RDC : Le Kivu sous un double assaut, sanitaire et climatique

RDC : Le Kivu sous un double assaut, sanitaire et climatique

Alors que l?est de la R?publique d?mocratique du Congo (RDC) est en proie ? une ins?curit? chronique, deux catastrophes silencieuses, l?une ?pid?mique, l?autre climatique, frappent simultanâment les populations civiles, causant dèsolation et surchargeant des systêmes de réponse déjà ? bout de souffle.

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Dans la zone de santé d’Itombwe (Sud-Kivu), le choléra, exacerbé par les combats, reprend violemment du terrain. Les autorités sanitaires locales ont annoncé un bilan alarmant : au moins 15 personnes ont succombé à la maladie ces quinze derniers jours, sur 64 cas identifiés et pris en charge. « La situation s’aggrave », alerte le docteur Namegabe Barume Peter, médecin en chef de la zone, pointant du doigt les intenses affrontements entre forces gouvernementales et groupes rebelles qui entravent l’accès humanitaire et déplacent les populations.


Cette résurgence locale s’inscrit dans le cadre d’une épidémie nationale d’une ampleur historique. Depuis janvier 2025, la RDC recense plus de 65.000 cas d’infection et 1.800 décès, faisant de cette flambée la plus importante que le pays ait connue depuis un quart de siècle, selon l’Unicef. Le choléra, infection diarrhéique aiguë causée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés, trouve un terrain propice dans les conditions de vie précaires et le manque d’accès à l’eau potable qui affectent de nombreuses régions.


À quelques centaines de kilomètres de là, dans le village de Burutsi (Nord-Kivu), c’est une tragédie d’un autre ordre qui a frappé. Après quatre jours de pluies torrentielles, des glissements de terrain ont emporté 17 maisons à l’aube du 13 janvier, ensevelissant des familles entières. Les services de secours, confrontés à un manque criant d’équipements lourds et à des routes coupées par les inondations, ont dû mettre un terme aux opérations de recherche après avoir extrait 28 corps. Une quarantaine de personnes restent portées disparues, leur sort désormais scellé sous la boue.


Le village de Burutsi, construit à flanc de colline, est particulièrement vulnérable aux caprices de la météo, un risque accru par la déforestation et l’urbanisation non planifiée.


Ces deux drames, distincts dans leur nature, illustrent une même réalité : la vulnérabilité extrême des civils dans l’est de la RDC. Pris en étau entre les violences armées, les crises sanitaires et les chocs climatiques de plus en plus fréquents, les habitants du Kivu paient un lourd tribut. La communauté humanitaire, elle, lance un appel pressant à un renforcement des moyens d’intervention et à un accès sécurisé aux zones sinistrées, avant que le bilan de ces double fléau ne s’alourdisse encore.


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DRC: Double Tragedy Strikes Kivu as Cholera and Landslides Claim Dozens of Lives


While the east of the Democratic Republic of Congo (DRC) is gripped by chronic insecurity, two silent catastrophes—one epidemic, the other climatic—are simultaneously striking civilian populations, causing devastation and overwhelming already overstretched response systems.


In the Itombwe health zone (South Kivu), cholera, exacerbated by fighting, is making a violent comeback. Local health authorities have reported alarming figures: at least 15 people have succumbed to the disease in the past fifteen days, out of 64 identified and treated cases. "The situation is worsening," warns Dr. Namegabe Barume Peter, chief medical officer of the zone, pointing to intense clashes between government forces and rebel groups that hinder humanitarian access and displace populations.


This local resurgence is part of a national epidemic of historic scale. Since January 2025, the DRC has recorded over 65,000 cases of infection and 1,800 deaths, making this outbreak the largest the country has seen in a quarter of a century, according to UNICEF. Cholera, an acute diarrheal infection caused by ingesting contaminated water or food, thrives in the precarious living conditions and lack of access to clean water affecting many regions.


A few hundred kilometers away, in the village of Burutsi (North Kivu), a tragedy of another kind struck. After four days of torrential rain, landslides swept away 17 houses at dawn on January 13, burying entire families. Rescue services, faced with a critical lack of heavy equipment and roads cut off by flooding, had to call off search operations after retrieving 28 bodies. About forty people remain missing, their fate now sealed under the mud.


The village of Burutsi, built on a hillside, is particularly vulnerable to weather extremes, a risk heightened by deforestation and unplanned urbanization.


These two dramas, distinct in nature, illustrate the same reality: the extreme vulnerability of civilians in eastern DRC. Caught between armed violence, health crises, and increasingly frequent climate shocks, the people of Kivu are paying a heavy price. The humanitarian community is urgently calling for enhanced response capabilities and secure access to disaster-stricken areas before the toll of this double scourge rises further.


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Didier Cebas K.

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