Venezuela sous tutelle américaine : Caracas rouvre le dialogue avec l'Europe pendant que l'ordre mondial vacille

Venezuela sous tutelle américaine : Caracas rouvre le dialogue avec l'Europe pendant que l'ordre mondial vacille

Le Venezuela traverse l?une des s?quences g?opolitiques les plus explosives de son histoire r?cente. ? Caracas, la présidente par int?rim, Delcy Rodr?guez, a re?u des reprèsentants du corps diplomatique de l?Union europ?enne, du Royaume-Uni et de la Suisse, dans un contexte marqu? par l?intervention militaire américaine et la capture du président Nicol?s Maduro.

Publicité

Selon le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, cité par la chaîne publique Venezolana de Televisión, Delcy Rodríguez a affirmé que Caracas était disposé à mettre en œuvre un nouveau plan de coopération fondé sur le respect et l’égalité entre les États, au bénéfice des peuples d’Europe et du Venezuela. Les discussions ont porté sur les relations commerciales, l’économie, ainsi que la coopération scientifique et technologique.
La rencontre s’est tenue en présence de figures clés du pouvoir chaviste, notamment Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, et Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur et secrétaire général du PSUV.


Cette ouverture diplomatique intervient dans un climat de crise extrême. Le 3 janvier, Washington a lancé une opération militaire à Caracas, qualifiée par le gouvernement vénézuélien d’agression armée contre des infrastructures civiles et militaires. L’état d’urgence a aussitôt été décrété. Le président américain Donald Trump a confirmé les frappes et annoncé la capture de Nicolás Maduro et de son épouse, transférés à New York et placés en détention à Brooklyn.
Le 5 janvier, le couple présidentiel a comparu devant un tribunal fédéral du district sud de New York, poursuivi pour trafic de drogue. Les deux accusés ont plaidé non coupables.


Malgré ce contexte, la Maison-Blanche affiche une ligne pragmatique. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a salué une coopération “excellente” avec les autorités de transition dirigées par Delcy Rodríguez, évoquant un accord énergétique majeur et l’engagement de Caracas à libérer des prisonniers politiques. Washington affirme espérer une continuité de cette collaboration.


Sur le plan humain et politique, Moscou tente de rassurer. L’ambassadeur de Russie à Caracas, Sergueï Melik-Bagdassarov, a indiqué que Nicolás Maduro était détenu dans des conditions normales, sans se plaindre, et déterminé à « tenir jusqu’au bout », se considérant comme un président prisonnier de guerre. Son fils, cité par Le Monde, rapporte un message similaire : « Nous allons bien, nous sommes des combattants ».


La crise vénézuélienne a également des répercussions régionales. À Cuba, le président Miguel Díaz-Canel affirme qu’aucune négociation politique n’est en cours avec Washington, hormis des échanges techniques sur les migrations. Il dénonce le blocus américain et la coercition économique, tout en se disant ouvert à un dialogue fondé sur le droit international. Donald Trump a, de son côté, annoncé l’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien vers La Havane, accusée de fournir des services de sécurité à Caracas.


Au-delà de l’Amérique latine, l’affaire Maduro alimente un débat mondial. Le New York Times estime que cette opération américaine marque la fin de l’ordre mondial issu de la Seconde Guerre mondiale, annonçant une ère d’incertitude radicale et de retour aux sphères d’influence. Des universitaires comme Monica Duffy Toft et Margaret MacMillan évoquent une transition dangereuse vers une instabilité prolongée.


Même son de cloche en Asie. Le South China Morning Post appelle à une réforme urgente de l’ONU, jugeant l’intervention américaine comme une violation flagrante du droit international et un signal alarmant sur l’impuissance du Conseil de sécurité. Moscou, pour sa part, condamne fermement l’opération et exige la libération immédiate de Nicolás Maduro et de son épouse, plaidant pour une solution par le dialogue.


Pour de nombreux observateurs, cette crise dépasse le seul cas vénézuélien. Elle pose une question centrale pour le monde — et pour l’Afrique, attentive aux rapports de force globaux : qui fixe désormais les règles du jeu international, et à quel prix pour la souveraineté des États ?




Venezuela Under U.S. Control: Caracas Reaches Out to Europe as the Global Order Shakes


Venezuela is facing one of the most dramatic geopolitical moments in its history. Interim President Delcy Rodríguez has met diplomats from the European Union, the United Kingdom, and Switzerland, signaling Caracas’ willingness to rebuild cooperation based on respect and equality, while the country remains under intense international pressure.


The talks come after a U.S. military operation launched on January 3, which led to the capture of President Nicolás Maduro and his wife, now detained in New York on drug-trafficking charges they deny. Washington praises strong cooperation with Venezuela’s transitional authorities, citing a major energy deal and political reforms.


Russia confirms Maduro is held under normal conditions and remains defiant. Cuba, meanwhile, rejects U.S. pressure and denounces economic coercion, as Washington cuts Venezuelan oil supplies to Havana.


Global media outlets such as The New York Times and South China Morning Post argue that the operation marks a turning point in the international system, exposing the fragility of the rules-based world order and reviving calls for urgent UN reform.



Venezuela, Delcy Rodriguez, Nicolas Maduro, Donald Trump, États-Unis Venezuela, crise géopolitique, intervention militaire américaine, Caracas, ONU réforme, ordre mondial, Amérique latine, diplomatie internationale, pétrole Venezuela, Cuba États-Unis, Russie Venezuela


Ekanga Ekanga Fernand

Publicité