CAN 2025 : il pleut chez les voisins, le Cameroun sort les bottes et le parapluie

CAN 2025 : il pleut chez les voisins, le Cameroun sort les bottes et le parapluie

IL PLEUT CHEZ LES VOISINS ! La chronique sarcastique de l'expert en questions de sport, Martin Camus MIMB.

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La météo sportive est capricieuse en Afrique centrale. De fortes averses se sont abattues chez les voisins, gabonais et équato-guinéens, provoquant de véritables inondations footballistiques. À la CAN 2025, le fleuve Mozambique est sorti de son lit dimanche, emportant avec lui meubles, certitudes et abris tactiques.


Chez le voisin gabonais, les dégâts sont considérables. Pris de court par la crue, il n’a même pas eu le temps de sauver quelques meubles. Le voilà désormais sans toit compétitif, contraint d’être recasé dans les zones marécageuses des approximations de gestion, de la chasse aux démons invisibles et des bilans à charge sans autocritique. Une population sportive vieillissante, manquant de jambes et de souffle, n’a pas pu déménager à temps. Il faudra peut-être loger certains cadres à la maison de retraite et laisser les jeunes rebâtir, patiemment, le chemin vers la terre promise de la performance.


Les crues ne se sont pas arrêtées là. Elles ont poursuivi leur œuvre destructrice jusqu’en Guinée équatoriale, où les fleurs écloses lors de la CAN 2024 promettaient une récolte abondante. Mais comme souvent, les moissonneurs ont confondu promesses et résultats. Incapables de maîtriser les saisons et les techniques, ils ont préféré se quereller autour des intentions plutôt que d’attendre la maturité des fruits. Un vent venu du Soudan a balayé, ce dimanche, les derniers espoirs, tandis que la montée des eaux annonçait une catastrophe à la gabonaise.


Et puisque nul n’est une île, comme le rappelle le poète, le Cameroun serait bien inspiré de surveiller cette pluviométrie inquiétante chez les voisins.


Chez les Lions, la pluie nourrit encore la terre


Mais à la différence des autres, au Cameroun, les averses tombées avant la compétition ont fertilisé le sol. La semence était fraîche, le champ réputé fertile. Le cultivateur Pagou a du goût : il éloigne les étourneaux avec un savant mélange d’audace et de sagesse. Les premières pousses sont encourageantes. Mieux : il y a trois semaines, tout le pays aurait signé pour ce début de récolte.


Désormais, le défi est ailleurs. Il faut passer de l’artisanat à l’industriel, arrêter les essais permanents et stabiliser l’écosystème des travailleurs. La réputation du champ oblige à une grande moisson. Les digues doivent encore être relevées, en défense comme en attaque, pour éviter que les eaux troubles venues d’ailleurs ne s’infiltrent.


Le milieu de terrain, lui, tient bon. Solide, compact, rassurant. Un vrai barrage. Et comme le dit l’observateur matinal : c’est un Zôlô de bonne heure.
Le patron était là. Il a vu la pluie. Il sait ce qu’elle peut détruire… ou faire pousser.




AFCON 2025:  it’s raining on the neighbours, Cameroon raises its dikes


It’s pouring next door!


Heavy football rainstorms have hit the neighbourhood. In Gabon and Equatorial Guinea, the Mozambique River overflowed on Sunday, sweeping away certainties, furniture and tactical shelters at AFCON 2025.


Caught off guard, Gabon had no time to react. The damage was severe. An ageing football population lacked the legs to move fast enough, and the result is a team left homeless, trapped in swamps of poor management and endless excuses.


The floods extended to Equatorial Guinea, where the flowers of AFCON 2024 promised a rich harvest. But promises were mistaken for results. Instead of waiting for maturity, internal battles broke out. A harsh wind wiped away hope, announcing disaster.


Cameroon is watching carefully. Because no nation is an island.


Yet unlike its neighbours, early rain has nourished the soil back home. The seeds are growing. Coach Pagou shows wisdom and boldness, chasing away distractions. The next step is clear: stabilize, strengthen the dikes, and protect the midfield dam so foreign waters do not seep in.


The harvest must be big. The land demands it.


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Viviane GEMELE

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