Dans une circulaire relative à l’exécution du budget 2026, signée le 31 décembre 2025, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, précise que sont désormais assimilées aux professionnels de l’immobilier, pour l’application de la TVA, « toute personne physique ou morale qui, même sans agrément formel, exerce de manière habituelle et dans un but lucratif des activités équivalentes à celles de promoteurs dûment agréés ».
Concrètement, cette mesure concerne des milliers de jeunes Camerounais qui opèrent comme intermédiaires entre bailleurs et locataires, souvent via des annonces informelles affichées dans les rues ou relayées par bouche-à-oreille. Désormais, les commissions et rémunérations perçues dans le cadre de ces transactions sont soumises à la TVA. Il en est de même pour les intermédiaires non agréés impliqués dans la vente de terrains ou de biens immobiliers bâtis.
Selon le ministre des Finances, cette réforme vise à « garantir l’équité du traitement fiscal et à prévenir les pratiques de contournement du régime applicable aux opérateurs formels ». L’objectif affiché est double : lutter contre la concurrence jugée déloyale exercée par l’informel et capter une partie des flux financiers générés par un secteur où les commissions peuvent atteindre des montants significatifs. À terme, l’État entend ainsi prélever jusqu’à 19,25 % du montant des transactions concernées.
Toutefois, la mise en œuvre de cette disposition s’annonce délicate. La principale difficulté réside dans la traçabilité des revenus perçus par les « démarcheurs », dont les activités échappent largement aux circuits financiers formels. Conscient de ces contraintes, le ministère des Finances annonce qu’un texte spécifique viendra préciser les modalités pratiques d’application de la mesure.
Au-delà des promoteurs informels, la loi de finances 2026 durcit plus largement la fiscalité immobilière. Elle supprime notamment les exonérations de TVA jusque-là accordées sur les intérêts des prêts immobiliers, ainsi que sur les opérations de vente et de location de logements sociaux. Une décision qui confirme la montée en puissance de la taxation du secteur, désormais considéré comme un levier stratégique de mobilisation des recettes non pétrolières.
Dans un contexte de pression budgétaire accrue, l’immobilier apparaît ainsi de plus en plus comme un gisement fiscal prioritaire pour le Trésor public camerounais, avec la TVA en première ligne.
Cameroon Tightens Tax Grip on Real Estate: Informal Property Brokers Now Subject to VAT
The Cameroonian government has taken a decisive step in expanding its tax base by bringing informal real estate promoters — commonly known as “brokers” — under the scope of Value Added Tax (VAT), as part of the 2026 Finance Law.
In a circular signed on December 31, 2025, Finance Minister Louis Paul Motazé clarified that any individual or legal entity carrying out real estate promotion activities on a regular and profit-oriented basis, even without formal accreditation, will henceforth be treated as a professional real estate operator for VAT purposes.
This measure directly affects thousands of young Cameroonians who act as intermediaries between landlords and tenants through informal channels. Their commissions and fees are now subject to VAT, as are unlicensed intermediaries involved in the sale of land and built property.
According to the Ministry of Finance, the reform aims to ensure tax fairness and curb practices that circumvent the formal tax regime. Beyond combating unfair competition, the government seeks to capture a share of the substantial financial flows generated by the informal real estate market, with VAT potentially accounting for up to 19.25% of transaction values.
However, enforcing the measure remains challenging due to the difficulty of tracking informal payments. The government has announced that a specific regulatory text will clarify implementation procedures.
More broadly, the 2026 Finance Law removes VAT exemptions on mortgage interest and social housing sales and rentals, confirming a broader tightening of real estate taxation. As budgetary pressures rise, the real estate sector is increasingly positioned as a key driver of non-oil tax revenues in Cameroon.
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Mouahna Divine