Dans un coup de force diplomatique révélé par le Daily Telegraph, le Royaume-Uni a obtenu gain de cause auprès de trois capitales africaines. Sous la menace d’un embargo complet sur la délivrance de visas – touchant jusqu’aux chefs d’État –, la République Démocratique du Congo, l’Angola et la Namibie ont plié. Elles ont accepté de réadmettre sur leur sol des milliers de leurs ressortissants actuellement en situation irrégulière ou condamnés par la justice britannique. Près de 4 000 personnes pourraient ainsi être expulsées dans les prochains mois.
« Mon message est clair : si des gouvernements étrangers refusent de reprendre leurs citoyens, ils en subiront les conséquences », a lancé, sans détour, la secrétaire britannique à l’Intérieur, Shabana Mahmood. Une politique du « durcissement » assumée, dans un contexte où le problème de l’immigration illégale a atteint des niveaux records post-Brexit. Depuis 2018, plus de 185 000 migrants ont traversé la Manche en canots.
Une liste noire qui s’allonge en Afrique et ailleurs
La manœuvre de Londres ne s’arrête pas là. Le Telegraph dévoile une « liste noire » d’autres pays jugés peu coopératifs, où figurent plusieurs nations africaines influentes : le Gabon, le Nigeria et la Somalie. Ils côtoient le Bangladesh, l’Inde et le Pakistan. Des sanctions ciblant leurs ressortissants sont envisagées « dans les prochains mois », signe que la pression migratoire redessine les relations diplomatiques du Royaume-Uni avec le Sud.
Les chiffres de l’Intérieur britannique sont éloquents : entre juin 2024 et juin 2025, un record de 111 084 demandes d’asile a été enregistré, soit une hausse de 14%. Le Royaume-Uni se place désormais au 5e rang européen pour les demandes d’asile.
En bref : autres actualités africaines
Maroc : l’eau, l’autre menace – Le nord-ouest du royaume est en état d’alerte maximale. Plus de 140 000 habitants ont été évacués de manière préventive face à des inondations catastrophiques causées par des pluies diluviennes et le débordement des rivières. À Ksar El Kébir, ville entièrement évacuée, le niveau d’eau dépasse un mètre dans de nombreux quartiers, la proximité du barrage Oued El Makhazine, en surcapacité, amplifiant la crise.
Russie-Afrique : le nouveau pivot économique – Le vice-ministre russe du Commerce, Roman Tchekouchov, l’a affirmé à Kazan : l’Afrique est désormais la « nouvelle macro-région » prioritaire pour les exportations russes non liées aux matières premières. Après le recentrage vers l’Orient post-sanctions, Moscou voit dans le continent africain un relai de croissance majeur à l’horizon 2030, témoignant d’un rééquilibrage géopolitique et économique en cours.
Mozambique : le terrorisme, « principal défi » – Dans la province gazière de Cabo Delgado, le président Daniel Chapo a réaffirmé que l’éradication du terrorisme était la « tâche essentielle » du pays. Lors d’une visite symbolique avec le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, il a officialisé la relance du méga-projet gazier Mozambique LNG (20 milliards de dollars), suspendu depuis cinq ans à cause de l’insécurité. Un signal fort adressé aux investisseurs, mais qui reste conditionné à la victoire militaire contre les groupes Ansar al-Sunna et l’ISCAP, liés à l’État islamique*, responsables de plus de 6 400 morts civils depuis 2017.
Diplomacy Under Pressure: Three African States Yield to UK's Visa Blackmail
London's Migrant Standoff Intensifies: DRC, Angola, and Namibia Agree to Readmit Thousands of Nationals Under Threat of Total Visa Embargo. Other Countries, Including Gabon and Nigeria, in the Crosshairs.
In a diplomatic power move revealed by the Daily Telegraph, the United Kingdom has prevailed over three African capitals. Under the threat of a complete visa embargo – affecting even heads of state – the Democratic Republic of Congo, Angola, and Namibia have relented. They have agreed to readmit thousands of their nationals currently in the UK irregularly or convicted by British courts. Nearly 4,000 people could be deported in the coming months.
"My message is clear: if foreign governments refuse to take back their citizens, they will face the consequences," bluntly stated UK Home Secretary Shabana Mahmood. A policy of "hardening" is being pursued, in a context where the problem of illegal immigration has reached record levels post-Brexit. Since 2018, over 185,000 migrants have crossed the Channel in small boats.
A Blacklist Growing in Africa and Beyond
London's maneuver does not stop there. The Telegraph unveils a "blacklist" of other countries deemed uncooperative, which includes several influential African nations: Gabon, Nigeria, and Somalia. They are alongside Bangladesh, India, and Pakistan. Sanctions targeting their nationals are considered "in the coming months," a sign that migration pressure is reshaping the UK's diplomatic relations with the Global South.
Figures from the UK Home Office are telling: between June 2024 and June 2025, a record 111,084 asylum applications were registered, a 14% increase. The UK now ranks 5th in Europe for asylum applications.
In Brief: Other African News
Morocco: Water, the Other Threat – The northwest of the kingdom is on maximum alert. Over 140,000 residents have been evacuated as a precaution following catastrophic floods caused by torrential rains and overflowing rivers. In Ksar El Kebir, an entirely evacuated city, the water level exceeds one meter in many neighborhoods, with the crisis amplified by the nearby Oued El Makhazine dam, which is over capacity.
Russia-Africa: The New Economic Pivot – Russian Deputy Trade Minister Roman Chekushov affirmed in Kazan: Africa is now the priority "new macro-region" for Russian non-commodity exports. After the post-sanctions pivot to the East, Moscow sees the African continent as a major growth relay by 2030, signaling an ongoing geopolitical and economic rebalancing.
Mozambique: Terrorism, the "Main Challenge" – In the gas-rich province of Cabo Delgado, President Daniel Chapo reaffirmed that eradicating terrorism was the country's "essential task." During a symbolic visit with TotalEnergies CEO Patrick Pouyanné, he officialized the restart of the mega-gas project Mozambique LNG ($20 billion), suspended for five years due to insecurity. A strong signal to investors, but one that remains conditional on military victory against the Ansar al-Sunna and ISCAP groups, linked to Islamic State*, responsible for over 6,400 civilian deaths since 2017.
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Moussa Nassourou