Yaoundé, cet après-midi. Il était exactement 14 h 47 quand le silence pesant du tribunal militaire de Yaoundé s’est brisé net. Sur l’écran de la salle d’audience, les premières images d’une vidéo que personne, absolument personne dans cette pièce, n’est prêt à oublier. On y voit Martinez Zogo. Le corps lacéré, ensanglanté, la voix brisée, le journaliste supplie. Implore. Mais ses bourreaux, eux, redoublent de sauvagerie. La scène est si brutale, si insoutenable, qu’elle arrache un cri collectif à l’assemblée.
Quelques secondes plus tard, c’est l’effondrement. La veuve du patron de radio Amplitude FM ne tient plus. En larmes, elle perd connaissance, terrassée par la douleur de voir, en direct, les derniers instants de calvaire de l’homme qu’elle aimait. L’audience, sous le choc, est suspendue à 15 heures. La salle se vide dans un silence d’enterrement.
La projection de cette pièce à conviction explosive, lancée par le professeur Bell Bitjocka, expert en cybercriminalité commis dans ce dossier, a tout balayé sur son passage. Y compris les manœuvres de la défense. Car selon des sources présentes sur place, les avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga, propriétaire du groupe de presse L’Anecdote, ont tout tenté pour empêcher que cette vidéo ne soit diffusée. En vain. La vérité a eu raison des arguties juridiques.
Rappelons que l’homme d’affaires, figure controversée mais influente, reste détenu. Il est soupçonné d’avoir commandité l’assassinat de Martinez Zogo, enlevé puis retrouvé mort en janvier 2023 dans une affaire qui a glacé le sang de toute la nation. Depuis, ce procès hors norme tient le Cameroun en haleine, mais ce qui s’est passé aujourd’hui dans ce prétoire restera comme un tournant : celui où l’horreur brute a parlé plus fort que tous les discours.
Yaoundé, this afternoon. It was exactly 2:47 p.m. when the heavy silence of the Yaoundé military court was shattered. On the screen, a video no one in that room is ready to forget. Martinez Zogo, bloodied, body torn, his voice breaking, begs. Pleads. But his torturers only grow more savage. The scene is so brutal, so unbearable, that it draws a collective cry from the courtroom.
Seconds later, collapse. The widow of the Amplitude FM radio boss can take no more. In tears, she loses consciousness, overwhelmed by the agony of witnessing the last tormented moments of the man she loved. The hearing, in utter shock, is suspended at 3 p.m. The room empties in a deathly silence.
The screening of this explosive evidence, launched by Professor Bell Bitjocka, a cybercrime expert appointed in the case, swept everything aside — including the defence’s manoeuvres. According to sources present, lawyers for businessman Jean-Pierre Amougou Belinga, owner of the media group L’Anecdote, tried everything to block the video’s broadcast. It failed. Truth overpowered legal wrangling.
It must be remembered: the businessman, a controversial yet influential figure, remains in detention. He is suspected of having ordered the assassination of Martinez Zogo, abducted and found dead in January 2023 — a case that sent a chill through the entire nation. Since then, this extraordinary trial has kept Cameroon on edge, but what happened in that courtroom today will stand as a turning point: the moment raw horror spoke louder than any words.
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Ange NGO