La cérémonie solennelle, retransmise par la Commission européenne, a réuni la présidente Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen Antonio Costa et les dirigeants des pays sud-américains. Un moment historique, selon ses promoteurs, destiné à redéfinir les échanges entre les deux blocs.
« L'essence de cet accord avec le Mercosur, c'est le commerce, pas simplement la suppression de droits de douane », a déclaré Ursula von der Leyen avant d'apposer sa signature. La cheffe de l'exécutif européen y voit la promesse de « nouveaux marchés, de prospérité et de milliers d'emplois » pour l'Europe. La Commission souligne notamment un accès privilégié aux ressources stratégiques du sous-sol sud-américain, comme les terres rares, cruciales pour les industries de haute technologie et militaire.
Maroš Šef?ovi?, commissaire européen chargé du Commerce qui a signé au nom de l'UE aux côtés des ministres des Affaires étrangères du Mercosur, a salué la naissance de « l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde », un espace économique intégrant plus de 700 millions de consommateurs.
Une fronde agricole qui persiste
Mais à des milliers de kilomètres des poignées de main paraguayennes, la colère gronde dans les campagnes européennes. Depuis un an, tracteurs et manifestations n'ont cessé de bloquer les capitales pour dénoncer un texte perçu comme une trahison. Les agriculteurs redoutent une concurrence déloyale et « destructrice » face à l'arrivée massive de viande bovine, de volaille, de sucre ou d'éthanol sud-américains, produits selon des normes sanitaires, environnementales et sociales bien moins exigeantes que les leurs.
« Cet accord sacrifie notre souveraineté alimentaire et nos standards sur l'autel du libre-échange », résume un syndicaliste agricole français. La signature, loin de calmer le jeu, risque d'attiser la mobilisation, promettant de nouveaux remous politiques dans plusieurs États membres à l'approche des élections européennes.
Cet accord Mercosur-UE, désormais signé, entre dans une phase complexe de ratification par chaque pays européen et chaque parlement national, un parcours semé d'embûches où la voix des agriculteurs entendra se faire entendre plus que jamais. La bataille politique, elle, ne fait que commencer.
EU-Mercosur Trade Deal Sealed Amidst Storm of Protest, Farmers Vow to Fight On
In a major geopolitical move, the European Union and Mercosur finally signed their colossal free trade agreement this Friday in Paraguay. A signature set against a crisis backdrop, concluded after decades of negotiations and despite a year of unprecedented protests from European farmers, who denounce an "existential threat" to their model.
The solemn ceremony, broadcast by the European Commission, brought together President Ursula von der Leyen, European Council President Antonio Costa, and South American leaders. A historic moment, according to its promoters, intended to redefine exchanges between the two blocs.
"The essence of this agreement with Mercosur is trade, not simply the removal of tariffs," Ursula von der Leyen declared before signing. The EU chief sees it as a promise of "new markets, prosperity, and thousands of jobs" for Europe. The Commission highlights privileged access to strategic resources in the South American subsoil, such as rare earths, crucial for high-tech and military industries.
Maroš Šef?ovi?, the European Commissioner for Trade who signed on behalf of the EU alongside Mercosur foreign ministers, hailed the birth of "one of the world's largest free trade areas," an economic space integrating over 700 million consumers.
A Persistent Agricultural Revolt
But thousands of kilometers away from the handshakes in Paraguay, anger is simmering in the European countryside. For a year, tractors and protests have repeatedly blocked capitals to denounce a text seen as a betrayal. Farmers fear "destructive" unfair competition from the massive influx of South American beef, poultry, sugar, or ethanol, produced under far less demanding sanitary, environmental, and social standards than their own.
"This agreement sacrifices our food sovereignty and our standards on the altar of free trade," summarizes a French farming unionist. The signing, far from calming tensions, risks fueling mobilization, promising new political turmoil in several member states ahead of the European elections.
The EU-Mercosur deal, now signed, enters a complex phase of ratification by each EU country and every national parliament—a path strewn with obstacles where farmers' voices intend to make themselves heard louder than ever. The political battle is just beginning.
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Ekanga Ekanga Fernand