sparked public scrutiny over pricing and procurement conditions.
In a February 6 statement, CVUC insisted the project, known as LUMCAM, is legitimate and involves “no overpricing.” The association describes the model as financing–implementation, meaning the contractor would fund, supply, and install the equipment with a six-year warranty.
Beyond lighting, CVUC frames the program as a broader development package, including urban security improvements, training for 800 municipal staff, over 3,000 job opportunities, and technology transfer, with plans for a future assembly unit in Cameroon.
CVUC president Augustin Tamba acknowledged the total cost but rejected comparisons with a Togolese program, arguing that Cameroon’s turnkey model includes additional guarantees and industrial commitments that justify the higher per-unit price.
Sunna Design, founded in 2011, positions itself as a leading French manufacturer of smart solar streetlights, with over 160,000 systems deployed in 60 countries.
As debate continues, the LUMCAM project highlights broader governance questions — public procurement transparency, industrial policy, and infrastructure modernization — placing it at the center of Cameroon’s municipal development discourse.
lampadaires solaires Cameroun, CVUC Cameroun, projet LUMCAM, marchés publics Cameroun, Sunna Design Cameroun, éclairage public Cameroun, politique municipale Cameroun, investissement urbain Cameroun, modernisation des villes Cameroun, contrat 21 milliards FCFA, gouvernance locale Cameroun
Didier Cebas K.